Mario Soares

  

7 Janvier 2017
masculin

Homme d’Etat portugais, né le 7 décembre 1924 à Lisbonne (Portugal), décédé dans la même ville, à l’âge de 92 ans. Opposant socialiste à la dictature de Antonio de Oliveira Salazar et de son successeur Marcelo Caetano, il rentra d’exil dans son pays après la Révolution des œillets du 25 avril 1975. Il joua un rôle déterminant dans le rétablissement de la démocratie au Portugal dont il occupa le poste de premier ministre avant d’être élu en 1986 et réélu en 1991 président de la République.

 Diplômé d’histoire et de philosophie à la faculté de Lisbonne Mario Alberto Lopes Soares eut comme professeur Alvaro Cunhal, dirigeant du parti communiste portugais (PCP) et futur rival dans les années 1970. Devenu professeur d’université, il s’engagea très tôt dans la lutte contre la dictature de Salazar et de son Estado Novo. Pendant ses études, il dirigea l’organisation de jeunesse universitaire fondée par le parti communiste. Influencé par des intellectuels socialistes, il rompit en 1951 avec le PCP qu’il jugeait trop stalinien. Arrêté plusieurs fois par la police politique du régime en raison de ses critiques contre la dictature, il fut banni en 1968 à Sao-Tomé-Et-Principe, alors colonie portugaise, puis envoyé en exil en France où il enseigna à la Sorbonne. En France, il rejoignit l’Action socialiste portugaise qu’il rebaptisa plus tard en Parti socialiste. Les espoirs de démocratisation du pays après la mort de Salazar en 1970 furent rapidement déçus. Marcelo Caetano, le nouveau maître du Portugal, poursuivit la politique de son prédécesseur. Son plus grand défi était situé en Afrique. Dernière puissance coloniale européenne, l’armée Portugaise luttait contre les mouvements de guérilla qui réclamaient l’indépendance du Mozambique, de l’Angola et de la Guinée Bissau. Un conflit opposa Caetano aux chefs militaires sur la conduite de la guerre. Des jeunes officiers comprirent que l’on ne pouvait pas s’opposer à l’évolution de l’histoire. Il fallait arrêter le bain de sang et trouver un accord avec les chefs de l’indépendance. Le refus du pouvoir les incita à passer à l’action. Le 25 avril 1974, un coup d’Etat militaire renversait Caetano. La population appuya le mouvement.

 La « révolution des œillets » comme on l’appela permis l’instauration de la démocratie et le retour de tous les opposants exilés dont Mario Soares. Accueilli en exil par une foule en liesse, le leader socialiste devint membre du gouvernement provisoire dirigé par le Mouvement des forces armées (MFA). Il s’opposa bientôt aux militaires radicalisés. Il les soupçonnait de vouloir établir un régime autoritaire avec l’aide du parti communiste dont le leader était son ancien mentor Alvaro Cunhal. Des élections législatives en 1976 mirent fin à l’effervescence révolutionnaire et écartèrent le danger – réel ou imaginaire - d’une dictature d’extrême gauche.

 Le parti socialiste les remporta. Mario Soares devint premier ministre. Les militaires réintégrèrent leurs casernes. La démocratie portugaise empruntait la voie parlementaire, synonyme de démocratie mais aussi de crises politiques et de changement de majorité. En 1978, Soares était renversé. Les conservateurs dirigèrent le pays jusqu’en 1983. Soares redevint alors premier ministre et négocia avec succès l’entrée du Portugal dans l’Union européenne. Le 16 février 1986, il fut élu président de la République portugaise au second tour de l’élection présidentielle, avec 51,35% des suffrages contre 48,65% obtenus par le démocrate-chrétien Diego Freitas Do Amaral. Son élection à la présidence en 1986 fit de lui le premier chef d’Etat démocratiquement élu depuis 60 ans. Le 13 janvier 1991, il était réélu pour un second mandat de 5 ans qui s’acheva en 1996. Après un intermède au parlement européen, il brigua en 2006 un troisième mandat mais fut battu par le conservateur Anibal Cavaco Silva. Il mit fin à sa carrière politique.

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7 Janvier 2017 - 6:10pm

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