Ousmane Sow

  

1 Décembre 2016
masculin

Sculpteur sénégalais, né le 10 octobre 1935 à Dakar (Sénégal), décédé dans la même ville, à l’âge de 81 ans. A la tête d’un cabinet de kinésithérapie, il attendit l’âge de 50 ans pour se consacrer exclusivement à la sculpture, la passion de sa vie. Ses œuvres monumentales de guerriers africains (Nouba, Masaï, Zoulou, Peulh) réalisées dans un matériau composé de sable, de jute et de paille, le rendirent célèbre dans le monde entier.

Enfant, Ousmane Sow aimait récupérer des pierres sur les plages sénégalaises. Il les modelait, inventait des formes originales qui provoquaient la curiosité de son maitre d’école. L’enseignant lui prédit un destin de sculpteur. L’avenir lui donna raison… quarante ans plus tard. En effet, pour vivre Ousmane Sow devint kinésithérapeute, une discipline étudiée à Paris dans les années 1950. Il pratiqua son métier à Dakar pendant trente ans. Il connut le corps humain sur le bout des doigts. Le soir venu, après le départ du dernier client, il transformait son cabinet en atelier de sculpture. Pendant des décennies, il créa des œuvres en utilisant une mixture de son invention, comprenant une vingtaine de produits qu’il faisait macérer pendant de longs jours. Il se fit connaitre en exposant pour la première fois une série de lutteurs Nouba au centre culturel français de Dakar en 1987. Suivirent bientôt des séries extraordinaires et expressives sur les Massaï, les Zoulou, les Peuhl.

 Sa carrière était lancée. Désormais, la cinquantaine passée, il se consacra entièrement à son art. Les années suivantes, il exposa ses œuvres en Allemagne, au Palais Grassi à Venise, à l’occasion du centenaire de la Biennale. En 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, il réalisa un Toussaint Louverture et la vieille esclave qui a été acquis en 2010 par le Museum of African Art de la Smithsonian institution à Washington. En France, il présenta au printemps 1999 ses guerriers sur le Pont des Arts à Paris. Trois millions de spectateurs séduits et enthousiastes se pressèrent sur la passerelle. En 2003, le Whitney Museum de New York accueilli une partie des statues représentant la bataille de Little Big Horn. Il réalisa trois statues de grands hommes : Nelson Mandela, le général Charles de Gaulle qui dans son « discours de Dakar » en 1945 proposa l’affranchissement de l’Afrique et Victor Hugo, réalisé à la demande de Médecins du monde et visible aujourd’hui à Besançon. Il réalisa également de nombreuses sculptures en bronze. Considéré par la critique et le public comme l’une des plus grandes figures de la sculpture contemporaine, Ousmane Sow répondit à de nombreuses commandes : Le coureur sur la ligne de départ pour le Comité international olympique, L’immigré, une commande de la ville de Genève où l’œuvre est exposée, une effigie de Toussaint Louverture, commandé par la ville de La Rochelle pour le Musée du nouveau Monde, Le Paysan pour la présidence de la République du Sénégal.

 En 2013, Ousmane Sow fut le premier noir à entrer à l’Académie des Beaux-Arts de France. La mort l’a saisi au Sénégal où il s’était installé, alors qu’il travaillait sur une série intitulée Merci, dédiée à des grands hommes de l’humanité. 

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1 Décembre 2016 - 2:19pm

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