Jeannette Guyot

  

9 Mai 2016
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Résistante française, née le 26 février 1919 à Chalon-sur Saône (Saône-et-Loire), décédée le 10 avril, à l’âge de 97 ans. Avec plus d’un mois de retard, on vient d’apprendre - grâce à la presse britannique - la mort de cette femme hors du commun qui rejoignit la Résistance dès le début. Membre du réseau Amarante qui était rattaché au Bureau central de renseignement et d’action (BCRA), les services secrets de la France Libre, elle transmit de précieux renseignements aux alliés et se chargea de faire passer des agents de la zone occupée par les Allemands à celle administrée par le régime de Vichy.

 En février 1942, les autorités occupantes procédèrent à son arrestation. Emprisonné pendant trois mois à Chalon-sur-Saône puis à Autun, elle résista aux interrogatoires musclés de ses geôliers qui, faute de preuves la libérèrent. Jeannette Guyot reprit du service auprès du colonel Rémy, chef du réseau « Notre-Dame ». Une trahison contraindra la résistante à se réfugier à Lyon où elle poursuivra pour le compte du BCRA son action de renseignement, d’aide à l’exfiltration d'aviateurs alliés et de préparation aux opérations de sabotage.

 Après l’occupation de la zone sud par les Allemands, l’étau se resserra autour de Jeannette Guyot. Ses supérieurs décidèrent alors de la rapatrier à Londres où on l’affecta à des tâches administratives. La jeune femme protesta et demanda à rejoindre les combattants sur le terrain. Après une formation aux techniques de renseignements militaires, délivrée par l’Intelligence service (IS) britannique et l’Office of strategic services (OSS) américain, la jeune lieutenante fut parachutée en février 1944 en France, près de Loches. Sa mission (opération Sussex) consistait à collecter un maximum d’information sur l’ordre de bataille allemand en prévision du débarquement de Normandie et de trouver des caches sûres pour les espions alliés.

 A la Libération de Paris en août 1944, mission accomplie, Jeannette Guyot intégra la « Direction générale des études et recherches »(DGER). La joie de la victoire fut atténuée quand on lui annonça que son père avait péri en déportation. En juin 1945, elle quitta l’univers des services secrets et épousa un ancien collègue Marcel Gauchet. Modeste, elle ne se mit jamais en avant les décennies suivantes et ses actions restèrent dans l’ombre. Titulaire de la Légion d’honneur et de la Croix de Guerre avec palme, elle avait également été honorée par les autorités américaines qui lui remirent la Dinstinguished Service Cross pour honorer son « héroïsme extraordinaire lors d’opérations militaires ».

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9 Mai 2016 - 12:50pm

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