Martin Gray

  

25 Avril 2016
masculin

Ecrivain franco-américain, né le 27 avril 1922 à Varsovie (Pologne), décédé à Ciney (Belgique), à l’âge de 93 ans. Il devint célèbre en 1971 en publiant le best-seller mondial Au nom de tous les miens dans lequel il évoquait la mémoire de sa famille assassinée par les nazis, de sa femme Dina et de ses quatre enfants morts lors d’un incendie de forêt dans le massif du Tanneron en 1970.

Né au sein d’une famille juive polonaise, Martin Gray ne nommait pour l’Etat-civil Mieczyslaw Grajewski. Agé de 17 ans quand les nazis envahirent la Pologne en 1939, il survécut à la shoah grâce à sa robuste constitution. Déporté au centre de mise à mort de Treblinka, il échappa à la chambre à gaz, contrairement à sa mère et à ses deux frères qui furent gazés dès leur arrivée. Affecté à un « kommando » chargé d’extraire les corps des suppliciés, il réussit à s’échapper du camp en se cachant dans un wagon rempli de vêtements dérobés aux victimes. Il rejoignit le ghetto de Varsovie où il retrouva son père qui avait échappé par miracle aux rafles, aux mauvais traitements et à la malnutrition. Lors de l’insurrection du ghetto auquel il participa, son père fut tué sous ses yeux par des SS. Martin Gray parvint à s’échapper. Il rejoignit les rangs de l’Armée rouge au sein de laquelle il combattit jusqu’à la fin de la guerre, participant notamment à la prise de Berlin. Nommé capitaine, décoré de l’ordre de l’Etoile rouge et de celui de la Guerre patriotique, considéré comme un héros de l’Union soviétique, il partit après la guerre à la recherche des membres de sa famille. Selon son décompte, cent dix d’entre eux avaient été assassinés par les nazis. En 1947, il rejoignit à New York sa grand-mère maternelle qui avait émigré avant la guerre.

 Naturalisé américain en 1952, il s’enrichit dans le commerce des porcelaines qu’il vendait à des antiquaires. En 1959, il épousa Dina Cult, une hollandaise. Fortune faite, le couple et leur quatre jeunes enfants s’’installèrent l’année suivante dans le département du Var à Tanneron, une commune proche de Mandelieu et de Cannes. Le 3 octobre 1970, un nouveau drame frappa Martin Gray. Un incendie de forêt décima sa famille et le laissa seul pour la troisième fois de sa vie. L’écriture le sauva du suicide, avoua-t-il plus tard. Avec l’aide de Max Gallo, il rédigea une autobiographie Au nom de tous les miens. Traduit en vingt-six langues et vendu à trente millions d’exemplaires, le témoignage assura la célébrité Martin Gray. Certains journalistes reprochèrent à l’auteur d’avoir romancé une partie de sa vie pendant la guerre et doutaient de son passage à Treblinka. L’historien Pierre Vidal-Naquet mit fin à la controverse en validant les attestations présentées par Martin Gray.

Ce dernier créa la fondation Dina Gray qui se fixait pour objectif de lutter contre les incendies de forêt. Les années suivantes, il publia une douzaine de livres vendus à des millions d’exemplaires dans lesquels il exprimait sa foi en l’homme. Refusant de se considérer comme un écrivain, Martin Gray affirmait être avant tout un témoin : « je n’écris pas. Je crie ». La voix de cette personnalité au destin exceptionnel et tragique s’est tue dans les Ardennes belges où il s’était installé en 2012. Remarié à deux reprises, il était le père de cinq enfants.

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25 Avril 2016 - 5:25pm

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