Pierre Boulez

  

6 Janvier 2016
masculin

Compositeur et chef d’orchestre français, né le 26 mars 1925 à Montbrison (Loire), décédé à Baden-Baden (Allemagne), à l’âge de 90 ans. Considéré par beaucoup de mélomanes comme le plus grand compositeur de musique français du XXe siècle Pierre Boulez révolutionna le langage musical.

  Né au sein d’une famille bourgeoise, le jeune Pierre Boulez apprit à jouer du piano à l’âge de 7 ans. Après des études scientifiques brillantes, il se destina à la musique mais rata les concours d’entrée aux conservatoires de Lyon et de Paris. Il persista dans son ambition et trouva refuge en 1943 dans la classe d’harmonie du compositeur Olivier Messiaen (auteur de Quatuor pour la fin des temps en 1940), qui lui dispensa des cours gratuitement. La sollicitude de son ainé laissa Boulez de marbre. Quelques années plus tard, il brocarda « la musique de bordel » de son professeur. Esprit indépendant et colérique, il bouda également les cours de René Leibowitz, l’un des défenseurs passionné du langage dodécaphonique qui enfantera la musique sérielle.

 S’il s’éloigna de ses maîtres, Boulez s’enrichit de leur enseignement et composa en 1948 à l’âge de 23 ans une 2e sonate pour piano, considérée comme son premier chef d’œuvre. En 1946, Jean-Louis Barrault l’engagea dans sa troupe théâtrale en qualité de « chef de la musique ». La collaboration entre le comédien et le compositeur dura dix ans. Boulez réalisa l’arrangement de morceaux de musique et dirigea de petits orchestres instrumentaux. Il composa également en 1955 L’Orestie. Dans le même temps, il mit la dernière main à sa première œuvre maitresse et avant-gardiste Le Marteau sans maitre (1954), une œuvre pour voix et six intruments. Sur des textes du poète René Char, la partition devint le symbole de la modernité musicale. Il donna une représentation au Théâtre Marigny. Aucun chef d’orchestre n’accepta de jouer sa musique. Certains la jugeaient trop complexe et révolutionnaire. D’autres, réclamaient une rémunération sans rapport avec les moyens financiers dont disposait Pierre Boulez. Le compositeur décida de diriger lui-même l’orchestre. Il se perfectionna dans ce nouveau métier et en 1957 il dirigea pour la première fois un orchestre symphonique pour interpréter son Visage nuptial. Sa double vocation s’affirmait : compositeur, chef d’orchestre. Plus tard, il en ajouta une troisième, celle de pédagogue, quand il fonda en 1969 l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) au Centre Georges Pompidou.

 Désormais, la carrière de Pierre Boulez évolua entre ses trois pôles. Entre 1957 et 1962, il composa Pli selon pli, une œuvre pour soprano d’après des textes de Stéphane Mallarmé. L’œuvre fut révisée en 1989 sous le nom d’Improvisation III. En 1981, il créa Répons pour le festival de Baden-Baden - une ville où il possédait une résidence secondaire. Il en donna deux autres versions en 1982 et 1984. En 1985, il composa Dialogue de l’ombre double pour clarinette et dispositif électronique. Notons aussi ses oeuvres Dérive pour six instruments en 1984 et Dérive 2 pour onze instruments en 2002.

 Considéré comme un des grands compositeurs avant-gardiste du XXe siècle, Pierre Boulez excella également dans la direction d’orchestre. En 1965, la direction du Festival de Bayreuth lui demanda de remplacer en catastrophe le chef d’orchestre Hans Knappertsbusch qui venait de mourir subitement. Pierre Boulez suscita l’enthousiasme en proposant une version non romantique du Persifal de Wagner. Les années suivantes, il devint le chef de l’orchestre symphonique de la BBC. Il dirigea régulièrement aussi celui de Cleveland dont il devint en 1969 l’invité principal. En 1971, il succéda à Léonard Bernstein à la tête de l’orchestre philarmonique de New York où il affronta l’hostilité d’une partie du public et des critiques, désorientés par son avant-gardisme.

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6 Janvier 2016 - 1:50pm

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