Jacques Rivette

  

29 Janvier 2016
masculin

Cinéaste français, né le 1er mars 1928 à Rouen (Seine-Maritime), décédé à Paris, à l’âge de 87 ans. Auteur d’une trentaine de longs et courts métrages dont Céline et Julie vont en bateau et La Belle Noiseuse, il fut l’une des grandes figures de la « nouvelle vague » qui révolutionna le cinéma français à partir des années 1960.

 Passionné de septième art mais en rupture avec le cinéma français d’alors, Jacques Rivette fonda en 1950 La Gazette du cinéma avec Eric Rohmer et Jean-Luc Godard. En 1963, il devint rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. Mais, le journaliste ne se contenta pas de critiquer les films des cinéastes d’alors. Il quitta le confort de celui qui juge du haut de son magistère et décida de mettre en œuvre les idées novatrices qu’il défendait. Ainsi en 1960, il passa derrière la caméra pour réaliser Paris nous appartient, une première œuvre pleine de promesses.

 Après un intermède de six ans, il réalisa Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot. Le film qui racontait l’histoire d’une jeune femme cloitrée (Anna Karina) contre sa volonté par ses parents dans un couvent. Sous le prétexte que le film pourrait provoquer « un trouble à l’ordre public » et choqué les fidèles catholiques, le secrétaire d’Etat à l’information interdit la distribution, la diffusion et l’exportation de l’œuvre. Au terme d’une dure campagne de presse – Godard attribua à André Malraux le titre de ministre de la Kultur – la censure fut levée par décision du tribunal administratif. Projeté dans seulement cinq salles de cinéma à Paris, le film attira 170 000 spectateurs en cinq semaines.

 Son troisième film L’amour fou, avec Bulle Ogier et Jean-Pierre Kalfon, désorienta le public en raison notamment de sa durée inhabituelle : 4 heures. En 1971, Out 1 : Noli me Tangere fut boudé par les distributeurs qui refusèrent de diffuser ce film de plus de 12 heures. Une version plus courte trouva son public. En 1974, Céline et Julie vont en bateau une comédie fantastique, avec Bulle Ogier, Dominique Labourier et Juliet Berto, remporta un grand succès critique et public.

Jacques Rivette revint à une forme de réalisme associé à de l’étrangeté en 1980 avec Le pont du Nord, suivi de L’Amour par terre (1984), une réflexion sur le théâtre, de La bande des quatre (1988). En 1991, il réalisa un nouveau chef-d’œuvre avec La belle Noiseuse, interprétée par Emmanuelle Béart qui donnait la réplique à Michel Piccoli. Le film – une réflexion sur la création artistique et aux rapports ambigus entre un peintre et son modèle - remporta le Grand Prix du jury au festival de Cannes. Trois ans plus tard, il demanda à Sandrine Bonnaire de jouer le rôle de Jeanne d’Arc dans Jeanne la Pucelle, un film historique en deux parties (Les batailles, Les prisons).

 Ses films suivants furent ignorés par le public, hormis Va savoir (2001) avec Jeanne Balibar et Sergio Castellitto qui totalisa plus de 500 000 entrées. Ses derniers films divisèrent les critiques et désorientèrent les cinéphiles. Ne touchez pas la hache (2007) fut un échec commercial mais enthousiasma le cinéaste Philippe Garrel qui trouva le film « génial ». Quelques détracteurs reprochent au cinéaste un parti pris intellectuel. Une accusation exagérée. Le plus simple pour trancher la question consiste à redécouvrir l’œuvre de Jacques Rivette.

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29 Janvier 2016 - 1:04pm

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