Jean-Bernard Raimond

  

10 Mars 2016
masculin

Diplomate et homme politique français, né le 6 février 1926 à Paris, décédé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 90 ans. Modèle du haut-fonctionnaire saisi par la passion politique, Jean-Bernard Raimond connut son heure de gloire en occupant de 1986 à 1988 le poste de ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de cohabitation dirigé par le néogaulliste Jacques Chirac, sous la présidence du socialiste François Mitterrand. N’oubliant pas que la politique étrangère de la France relevait au domaine réservé du chef de l'Etat, il déploya tous ses talents de diplomate pour satisfaire l'homme qui l'avait nommé et le président qu'il servait.

 Un destin étonnant pour celui qui dans sa jeunesse milita au sein d’une organisation politique d’extrême-gauche où il côtoya Jean-Paul Sartre et d’anciens trotskistes comme David Rousset, avant de rallier les idées social-démocrates de Pierre Mendès-France. Elève de l’Ecole normale supérieure (1947) puis de l’ENA (1956), Jean-Bernard Raimond choisit de devenir diplomate. A la fin de ses études, il intégra le département politique du ministère des affaires étrangères où il œuvra pendant une dizaine d’années. Remarqué par les nouveaux dirigeants politiques du pays, sa carrière s’accéléra. En 1967, le haut-fonctionnaire rejoignit le cabinet de Maurice Couve de Murville, alors ministre des affaires étrangères du général de Gaulle. Il accompagna à l’hôtel Matignon son mentor quand celui-ci fut nommé premier ministre, au lendemain des événements de mai 1968. Nommé chargé de mission (1969), puis conseiller technique (1970) au cabinet du président de la République Georges Pompidou, il devint ambassadeur de France au Maroc (1973-1977), et dirigea en 1978 le cabinet du ministre des affaires étrangères Louis de Guiringaud.

 En 1981, après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, il fut nommé ambassadeur en Pologne (1982-1984) puis en Union Soviétique (1984-1986) où Jacques Chirac alla le chercher pour le nommer ministre des affaires étrangères. En 1988, la réélection de François Mitterrand mit fin à sa carrière ministérielle et Roland Dumas qu’il avait remplacé en 1986 lui succéda. Dans Le Quai d’Orsay à l’épreuve de la cohabitation (1989), il témoigna de la difficulté de sa mission. Le président le remercia en l’envoyant en 1988 représenter la France au Saint-Siège, un poste prestigieux, puis en l’élevant en 1991 à la dignité d’Ambassadeur de France.

 Retraité du quai d’Orsay, Jean-Bernard Raimond décida d’affronter pour la première fois le suffrage universel en 1993, sous la bannière du RPR, en se présentant aux élections législatives. Porté par la « vague bleue », il fut élu député dans la circonscription d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Réélu en 1997, il participa aux travaux de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Président de l’Association France-Italie, il publia en 2010 un livre de mémoires, Le regard d’un diplomate sur le monde-1960/2010.

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10 Mars 2016 - 2:38pm

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