Mohamed Ali

  

Non publié
4 Juin 2016
masculin

Boxeur américain, né le 17 janvier 1942 à Louisville (Kentucky), décédé à Phoenix (Arizona), à l’âge de 74 ans. Né au sein d’une famille afro-américaine modeste – son père peignait des affiches publicitaires, sa mère était employée de maison –, celui qui s’appelait encore Cassius Clay pratiqua la boxe dès sa plus tendre enfance. Doté d’un physique et d’une force de colosse (1,93 mètre pour 99 kilos), il combattit dans la catégorie des mi-lourds puis des lourds. En 1960, à l’âge de 18 ans, il remporta la médaille d’or aux jeux olympiques d’été de Rome. Sa carrière était lancée.

 Après une centaine de combats et autant de victoire – la plupart par K.O. - dans les rangs amateurs, Cassius Clay rejoignit les professionnels en 1960. Sa progression fut régulière dans la catégorie reine des lourds. En trois ans, il se forgea un palmarès enviable : 19 victoires dont 15 par K.O., pour aucune défaite. Nommé boxeur de l’année en 1963, beaucoup de spécialistes pensaient qu’il s’agissait d’un titre honorifique. Peu d’entre eux auraient parié un dollar sur le jeune boxeur quand ils apprirent qu’il affronterait l’année suivante le champion du monde en titre, le terrible Sonny Liston, un des puncheurs les plus puissants de l’histoire de la boxe. Le 25 février 1964, le champion en titre surnommé « le vilain ours » et le challenger rebaptisé par la presse « le boxeur poète » se rencontrèrent à Miami. A la surprise générale, la force de frappe de Liston ne fit pas le poids face à l’agilité et à la technique du jeune Clay. Blessé à l’épaule, le champion sortant préféra jeter l’éponge au 7e round. Cassius Clay ceignit pour la première fois la ceinture mondiale. Le revanche l’année suivante fut également à l’avantage de Cassius Clay qui remporta le combat avant la limite.

 Devenu désormais célèbre, Cassius Clay défendit avec fougue la cause des Noirs américains toujours victimes de discriminations raciales et de lois ségrégationnistes dans de nombreux Etats du sud des Etats-Unis. En 1965, il rejoignit l’association politico-religieuse « Nation of Islam ». De manière symbolique, il abandonna son nom de Cassius Clay qui qui avait été donné à ses ancêtres par les planteurs esclavagistes et choisit de se faire appeler Cassius X, en référence à l’activiste Malcom X, assassiné en 1965. La même année, le chef de « Nation of Islam » Elijah Muhammad donna      au boxeur son nouveau nom musulman : Mohamed Ali. C’est sous ce nom qu’il combattit et remporta de nombreuses victoires et notamment un championnat du monde en 1967. Cette même année, il refusa d’aller combattre au Vietnam. Il se justifia en déclarant : « aucun Viêt-Cong ne m’a jamais traité de sale nègre ». Les autorités politiques se vengèrent en le condamnant à 5 ans de prison et à une forte amende. La fédération de boxe lui retira sa licence et le déchut de son titre. Ali fit appel. Il évita la prison mais fut interdit de combat pendant quatre ans. En 1970, la Cour suprême lui réattribua sa licence. Mohamed Ali reprit l’entrainement et remonta sur les rings à l’âge de 32 ans. Le 8 mars 1971, au Madison Square Garden à New York, il affronta le champion du monde des lourds Joe Frazier, jamais battu. Ali perdit au point ce « match du siècle ».

 Bien décidé à reconquérir son titre, le champion renforça ses entrainements. Il remporta en trois ans quatorze combats et en perdit un, victime d’une fracture de la mâchoire. Le 30 octobre 1974, il affronta George Foreman, le champion du monde en titre qui avait pulvérisé en deux rounds Joe Frazier l’année précédente. La confrontation fut organisée à Kinshasa au Zaïre. Devant 100 000 personnes et des millions de téléspectateurs, Mohamed Ali envoya au tapis au huitième round son jeune adversaire. Dix ans après son premier succès, retrouva son titre de champion du monde. Il conserva la couronne en 1978 et 1979, battant une dizaine de prétendants. En 1981, à l’âge de 39 ans la légende de la boxe mit fin à sa carrière professionnelle après 61 combats, 56 victoires dont 37 par K.O. et seulement 5 défaites.

 En 1984, les médecins diagnostiquèrent la maladie de Parkinson. Mohamed Ali lutta contre ce mal qui progressait inexorablement. Reçut en grande pompe à la Maison-Blanche par les président Gérald Ford et George W. Bush, il eut l’honneur d’allumer la flamme olympique lors des jeux d’été organisés à Atlanta. A cette occasion, le CIO lui offrit une médaille d’or pour remplacer celle qu’il avait gagnée à Rome en 1960. L’année suivante, il l’avait jetée dans l’Ohio pour protester contre le refus d’un restaurateur de le servir sous prétexte qu’il était noir.

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4 Juin 2016 - 9:26am

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