Georges Balandier

  

5 Octobre 2016
masculin

Ethnologue et sociologue français, né le 21 décembre 1920 à Aillevillers-et-Lyaumont (Haute-Saône), décédé à Paris, à l’âge de 95 ans. Enseignant à la Sorbonne, auteur d’une trentaine d’ouvrages savants, directeur de plusieurs revues de sciences sociales, Georges Balandier a consacré sa vie de chercheur à l’étude de l’Afrique coloniale et ensuite indépendante.

Formé par l’école républicaine, ce fils d’un cheminot socialiste entra dans la résistance pour échapper au service du travail obligatoire (STO), pendant la seconde guerre mondiale. Diplômé de l’institut d’ethnologie, il intégra le Musée de l’homme à la Libération. En 1946, il rejoignit Dakar où il travailla à l’Office de la recherche scientifique coloniale. Pendant les cinq années suivantes, il sillonna plusieurs pays africains colonisés par la France. Il publia plusieurs articles dans des revues de sociologie et deux livres remarqués par ses pairs : Sociologie des Brazzavilles noires et Sociologie actuelle de l’Afrique noire en 1955. Ses travaux le conduisirent également à réfléchir sur les causes du sous-développement et sur les moyens de l’éradiquer. En référence au tiers-état de 1789, il fut avec le démographe et économiste Alfred Sauvy l’inventeur de l’expression « Tiers-monde » qu’il utilisa en 1956 dans l’ouvrage collectif qu’il dirigea : Le Tiers-monde, sous-développement et développement.

 Après avoir tenté au début des années 1950 de participer à la définition d’« une autre politique coloniale », il se rallia bientôt à la nécessité de l’indépendance des pays colonisés. En 1957, il fonda le Centre d’études africaines et fut élu professeur de sociologie africaine à la Sorbonne en 1962. Croyant aux vertus de l’action politique, il publia en 1967, Anthropologie politique, un ouvrage de référence traduit dans une vingtaine de langues. Favorable aux études interdisciplinaires, il contestait la séparation entre l’anthropologie et la sociologie. Il développa ses idées dans de nombreux articles réunis en 1971 sous le titre de Sens et puissance : les dynamiques sociales et dans Anthropo-logiques, paru en 1974.

 Dans les dernières décennies de sa vie, il étudia les conséquences de la mondialisation sur les Etats, les sociétés et les hommes. Les titres de ses livres sonnent comme des constats lucides et peut-être des avertissements : Le désordre : éloge du mouvement (1988), Dédale : pour en finir avec le XXeme siècle (1994), Le grand système (2001), Fenêtre sur un nouvel âge (2008), Le dépaysement contemporain : l’immédiat et l’essentiel (2009).

 Travailleur infatigable, il publia en 2013 à l’âge de 93 ans Du social par temps incertain, une réflexion utile en cette époque de grand chambardement.

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6 Octobre 2016 - 7:29am

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