Marc Riboud

  

31 Août 2016
masculin

Photographe français, né le 24 juin 1923 à Saint-Genis-Laval (Rhône), décédé à l’âge de 93 ans. Marc Riboud fut l’une des grandes figures de l’âge d’or du photojournalisme, dans la seconde moitié du XXème siècle. Il publia ses reportages dans de nombreux magazines dont Life, Paris-Match, Le Nouvel Observateur, Stern.

 Né au sein d’une famille lyonnaise bourgeoise – père diplômé de Sciences-Po et grand-père cofondateur de la Lyonnaise de banque -, Marc Riboud participa à la Résistance pendant les années d’Occupation. A la Libération, il entama de longues études couronnées par un diplôme d’ingénieur. Mais, le jeune Marc Riboud était habité par la passion de la photographie depuis que son père lui avait offert un Kodak pour son 14eme anniversaire. A un avenir conventionnel et rectiligne, tracé d’avance, il préféra les incertitudes de l’aventure et rêva d’imiter les grands photographes de presse dont il admirait les reportages dans les journaux. Il s’installa à Paris où il fit la connaissance d’Henri Cartier-Bresson et de Robert Capa, deux des fondateurs de la mythique agence Magnum. Il entra dans la cour des grands en 1953 quand le magazine américain Life – référence incontestée à l’époque en matière de photos – publia son cliché d’un ouvrier en équilibre sur une barre métallique de la tour Eiffel et titrée « Le peintre de la tour Eiffel ». Accueilli au sein de Magnum, Marc Riboud parcourut le monde (Yougoslavie, Grande-Bretagne, Turquie, Asie centrale, Inde, Chine, Japon, Alaska, Cuba où il rencontra Fidel Castro), et en ramena des reportages publiés dans les grands journaux internationaux. Digne héritier de Robert Capa, il fut en première ligne lors des guerres d’indépendance en Afrique. Il se rendit à plusieurs reprises en Algérie dans les années 1960 et photographia notamment les manifestations de joie de la population après l’indépendance. Il fut un des rares photographes de presse à visiter le nord et le sud du Vietnam lors de la seconde guerre d’Indochine. En 1967, il réalisa une photo devenu le symbole de la paix : prise sur le vif à Washington lors d’une manifestation contre l’intervention américaine au Vietnam, elle montrait une jeune fille qui tendait une fleur à des soldats armés de la garde nationale. Les années suivantes, Marc Riboud fut aux premières loges en Iran au moment de l’affaire de la prise d’otages des diplomates américains à Téhéran. En 1980, il réalisa en Pologne un reportage sur le syndicat Solidarnosc qui ébranla le communisme. En 1987, il suivit à Lyon le procès de Klaus Barbie. Les plus grands magazines publièrent ses reportages : Life, Paris-Match, Le Nouvel observateur, Géo, Stern.

 La période de l’après-guerre coïncida avec l’apogée du photojournalisme. Les lecteurs désiraient être mieux informés. La presse papier répondait à cette demande à une époque où la télévision, perfectible sur le plan technique, chère et encore ennuyeuse, trônait dans quelques foyers seulement. La photo était un des vecteurs les plus indiqué pour véhiculer une information. Robert Capa incarna cet âge d’or de la presse. Mesuré en années, le règne du photojournalisme fut bref. Il commença à décliner au milieu des années 1980 pour disparaitre après le début du nouveau millénaire. Internet et l’invention d’outils de communication automatisés qui donnent l’illusion à monsieur Toutlemonde qu’il suffit de réaliser un selfie pour être un photographe, lui donnèrent le coup de grâce.

 Plusieurs fois récompensé – dont le prix Nadar en 2012 -, Marc Riboud publia ou illustra une quarantaine de livres. Ses œuvres furent également exposées dans de nombreux musées ou institutions (Paris, Londres, Chicago, New York, Moscou, Kyoto, Tokyo) tout au long de sa carrière.

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31 Août 2016 - 12:32pm

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