Michel Galabru

  

4 Janvier 2016
masculin

Comédien français, né le 27 octobre 1922 à Safi (Maroc), décédé à Paris, à l’âge de 93 ans. Sa gouaille méridionale, sa bonne humeur communicative, son esprit vif et ses réparties cinglantes nous avaient fait oublier son grand âge. A l’imitation d’un autre illustre nonagénaire Henri Salvador mort à 90 ans, Michel Galabru a défié le temps, en pratiquant avec passion son métier jusqu’à son dernier souffle. L’an dernier, il arpenta seul les planches du théâtre Montmartre-Galabru pour jouer Le Cancre, une pièce dont il avait assuré la mise en scène. Ce matin du 4 janvier 2016, le comédien a oublié de se réveiller.

 Après trois ans d’études au Conservatoire national d’art dramatique dont il sortit avec un premier prix, il fut engagé en 1950 à la Comédie-Française où il joua dans de nombreuses pièces classiques (Shakespeare, Molière, Jules Romain). Parallèlement, il arrondit ses fins de mois en acceptant de figurer à l’affiche de nombreux films de série B, dans des rôles secondaires, des silhouettes, voire de la figuration. Il devint célèbre en 1964 en interprétant l’adjudant caricatural Jérôme Gerber dans Le gendarme de Saint-Tropez. Selon Michel Galabru, le producteur du film souhaitait attribuer le rôle principal à Louis de Funès et celui de faire valoir à « un ringard ». Il proposa au metteur en scène Jean Girault le nom de Galabru. La saga remporta un énorme succès populaire et cantonna l’acteur dans un registre de comique troupier.

 Les années suivantes, il apparut à l’affiche de nombreux navets du cinéma français. Dans les années 1970, quelques films surnagèrent dans cet océan de médiocrité : Le Viager (1971) de Pierre Tchernia, Section spéciale (1974) de Costa-Gavras, L’Ibis rouge (1975) de Jean-Pierre Mocky, qui révélèrent une facette inattendue de son jeu d'acteur. En 1976, Bertrand Tavernier exploita son talent dramatique dans Le juge et l’Assassin. Galabru y joua Joseph Bouvier un ancien sergent devenu assassin confronté à un juge machiavélique et ambitieux incarné par Philippe Noiret. Son interprétation tout en nuance lui valut de recevoir le César du meilleur acteur en 1977. Une récompense méritée qui sonnait comme un pied-de-nez à tous ceux qui le regardaient de haut avec mépris.

En soixante-dix ans de carrière, Michel Galabru a tourné dans 250 films et téléfilms avec de grands noms du cinéma européen : Georges Lautner (Flic ou voyou en 1978), Laurent Heynemann (Le mors aux dents en 1979), Pascal Thomas (Confidences pour confidences en 1979), Luigi Comencini (Il gatto en 1977), Jean Marboeuf (La ville des silences en 1979), Dino Risi (Je suis photogénique en 1980), Bertrand Blier (Notre histoire en 1984), Yannick Bellon (La triche en 1984), Jean-Luc Godard (Soigne ta droite en 1987).

 L’ancien sociétaire de la Comédie-Française revint régulièrement à ses premières amours. Il joua les auteurs du répertoire classique (Molière, Goldoni, Shakaspeare, etc.) de boulevard (Courteline, Feydeau, Roussin,) mais aussi contemporain (Jean Anouilh, Jean Giraudoux, Niel Simon, Orkeny). Il aura également marqué plusieurs générations de spectateurs avec son rôle d’Aimable Castanier, le boulanger de La femme du boulanger de Marcel Pagnol. Il joua la pièce en 1985-1986, en 1998, 2010, 2012, 2013, réussissant la prouesse de faire oublier l’interprétation de Raimu.

 Michel Galabru pratiqua son métier jusqu’en 2015. Mais, le décès en novembre 2014 de son frère cadet Marc dont il était très proche et celui en août 2015 de son épouse Claude qui lui avait donné deux enfants, Jean et Emmanuelle, l’avaient profondément affecté. Il avait annulé les derniers spectacles où il devait apparaitre en 2016. Sa famille a fait savoir que pendant son sommeil s’est éteint celui qui avait affirmé dans un livre que Tout est comédie

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4 Janvier 2016 - 4:06pm

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