Paul Vergès

  

12 Novembre 2016
masculin

Homme politique français, né le 5 mars 1925 à Ubon Ratchathani (Thaïlande), décédé à Saint-Denis (La Réunion), à l’âge de 92 ans. Ancien résistant, grande figure politique de La Réunion, il fonda en 1959 le parti communiste réunionnais. En soixante-dix ans de vie politique, il exerça de nombreux mandats électoraux : député à trois reprises entre 1956 et 1996, député européen, sénateur depuis 2014. Il dirigea également le conseil régional de La Réunion entre 1998 et 2010.

Fils d’un médecin consul de France au Siam et d’une institutrice vietnamienne, Paul Vergès étudia à Paris avant-guerre aux côtés de son frère Jacques, futur avocat. Pendant la seconde guerre mondiale, il s’engagea au sein des Forces françaises libres au Royaume-Uni où il suivit une formation de parachutiste. A la Libération, il retourna sur son île et s’engagea aux côtés de son père Raymond, un actif militant communiste et anticolonialiste, fondateur du Comité républicain d’action démocratique et sociale (CRADS). En 1946, sa carrière politique faillit tourner court après l’assassinat en pleine campagne législative de son adversaire de droite. Suspecté d’être mêlé au crime, Paul Vergès fut condamné à 5 ans de prison avec sursis par la cour d’assises de Lyon. Le parti communiste français dont il était membre lui demanda de devenir un des permanents de sa section anticoloniale. Le jeune militant s’installa à Paris et épousa Laurence Deroin.

 En 1954, il décida de mettre ses idées en application sur son île. Sans doute également jugeait-il trop timorée la politique anticoloniale du PCF, alors que venait d’éclater la guerre d’indépendance algérienne. Elu conseiller général à Saint-Paul, il devint député de La Réunion, succédant ainsi à son père Raymond qui avait siégé au Palais Bourbon de 19456 à 1955. En 1959, il rompit les liens organiques qui le liaient au FCF et fonda le parti communiste réunionnais. Condamné pour diffamation à trois mois de prison par les autorités et également poursuivi pour atteinte à l’intégrité du territoire, il refusa d’être incarcéré et choisit la clandestinité. En cavale pendant 28 mois, il joua au chat et à la souris avec la police et les gendarmes. A la suite du vote d’une loi d’amnistie, il se constitua prisonnier. Transféré en métropole, il bénéficia d’un non-lieu.

Opposant aux gouvernements de droite il fut élu maire du Port en 1971, puis député européen en 1979. Soutenu par une grande partie de la population, il cumula jusqu’à son décès les fonctions électives : conseiller général, député, sénateur. Au fil du temps, le jeune militant anticolonialiste intransigeant s’était transformé en un vieux patriarche adepte de facto du compromis. Mais il resta toujours fidèle dans ses idées égalitaires et fraternelles. En 2012, il fut l’un des initiateurs de la loi qui criminalisait les événements oubliés d’octobre 1961 où périrent de nombreux manifestants qui réclamaient l’indépendance de l’Algérie.

Google news Référence: 
477
12 Novembre 2016 - 8:57am

Le carnet
des jours précédents

21 Juin 2018

28 Mai 2018

28 Mai 2018

27 Mai 2018

22 Mai 2018