François Chérèque

  

2 Janvier 2017
masculin

Educateur et syndicaliste français, né le 1er juin 1956 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à l’âge de 60 ans. Grande figure du syndicalisme réformiste, il dirigea la Confédération française démocratique du travail (CFDT) de 2002 à 2012, un syndicat rival ou allié - suivant les circonstances - de la CGT. Sous sa direction, la CFDT devint le syndicat le plus apprécié des Français mais se classa en deuxième position derrière la CGT aux élections professionnelles.

François Chérèque était le fils de Jacques Chérèque un des dirigeants de la CFDT dans les années 1980 et ministre délégué à l’Aménagement du territoire (1988 -1991) dans le gouvernement de Michel Rocard. Après une enfance passée à Pompey et des études à Nancy François Chérèque rejoignit l’école des éducateurs spécialisés de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) dont il sortit diplomé. Après avoir travaillé à l’hôpital de jour du centre Jean Wier à Puteaux (Hauts-de-Seine), il exerça au service de pédopsychiatrie de l’hôpital de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Secrétaire départemental de la CFDT en 1986, membre du bureau régional du syndicat PACA, il fut élu en 1996 secrétaire général de la fédération des services et des établissements de la santé et du social. Un tremplin qui lui permit d’entrer au bureau national et à la commission exécutive en 2001. L’année suivante, ses camarades l’élurent au poste de secrétaire général de la CFDT. Il succéda ainsi à Nicole Notat dont il poursuivit et amplifia la ligne réformiste, se démarquant ainsi de la CGT, premier syndicat de France. Comme, il le précisa ultérieurement : « En France, on n’évoque la mondialisation qu’à travers ses effets négatifs ».

 En 2003, la CFDT de François Chérèque négocia avec les autres syndicats la réforme des retraites (allongement de la durée de cotisation des salariés notamment) présentée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Mais après avoir arraché des’ultimes compromis au ministre chargé du dossier François Fillon, François Chérèque accepta de soutenir le projet contrairement à la CGT et à FO qui maintinrent leur opposition. La décision provoqua de nombreuses protestations au sein du syndicat qui perdit 10% de ses adhérents en trois ans. En 2005, la CFDT appela à voter « oui » au référendum sur le traité constitutionnel européen. En 2006, François Chérèque s’opposa au Contrat première embauche (CPE) proposée par le premier ministre Dominique Villepin. La CFDT joua un rôle important dans l’intersyndicale qui obtint le retrait du projet au lendemain de plusieurs manifestations. En 2010, la CFDT participa avec les autres syndicats au mouvement social contre la nouvelle réforme des retraites présentée par le gouvernement de François Fillon qui porta à 62 ans l’âge légal du départ à la retraite et institua un système de décote. Malgré plusieurs manifestations et journées de grève, le gouvernement refusa de céder et la loi fut promulguée après validation du Conseil constitutionnel.

Elu secrétaire général de la CFDT, Jacques Chérèque fut réélu par les congressistes de son mouvement en 2006 et en 2010. Il n’alla pas au terme de son troisième mandat de quatre ans et laissa la place à son successeur Laurent Berger en novembre 2012. L’année suivante, le gouvernement de gauche le nomma inspecteur général des affaires sociales avec pour mission d’évaluer la politique de lutte contre la pauvreté. Il succéda également à Martin Hirsch en novembre 2013 à la présidence de l’Agence du service civique, un poste qu’il occupa jusqu’en juin 2016. Il présidait également le centre de réflexion Terra Nova. Il s’est éteint à la suite d’une longue maladie.

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2 Janvier 2017 - 1:04pm

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