Helmut Kohl

  

16 Juin 2017
masculin

Homme d’Etat allemand, né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), décédé dans la même ville à l’âge de 87 ans. Membre de l’Union chrétienne-démocrate (droite), il gouverna la République fédérale allemande puis l’Allemagne réunifiée pendant seize ans de 1982 à 1998. Surnommée le «chancelier de la réunification », il joua un rôle essentiel avec le président français François Mitterrand dans l’approfondissement de la construction européenne et dans la création de l’Euro.

Militant actif de l’Europe, partisan de la réconciliation avec la France comme le prouva son déplacement symbolique à l’ossuaire de Douaumont où il tint la main du président français, Helmut Kohl restera dans l’histoire contemporaine de son pays et de l’Europe comme l’homme qui réussit à réunifier l’Allemagne, divisée entre le République fédérale allemande (RFA) et la République démocratique allemande (RDA), sans violence, par la voie diplomatique. Après avoir capitulé sans condition en mai 1945, l’Allemagne fut occupée par les alliés (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France). Un Conseil de contrôle allié s’installa à Berlin avec pour mission d’administrer l’Allemagne jusqu’au jour où elle recouvrerait sa souveraineté. La mésentente s’installa bientôt entre les quatre pays. L’URSS entendait gérer sa zone d’occupation en totale autonomie. La politique économique et les questions institutionnelles et politiques cristallisèrent les antagonismes. Le modèle économique proposé par les Occidentaux (libéralisme) divergeait avec celui défendu par les soviétiques (socialisme). En 1946, la « guerre froide » naissante entre l’est et l’ouest officialisa le désaccord et l’amplifia les mois suivants. La conclusion d’un accord de paix s’éloigna. L’Allemagne s’acheminait vers un partage. Votée le 8 mai 1949, une nouvelle constitution entra en vigueur le 23 mai 1949 dans la zone occidentale. Elle officialisait la naissance de la République fédérale d’Allemagne (RFA). Le nouveau pays était une fédération d’Etats (länder), chacun ayant son parlement et son gouvernement chargés de gérer les affaires locales. Le pouvoir fédéral était organisé autour de deux Chambres : le Bundestag, élu au suffrage universel direct, le Bundesrat qui représentait les länder. Le 7 octobre 1949, dans la zone qu’ils occupaient les Soviétiques favorisèrent la création de la République démocratique allemande (RDA) dirigé par le parti communiste.

La chute du mur de Berlin

La division de l’Allemagne entre deux Etats antagonistes dura quarante ans. Elle prit fin dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 quand le gouvernement est-allemand autorisa ses citoyens à voyager à l’ouest sans visa. A Berlin, une foule immense traversa la frontière et fit tomber le mur érigé dans l’ancienne capitale du troisième Reich le 13 août 1961. Des élections libres furent organisées en RDA le 18 mars 1990. A la surprise de nombreux observateurs politiques, le nouveau Parti chrétien-démocrate les remporta, frisant la majorité absolue. Lothar de Maizière fut chargé de former un gouvernement de coalition avec les socio-démocrates, les libéraux et l’Alliance conservatrice. En furent exclus les communistes, lourdement battus – mais pas totalement éliminés. Le 12 avril, le nouveau cabinet se prononça en faveur d’une Allemagne réunifiée au sein de la Communauté économique européenne et de l’OTAN. Désormais, les jours de la RDA étaient comptés. Pendant que le chancelier Helmut Hohl pour la RFA et le premier ministre de Maizière pour la RDA négociaient les termes d’un traité d’unification, les événements s’accélérèrent : le 24 avril le deutschemark devint la monnaie officielle de la RDA ; le 1er juillet la RFA et la RDA s’unirent dans une seule et même zone économique, monétaire et sociale ; le 26 juillet, les parlements des deux pays tinrent une session commune ; le 31 août le traité d’unification entre la RFA et la RDA était paraphé à Berlin-Est.

 Avant d’être appliqué, les deux pays durent donner des garanties à la communauté internationale et aux anciennes puissances alliées qui avaient vaincu l’Allemagne nazie en 1945. Le 12 septembre 1990 fut signé à Moscou le traité « portant règlement définitif concernant l’Allemagne » entre d’un côté la RFA et la RDA et de l’autre, l’URSS, les Etats-Unis, Le Royaume-Uni et la France. L’accord reconnaissait au « peuple allemand » son « droit à l’autodétermination » et à sa « volonté d’établir l’unité étatique en tant que membre égal et souverain d’une Europe unie ». En échange, l’Allemagne réunifiée confirmait « le caractère définitif » des frontières en Europe et notamment celle avec la Pologne. Quarante-cinq ans après la défaite, l’Allemagne recouvrait sa pleine souveraineté.

 Le 3 octobre 1990, l’unification était officiellement réalisée. Avec 79 millions d’habitants (62 millions dans l’ex RFA et 17 millions dans l’ex RDA), l’Allemagne devint le pays le plus nombreux et le plus puissant d’Europe. Qualifié dans les années 1970 par les observateurs politiques de « géant économique et de nain politique », l’Allemagne pouvait désormais rivaliser avec les plus principales puissances mondiales. Son poids économique lui valut d’être considérée comme le troisième grand, derrière les Etats-Unis et le Japon.

 Principal artisan de ce succès, Helmut Kohl s’attacha à intégrer son pays dans l’Europe pour éviter les errements du passé. Il favorisa la création et de la mise en route de l’Union économique et monétaire. « Le géant du palatinat » gouverna encore pendant huit ans. Mais l’usure du pouvoir provoqua la défaite de sa coalition lors des élections législatives de 1998. Le parti social-démocrate et le parti écologiste remportèrent le scrutin. Gerhard Schröder fut élu chancelier. Une page se tournait. Helmut Kohl quittait la scène. Mais il ne perdait pas au change. Il entrait dans les livres d’histoire. 

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16 Juin 2017 - 7:05pm

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