Liu Xiaobo

  

13 Juillet 2017
masculin

Ecrivain et enseignant chinois, né le 28 décembre 1955 à Changchun, décédé à Shenyang, à l’âge de 61 ans. Après avoir enseigné en Norvège et aux Etats-Unis, il retourna en Chine au moment du printemps de Pékin en 1989. Militant des droits de l’homme, il fonda en 2008 la « Charte 2008 » et militait activement pour une démocratisation de son pays. Arrêté cette année-là et condamné à 12 ans de prison en 2009 pour « incitation à la subversion », il reçut en 2010 le prix Nobel de la paix. L’Académie suédoise tenait à honorer ses « efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine ».

Liu Xiabo devint la bête noire du régime communiste chinois quand il rendit publique la « Charte 08 » inspirée de la « Charte 77 » en Tchécoslovaquie par Vaclav Havel. Le préambule dressait l’acte d’accusation du régime : « Cette année est celle du centenaire de la constitution chinoise, elle est également le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, le trentième anniversaire de l’apparition du « Mur de la démocratie » et le dixième anniversaire de la signature par la Chine du Pacte international des droits civiques et politiques des Nations Unies. Après avoir fait la longue expérience d’une situation désastreuse en matière de droits de l’homme et de difficiles luttes, le peuple chinois se rend compte plus clairement chaque jour que la liberté, l’égalité et les droits de l’homme sont des valeurs universelles de l’humanité ; et que la démocratie, la république et un gouvernement constitutionnel sont le cadre fondamental d’un système politique moderne. Une « modernisation » qui s'éloigne de ces principes universels et de ces éléments fondamentaux revient à dépouiller les gens de leurs droits, à dégrader les rapports humains, à supprimer la digne lutte des hommes contre le malheur. Dans quelle direction la Chine du 21e siècle ira-telle ? Continuera-t-elle une « modernisation » dont la caractéristique est que ceux qui la dirigent menacent les droits des autres, ou bien, en reconnaissant ces valeurs partagées et universelles, en se fondant dans ce courant commun de civilisation, va-t-elle bâtir un système de gouvernement démocratique ? C'est un choix qu'on ne peut se passer de faire ».

 Quelques jours après la publication du texte et sa signature par plus de 300 intellectuels chinois, Liu Xiaobo fut arrêté par la police et condamné à 12 ans de prison en 2009. Il purgeait sa peine quand il apprit en 2010 qu’il était le lauréat du prix Nobel de la paix. Cette récompense irrita le gouvernement chinois qui interdit à son épouse de se rendre à Stockholm pour recevoir le prix. La police multiplia les vexations et les persécutions contre les membres de la famille et les proches de l’écrivain. La presse aux ordres se déchaina contre le dissident. Les autorités refusèrent également de lui accorder une remise de peine pour soigner une hépatite chronique. Elles se résolurent à le libérer en juin 2017 quand il apparut que le militant des droits de l’homme n’avait plus que quelques semaines à vivre. Libéré le 26 juin – quelques mois seulement avant le terme de sa peine -, Liu Xiaobo s’est éteint dans l’hôpital où il avait été conduit.

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13 Juillet 2017 - 5:47pm

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