Samuel Willenberg

  

22 Février 2016
masculin

Résistant et ingénieur polonais puis israélien, né le 16 février 1923 à Czestochowa (Pologne), décédé à Tel-Aviv (Israël), à l’âge de 93 ans. Fils d’un enseignant polonais juif et d’une polonaise catholique convertie au judaïsme, Samuel Willenberg était le dernier survivant de la révolte des juifs du camp d’extermination de Treblinka.

 A l’âge de 19 ans, il fut arrêté par les nazis lors de la liquidation du ghetto d’Opatow - une ville polonaise située au bord de la Vistule - et déporté au centre de mise à mort de Treblinka édifié à une centaine de kilomètres au nord-est de Varsovie. Ses deux sœurs périrent dès leur arrivée dans le camp. Samuel fut affecté au sonderkommando composé de prisonniers juifs contraints par la force de nettoyer les wagons des déportés, de trier les vêtements et les bagages, et d’évacuer les corps des victimes suppliciées dans les chambres à gaz. Samuel savait que son temps - comme celui de ses camarades - était compté. Bien décidé à ne pas se laisser mener à la mort sans combattre, il participa à l’organisation de la révolte des juifs du camp. Le 2 août 1943, les prisonniers attaquèrent leurs geôliers, mirent le feu à des bâtiments et tentèrent de franchir les clôtures électrifiées. La plupart des révoltés périrent sous les balles des gardes et des SS. Deux cents parvinrent à atteindre la forêt proche, dont Samuel Willenberg. Bien que blessé à une jambe, il survécut. Au bout d’un an, seuls une cinquantaine d’insurgés étaient encore en vie. Les autorités allemandes décidèrent de fermer le camp et de faire disparaitre toutes les traces de la Shoah. Selon l’historien Raoul Hilberg, 800 000 personnes furent assassinées à Treblinka en treize mois d’existence du camp. L’historienne Rachel Auerbach évalue à 1 200 000 le nombre des victimes. Le chiffre de 900 000 est désormais retenu.

 Traqué par les unités d’élite de l’armée allemande, Samuel Willenberg rejoignit au prix de grandes difficultés la résistance polonaise dans les rangs de laquelle il combattit, sous le nom de Popow. Il participa à l’insurrection de Varsovie et après la guerre intégra l’armée polonaise. En 1950, il émigra en Israël avec sa femme et sa mère qui avait échappé à la Shoah. Après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur, il trouva un emploi au ministère du logement où il travailla jusqu’à sa retraite. En 1986, il publia son témoignage dans Révolte à Treblinka. A l’âge de 60 ans, il étudia la sculpture et la peinture et réalisa de nombreuses œuvres liées à son expérience dans le camp de la mort. En 2003, il exposa plusieurs de ses sculptures dans la galerie d’art de Varsovie. L’année suivante, il réalisa le monument de l’Holocauste à la mémoire des 40 000 victimes du ghetto de Czestochowa.

A la fin de sa vie, Samuel Willinberg milita en faveur de la construction d’un centre consacré à l’enseignement de la Shoah sur le site de Treblinka.

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22 Février 2016 - 11:10am

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