Henry Hermand

  

6 Novembre 2016
masculin

Homme d’affaire et mécène français, né le 11 juillet 1924 à Clermont (Oise), décédé à Paris, à l’âge de 92 ans. Peu connu du grand public, il fut un des pionniers du développement de la grande distribution commerciale en France. Militant actif de la gauche non marxiste, dirigeant du parti socialiste unifié (PSU), membre du PS, il fonda, dirigea ou finança des laboratoires d’idées comme Terra Nova et de nombreuses publications dont le mensuel Esprit, les revues  Interventions et Faire, le quotidien Le Matin de Paris et tout récemment l’hebdomadaire Le 1. Il était également très proche d’Emmanuel Macron qu’il avait « découvert » en 2002 et dont il suivait et favorisait la carrière.

Fils d’un grossiste de l’Oise, Henry Hermand participa à la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Après de brillantes études en physique il rejoignit le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) où il exerça des responsabilités syndicales à la CFTC de 1948 à 1952. Proche du christianisme progressiste, opposé à l’influence prépondérante qu’exerçait le parti communiste sur la gauche, anticolonialiste, il défendit ses idées dans la revue La Quinzaine et ensuite au sein de la rédaction d’Esprit. Il apporta son soutien à Pierre Mendès France puis à Michel Rocard qu’il côtoya au parti socialiste unifié (PSU). Dans les années 1960, il accompagna le développement de la grande distribution en France en créant, présidant et dirigeant la Société des supermarchés, une entreprise spécialisée dans la construction de centres commerciaux. On lui doit notamment la création de temples de la consommation à Créteil, Rony, Gonesse, Toulon, Angers, Grenoble, Rennes et de nombreuses autres métropoles. Il se développa également à l’international et créa des centres commerciaux au Mali, au Maroc.

 Enrichi mais toujours fidèle à ses idées, ce patron progressiste investit ses deniers personnel ou son temps dans la presse de gauche. Il créa, finança ou dirigea plusieurs laboratoires de réflexions, certaines d’inspiration libérale comme La Fondation Saint-Simon ou proche du parti socialiste comme la revue Faire, ou Terra Nova dont il était un des administrateurs. Il participa avec Claude Perdriel et Max Théret à l’aventure du Matin de Paris, un quotidien proche du PS fondé en 1977 et disparu dix ans plus tard. Nommé sous la présidence de François Mitterrand au Conseil économique et social en 1989, il publia un rapport remarqué sur les transformations provoquées dans les territoires par les réseaux de distribution.

Toujours dynamique et inventif malgré son grand âge, fasciné par la révolution numérique, il créa en 2007 la société HH Développement qui joua le rôle d’incubateur auprès de jeunes sociétés. En 2014, il cofonda et finança l’hebdomadaire Le 1 d’Eric Fottorino. En 2002, ce membre actif de la « deuxième gauche » fut le premier à croire aux talents d’Emmanuel Macron, alors en stage à la préfecture de l’Oise. Il prit sous son aile le jeune diplômé de l’ENA et devint son conseiller, son confident et son mentor. Grâce à son carnet d’adresses, il favorisa dans l’ombre la rapide ascension dans l’appareil d’Etat et au gouvernement de son protégé, .

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6 Novembre 2016 - 6:10pm

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