Islam Karimov

  

2 Septembre 2016
masculin

Président de l’Ouzbékistan, né le 30 janvier 1938 à Samarcande (République soviétique d’Ouzbékistan), décédé à Tachkent, à l’âge de 78 ans. Pur produit de la nomenklatura soviétique (membre du parti communiste, ministre, secrétaire général du PC ouzbek) jusqu’à l’effondrement de l’URSS, il devint en 1990 le président de son pays qu’il dirigea d’une main de fer pendant 26 ans.

Né au sein d’une famille de fonctionnaires ouzbeks ralliés à la révolution bolchévique, Islam Karimov poursuivit des études brillantes et obtint un diplôme d’ingénieur spécialisé dans les machines-outils. Membre du parti communiste de la république socialiste d’Ouzbékistan, il gravit lentement mais surement les échelons de son parti et fut élu par ses pairs secrétaire général du PC d’Ouzbékistan en 1989. A ce poste dirigeant, il assista aux premières loges à l’écroulement du système communiste et au démantèlement de l’URSS. Avec un sens de l’opportunité, l’apparatchik zélé et obséquieux avec ses maitres de Moscou se transforma en homme d’Etat. Ses camarades le désignèrent pour assurer les pouvoirs de président de son pays redevenu indépendant. Une élection présidentielle organisée en décembre 1991 donna un vernis démocratique à la manœuvre, même si le score qu’il obtint - 86% des suffrages exprimés – laissait planer des doutes sur la sincérité du scrutin. En 1995, demanda par référendum aux citoyens ouzbeks de prolonger son mandat. Les électeurs approuvèrent massivement : la proposition de Karimov obtint 100% des suffrages.

 Le président gouverna d’une main de fer son pays. Réélu avec des scores de plus de 90% aux élections présidentielles, il emprisonna ses opposants et devint l’une des bêtes noires des organisations internationales des droits de l’homme. Après les attentats du 11 septembre 2001, il se présenta en rempart contre l’islamisme radical. Il ouvrit son pays aux forces occidentales qui luttaient contre les talibans en Afghanistan, ce qui lui valut d’être ménagé par les autorités américaines et européennes, jusqu’à être reçu en grande, pompe, à Bruxelles en 2009 par Manuel Barroso, alors président de la Commission européenne. En 2015, le dictateur avait été réélu président pour un quatrième mandat à la suite d’un scrutin contesté par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

 Un accident vasculaire cérébral survenu le 29 août a causé son décès le 2 septembre 2016. Une ère d’incertitude s'ouvre pour l’Ouzbékistan.

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3 Septembre 2016 - 9:10am

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