Jean d’Ormesson

  

5 Décembre 2017
masculin

Ecrivain et journaliste français, né le 16 juin 1925 à Paris, décédé à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 92 ans. Journaliste, directeur du Figaro en 1974, il fut une grande figure populaire des lettres françaises, auteur d’une quarantaine de romans, de livres de voyage et d’essais dont Au plaisir de Dieu, C’était bien, La Gloire de l’Empire couronné du prix du roman de l’Académie française, Amoureux de la langue française, il rejoignit l’Académie française dont il fut un brillant porte-drapeau.

 

Jean Lefèvre d’Ormesson naquit dans une famille anoblie au XVIe siècle. Il descendait également d’un révolutionnaire régicide Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau qui fut assassiné par un royaliste la veille de l’exécution de Louis XVI. Fils d’un ambassadeur, il suivit une éducation soignée comme tous les enfants de la haute bourgeoisie. Il vécut son adolescence au château de Saint-Fargeau dans l’Yonne qui appartenait à sa mère Marie Anisson du Perron. Après des études à Nice pendant la seconde guerre mondiale, il intégra l’Ecole normale supérieure à Paris. Licencié es lettres et en histoire, agrégé de philosophie, il entra dans la vie active en publiant des articles dans des journaux de province et dans des magazines dont Paris-Match. Amoureux de la littérature française, des grands classiques et de Chateaubriand, il publia son premier roman en 1956 L’Amour est un plaisir qui fut boudé par les lecteurs. Embauché en 1952 par le mensuel de sciences humaines Diogène, il mena de front une carrière de journaliste et d’écrivain. En 1971, il connut la célébrité avec La Gloire de l’Empire, un récit historique plébiscité par le public et récompensé du grand prix du roman de l’Académie française. Personnalité de la droite intellectuelle française, il fut nommé directeur général du Figaro en 1974, année où il publia un nouveau best-seller Au plaisir de Dieu, inspiré de la vie de sa famille.

 Habitué des plateaux de télévision dont celui d’Apostrophe où il multiplia les apparitions dans les années 1970 et 1980, Jean d’Ormesson devint une figure populaire et aimé du public. Néanmoins plusieurs de ses prises de position provoquèrent des polémiques. Ainsi le chanteur Jean Ferrat lui reprocha dans une chanson son soutien à l’intervention américaine au Vietnam. Elu à l’Académie française en 1973, le nouvel « immortel » milita avec ardeur en faveur de l’accueil sous la coupole de Marguerite Yourcenar, première femme admise dans ce cénacle d’hommes en 1980. Il démissionna en 1977 de la direction du Figaro pour protester contre l’interventionnisme de l’actionnaire du quotidien Robert Hersant qui prétendait définir la ligne politique du journal. Il se consacra désormais à l’écriture, publiant des livres de voyage sur l’Italie dont il était amoureux, des romans (Dieu sa vie son œuvre, Histoire du juif errant, Le Rapport Gabriel), des essais, des recueils de chroniques (Jean qui grogne, Jean qui rit), des livres de témoignage (C’était bien, Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit).

 Homme de droite, il était fasciné par François Mitterrand avec lequel il entretint une longue conversation. Il poussa l’hommage jusqu'à incarner pour le cinéma l’ancien président socialiste dans le film Les saveurs du palais de Christian Vincent en 2012. Malade, il ne cessa jamais d’écrire. En 2015, il entra de son vivant dans la Bibliothèque de La Pléiade. En 2016, il publia trois ouvrages dont Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

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5 Décembre 2017 - 7:55am

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