Hachemi Rafsandjani

  

8 Janvier 2017
masculin

Ayatollah et homme d’Etat iranien, né le 15 février 1934 à Nough, décédé à Téhéran, à l’âge de 82 ans. Proche de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny dont il fut le collaborateur, il joua un rôle important lors de l’instauration de la République islamique en Iran en 1979. Elu président de la République en 1989 et réélu en 1993, il incarna une ligne politique modérée qui lui valut l’hostilité des conservateurs, y compris pendant la présidence de Mahmoud Ahmadinejad dont il dénonça les excès.

Né dans une famille d’agriculteurs, il entama des études coraniques à Qom sous la direction de l’imam Khomeiny qui devint son mentor. Opposant résolu du régime impérial du chah Mohammad Reza Pahlavi, il fut emprisonné et torturé à plusieurs reprises par la police politique en raison de ses liens supposés avec des groupes révolutionnaires. Il participa à la révolution qui aboutit à la chute de la monarchie et à la fin de la dynastie des Pahlavi en janvier 1979. Il occupa plusieurs fonctions officielles dans l’appareil d’Etat de la nouvelle République islamique d’Iran fondée par l’ayatollah Khomeiny. Il en devint « un des piliers ».

 Nommé commandant en chef des armées iraniennes en 1988 pendant le conflit irako-iranien, il se présenta l’année suivante à l’élection présidentielle et se fit élire par le peuple iranien sur un programme de relative ouverture avec l’étranger. Sans rien céder à ses adversaires sur le dogme religieux et la mainmise des ayatollahs sur la vie politique du pays, il prit des mesures pour libérer certains secteurs de l’économie. Il déclara à ses détracteurs conservateurs qui dominaient le parlement : « On ne construit pas un barrage avec des slogans... L'Iran fait toujours venir son blé, sa viande, ses pièces de rechange, ses véhicules et ses experts de l'étranger ! »

Réélu en 1993, il poursuivit sa politique de libéralisation économique, tenta d’améliorer ses relations avec certains pays étrangers et renforça les pouvoirs des institutions élues, au détriment des instances religieuses dont il tenta en vain de réduire le champ d’intervention et l’influence sur la société. Après son second mandat, il dirigea le Conseil de discernement iranien, une sorte de Conseil d’Etat composé de six religieux membres du Conseil des gardiens de la constitution qui a pour fonction d’arbitrer les litiges opposant les différentes institutions du pays (présidence, parlement, gardiens de la révolution).

 De nouveau candidat à la présidence de la République en 2005, il présenta un programme qui rallia les forces progressistes du pays. Cela ne fut pas suffisant pour battre au deuxième tour le très conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Quand quatre ans plus tard ce dernier fut proclamé président à la suite d’une élection vraisemblablement truquée, Hachemi Rafsandjani soutint l’opposition dont les manifestations furent réprimées dans le sang par le régime. En 2013, sa candidature ayant été rejetée par le Conseil des gardiens de la constitution, il apporta son appui au modéré Hassan Rohani qui fut élu.

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8 Janvier 2017 - 8:34pm

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