Juan Goytisolo

  

4 Juin 2017
masculin

Romancier et essayiste espagnol, né le 6 janvier 1931 à Barcelone (Catalogne), décédé à Marrakech (Maroc), à l’âge de 86 ans. Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages (Terres de Nijar, La Chanca ) dont plusieurs furent interdits par Franco (Pièces d’identité) et d’une trentaine d’essais, il fut l’un des écrivains espagnols les plus fécond s dans le seconde moitié du XXe siècle. On lui décerna le prix Cervantès en 2014.

Né dans une famille de la bourgeoisie barcelonaise acquise aux idées du général Franco, Juan Goytisolo devint orphelin à l’âge de 7 ans après la mort de sa mère dans un bombardement de…l’aviation franquiste. Après des études de droits, il rompit avec son père et son pays en devenant membre du parti communiste clandestin. Après la publication de deux romans Jeux de mains en 1955 et Deuil au Paradis qui s’inscrivaient dans le courant réaliste, il s’exila à Paris en 1956 où il devint responsable de la littérature espagnole chez l’éditeur Gallimard. Tout en travaillant pour la célèbre maison d’édition, il publia une œuvre originale dont l’Espagne était sa source principale d’inspiration. Opposant du régime plusieurs de ses livres dont Pièces d’identité furent interdits par le régime franquiste qui ne cessait de le critiquer via la presse officielle aux ordres.

 En 1969, il s’affranchit de toutes les influences et révolutionna sa manière d’écrire. Il publia ses ouvrages majeurs : Don Julian en 1970, Juan sans terre en 1975, Makbara en 1980. Vivant entre Paris et Marrakech au Maroc, Juan Goytisolo enseigna également la littérature dans plusieurs universités nord-américaines (Californie, Boston, New York) pendant les années 1970. Il fit découvrir à une nouvelle génération des auteurs espagnols oubliés ou ostracisé par les pouvoirs et l’Eglise. Citoyen du monde et voyageur écartelé entre plusieurs identités, il était chez lui nulle part et partout, comme il l’écrivit dans Chasses gardés en 1985 : « Espagnol en Catalogne, afrancesado, en Espagne, latin en Amérique du Nord, chrétien au Maroc, et partout métèque, je n'allais pas tarder à devenir, par mon nomadisme et mes voyages, un de ces écrivains que personne ne revendique, étranger et hostile aux clans et catégories. Le conflit familial entre deux cultures fut apparemment le premier indice d'un processus à venir de ruptures et de tensions dynamiques qui me situeraient à l'écart des idéologies, des systèmes ou entités abstraites caractérisées par leur autosuffisance et leur circularité. »

 Ecrivain engagé, Juan Goytisolo défendit avec vigueur les droits de l’homme et des peuples menacés. On le vit sur plusieurs fronts : Sarajevo pendant les guerres en ex-Yougoslavie, en Tchétchénie et en Palestine dont il fut un ardent défenseur. Après le décès en 1996 de son épouse Monique Lange qui partageait sa vie depuis 1956, il s’installa définitivement à Marrakech. Il consacra au monde arabe dont il était passionné plusieurs ouvrages inspirés des conteurs marocains dont Makbara (1982), Chroniques sarrasines (1985) dans lesquels il s’évertua à déconstruire les préjugés occidentaux. L’Espagne reconnut son génie en lui décernant en 2008 le prix national des lettres et en 2014 le prix Cervantès.

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5 Juin 2017 - 8:09am

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