Jack Ralite

  

12 Novembre 2017
masculin

Homme politique français, né le 14 mars 1928 à Châlons-sur-Marne (Marne), décédé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 89 ans. Figure respectée de la gauche communiste, bien implanté dans son département dont il fut le représentant à la Chambre des députés (1973-1981) et au Sénat (1995-2011), il fut un des quatre ministres communistes – à la santé puis à l’emploi – du gouvernement de Pierre Mauroy (1981-1984), sous la présidence de François Mitterrand.

Journaliste à L’Humanité où il supervisait les pages « culture » de l’édition dominicale, Jack Ralite mena en parallèle une carrière politique. Elu conseiller municipal de sa ville natale Aubervilliers en 1959, il gravit les échelons du parti communiste français et se fit élire député de la Seine-Saint-Denis en 1973. Partisan de l’union de la gauche avec le parti socialiste et les radicaux de gauche, il contribua avec son parti à la victoire du socialiste François Mitterrand à l’élection présidentielle du 10 mai 1981. Après la victoire des partis de gauche aux élections législatives qui suivirent le mois suivant, le nouveau président de la République chargea Pierre Mauroy de former un nouveau cabinet. Il lui demanda de tenir compte du choix des Français et des rapports de force au sein de la gauche. Le premier ministre proposa au PC d’entrer dans le gouvernement. Le 23 juin. il présenta la nouvelle équipe chargée de gouverner la France. Pour la première fois depuis 1947, quatre ministres communistes en faisaient partie : Charles Fiterman, ministre d’Etat chargé des transports, Anicet Le Pors, ministre délégué à la fonction publique et aux réformes administratives, Marcel Rigout, ministre de la formation professionnelle. Bien qu’il fût spécialiste des questions culturelles Jack Ralite s’installât au ministère de la santé, la culture étant proposée à Jack Lang.

 Apprécié pour ses compétences et finalement adopté par un monde de la santé naturellement méfiant, Jack Ralite et ses camarades communistes désorientèrent leur électorat quand le parti approuva une politique contraire aux thèses qu’il défendait depuis toujours, après le tournant de la rigueur pris en 1982. Le résultat ne se fit pas attendre, en juin 1984, aux élections européennes la liste du PC conduite par le secrétaire général Georges Marchais s’écroula avec 11,2% des voix. Humiliation suprême, elle était talonnée par celle du Front national (10,95%) conduite par Jean-Marie Le Pen. Le mois suivant, le PC refusa de participer au gouvernement de Laurent Fabius. Jack Ralite qui occupait le fauteuil de ministre délégué chargé de l’emploi depuis mars 1983 et ses trois camarades quittèrent le gouvernement le 17 juillet 1984. Georges Marchais pensait refaire ses forces dans l’opposition. Il se trompait lourdement. Largement discrédité, il renonça à se présenter à l’élection présidentielle de 1988. Son lieutenant André Lajoinie défendit les couleurs du parti. Il obtint 6,76% des voix, loin derrière Le Pen (14,38%). Grâce à sa popularité, Jack Ralite permit à son parti de conserver la mairie d’Aubervilliers en 1984. Il occupa le fauteuil de maire jusqu’en 2003. En 1995 fut élu sénateur de la Seine-Saint-Denis et réélu en 2004.

 Spécialiste reconnu des questions culturelles, il fut un animateur des Etats généraux de la culture et siégea aux conseils d’administration de plusieurs théâtres et du Centre des monuments nationaux. Il fut à la pointe du combat en faveur de l’exception culturelle lors de la négociation sur la libéralisation des échanges commerciaux voulu par l’Organisation mondiale du commerce.

 A quatre reprises des gouvernements de gauche et de droite proposèrent de lui décerner la légion d’honneur. Chaque fois, il refusa.

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12 Novembre 2017 - 4:56pm

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