Pierre Arpaillange

  

12 Janvier 2017
masculin

Magistrat et homme politique français, né le 13 mars 1924 à Carlux (Dordogne), décédé à Cannes (Alpes-Maritimes), à l’âge de 92 ans. Grand serviteur de l’Etat au ministère de la justice où il occupa les plus hautes fonctions, il fut garde des sceaux de 1988 à 1999 sous la présidence de François Mitterrand avant de présider la Cour des Comptes de 1990 à 1995.

Fils d’un couple d’instituteur, Pierre Arpaillange fut un pur produit de l’école républicaine. A l’âge de 19 ans, il participa à la Résistance puis s’engagea dans l’armée française pendant la campagne d’Allemagne. Après la guerre, il reprit ses études et devint magistrat en 1949. Homme de bureau plus que de prétoire, sa carrière suivit une ligne rectiligne et régulière qui le mena en quarante ans aux plus hautes responsabilités : juge suppléant à Orléans en 1949 puis à Paris (1950), détaché à la Cour de cassation (1954 -1959), substitut à Versailles (1959), à Paris (1962), secrétaire général du parquet de la cour de cassation (1962). Remarqué pour ses qualités d’administrateur et sa science juridique, il servit trois ministres de la justice gaulliste, Jean Foyer, Louis Joxe et Jean Taittinger. En 1968, il fut nommé Directeur des affaires criminelles et des grâces, un poste important où il joua un rôle déterminant et efficace. En 1972, Pierre Arpaillange remit à son ministre de tutelle René Pleven un rapport sur la réforme de la justice publié en 1980 sous le titre La Simple justice. Ses propositions de réformes suscitèrent l’hostilité de la droite et l’approbation de la gauche. Il y prônait une indépendance accrue des magistrats, le rattachement de la police judiciaire au ministère de la justice. Il proposait le recours à de courtes peines de prison et l’humanisation des prisons et des conditions de détention des prisonniers, une question toujours en suspens. La plupart de ses recommandations furent appliquées les décennies suivantes.

 Proche du président Georges Pompidou qui apprécia son action au moment de la scabreuse affaire Markovic, un complot politique qui visait à déstabiliser l’ancien premier ministre de Charles de Gaulle, Pierre Arpaillange refusa le poste de directeur de cabinet de Jean Lecanuet, ministre de la justice de Valéry Giscard d’Estaing. Les années suivantes, il s’opposa à la politique répressive suivie par le garde des sceaux Alain Peyrefitte. Il prit la plume en février 1981 pour dénoncer dans Le Monde « La loi sécurité et liberté » qui menaçait selon lui des libertés publiques auxquelles, il était attaché. En 1981, le nouveau pouvoir socialiste le nomma procureur général de Paris, un poste qu’il occupa jusqu’en 1988, date à laquelle il devint procureur général près de la Cour de cassation.

 En mai 1988, après sa réélection à la présidence, François Mitterrand imposa sa nomination au poste de ministre de la justice au chef de gouvernement Michel Rocard qui était sceptique. Homme de dossiers et de cabinet, Pierre Arpaillange eut du mal à s’imposer à la classe politique. Souvent chahuté par les députés de l’opposition à l’Assemblée nationale, il parvint à faire passer quelques réformes et contre l’avis de François Mitterrand autorisa l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre de René Bousquet. Il quitta ses fonctions en octobre 1990 pour devenir premier président de la Cour des Comptes qu’il présida jusqu’en 1993.

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12 Janvier 2017 - 4:30pm

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