Shimon Pérès

  

28 Septembre 2016
masculin

Homme d’Etat israélien, né le 2 août 1923 à Wisniew (en Pologne, aujourd’hui en Biélorussie), décédé à Ramat Gan (Israël), à l’âge de 93 ans. Ancien premier ministre et président de l'Etat d'Israël, il joua un rôle déterminant dans la création et la pérennité du pays. Signataire des « Accords d’Oslo » avec les Palestiniens, il reçut le prix Nobel de la paix en 1994.

 Fils d’un négociant en bois installé en Pologne, Szymon Persky – son nom pour l’Etat-civil – émigra en 1934 en Palestine, un territoire alors sous mandat britannique. Sa famille échappa ainsi à la Shoah pendant la deuxième guerre mondiale. Elevé dans le kibboutz de Ben-Chemem en Galilée, il suivit des études d’agriculture et adhéra au parti travailliste dont il gravit rapidement les échelons. Il changea son nom en Pérès qui signifie « aigle ». En 1947, il s’enrôla dans l’armée clandestine juive la Haganah qui luttait pour la création d’un Etat juif en Palestine.

L’aigle

 Chargé d’acheter des armes – une mission vitale mais secrète -, il noua de nombreux contacts à l’étranger, notamment en France. Après la guerre d’indépendance de 1948 et la naissance de l’Etat d’Israël, son mentor en politique et père de la nation David Ben Gourion le nomma directeur général du ministère de la défense. A ce poste essentiel, loin des projecteurs de la notoriété, Shimon Pérès fut l’un des créateurs de Tsahal, l’armée du jeune Etat. Il négocia l’achat d’’armes avec l’Union soviétique au début des années 1950 et la France avec laquelle il signa des contrats dès 1955. Les pilotes de l’armée de l’air israélienne volèrent ainsi sur des Ouragan et des Mirage. Des transferts de technologie – jamais confirmés – permirent également à Israël de se doter de l’arme atomique. Il fut l’un des artisans de la victoire israélienne de

 Nommé vice-ministre de la défense en 1959, Shimon Pérès fut élu pour la première fois député à la Knesset, le Parlement israélien, sous la bannière du Mapaï, une tendance de gauche au sein du parti travailliste. En désaccord avec Ben Gourion, il quitta le parti en 1965 et fonda le Rafi. La brouille l’écarta des fonctions ministérielles. Après une réconciliation survenue en 1968, Shimon Pérès fut nommé ministre de l’immigration en 1969, ministre des transports en 1970 et ministre de la défense en 1974 dans le gouvernement présidé par son rival de toujours Yitzhak Rabin. Quand ce dernier démissionna à la suite d’un scandale impliquant son épouse, Shimon Pérès lui succéda et occupa les fonctions de premier ministre pendant deux mois (avril-juin 1977). Les élections législatives amenèrent au pouvoir la droite (Likoud) dirigée par Menahem Begin pour la première fois depuis la création d’Israël. Chef du parti travailliste, Shimon Pérès devint le chef de l’opposition.

En prévision des élections prévues pour septembre 1984, et craignant l’émiettement politique qui rendrait Israël ingouvernable ou soumis aux diktats des petits partis charnières, Shimon Pérès et Yitzhak Shamir, le premier ministre du Likoud, décidèrent de constituer un gouvernement d’union nationale. Au terme de l’accord, Shimon Pérès devint le 13 septembre 1984 premier ministre, Yitzhak Shamir occupant le poste de vice-premier ministre, ministre des affaires étrangères. En octobre 1986, les deux hommes échangèrent leurs fonctions. Aux élections de 1988, les deux partis renouvelèrent leur accord. Shamir continua à occuper le fauteuil de premier ministre. L’ancien terroriste s’était bien assagi mais pas suffisamment aux yeux de Shimon Pérès qui souhaitait engager des discussions avec les Palestiniens et la Jordanie, selon le principe qui veut que l’on négocie la paix avec ses ennemis.

La colombe

Face à l’intransigeance du Likoud, les travaillistes quittèrent le gouvernement en 1990. Ils reprirent le pouvoir en 1992, après la victoire électorale 1992. Yitzhak Rabin qui s’était emparé de la direction du parti au détriment de Pérès devint premier ministre. Bon prince, il nomma son concurrent battu à la fonction de ministre des affaires étrangères. Le temps de la diplomatie commençait. Une première conférence internationale pour la paix au Proche-Orient, organisée à Madrid en octobre et novembre 1991 avait échoué en raison notamment, du nombre trop élevé des pays invités dont les intérêts divergents ne permirent pas de dégager un compromis. Shimon Pérès comprit que les Palestiniens et les israéliens devaient négocier en direct, sans s’en remettre à des tiers. Dans le plus grand secret, leurs délégués se rencontrèrent à Oslo, en Norvège. Au terme de longues et difficiles tractations, ils parvinrent à un accord qui prévoyait la fin de la lutte armée, la reconnaissance mutuelle, l’autonomie palestinienne, la poursuite des négociations pour aboutir à la création de deux Etats, un juif et un arabe. L’accord fut signé en grandes pompes le 13 septembre 1993 à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche. L’année suivante, Shimon Pérès partagea le prix Nobel de la paix avec Yitzhak Rabin et Shimon Pères, les deux autres signataires de l’accord. Homme politique respecté dans son pays et dans le monde, Shimon Pérès milita les années suivantes pour une solution à deux Etats : Israël et la Palestine.

Le 4 novembre 1995, il accompagna Yitzhak Rabin à Tel-Aviv, place des rois d’Israël où était organisée une manifestation populaire en faveur de la paix. Il quitta le meeting quelques minutes avant qu’un terroriste d’extrême-droite assassine le premier ministre. Dans ces circonstances dramatiques, il fut nommé premier ministre. Favorable à la poursuite du processus de paix malgré la multiplication des attentats terroristes sanglants perpétrés par des extrémistes palestiniens, Shimon Pérès fut battu aux élections législatives de mai 1996 par le chef de la droite Benyamin Netanyahou. Sa carrière politique semblait compromise. Le parti lui tourna le dos et lui choisit comme successeur Ehud Barak. Ce dernier remporta les législatives de 1999 et le nomma…ministre de la coopération régionale. Pérès retrouva un poste plus en rapport avec son passé prestigieux en 2001 dans un gouvernement d’union nationale dirigé par le très droitier…Ariel Sharon qui venait de remporter les élections anticipées. Cumulant les fonctions de vice-Premier ministre et de ministre des affaires étrangères, il amorça un virage sécuritaire, défendant en particulier la construction d’une « barrière de sécurité » et appuyant l’intervention américaine en Irak en 2003.

Le président de l’Etat d’Israël

 Après une nouvelle défaite du parti travailliste en 2003, Shimon Pérès dont la candidature à la tête du parti travailliste avait été rejetée par les adhérents, rejoignit le parti centriste Kadima, fondé par Ariel Sharon qui fut bientôt terrassé par un AVC. Après la victoire du nouveau parti en 2006, Shimon Pérès devint vice-Premier ministre du gouvernement de coalition avec les travaillistes, dirigé par Ehud Olmert. L’année suivante, Shimon Pérès fut élu par la Knesset président de l’Etat d’Israël, une fonction de représentation. Une manière pour la classe politique israélienne d’honorer un des pères fondateurs d’Israël. Il consacra son mandat de sept ans à défendre la sécurité de son pays et à tenter de ressusciter les « Accords d’Oslo ». Il affirmait avec force que la création d’un Etat palestinien était la seule alternative à la guerre.

 

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28 Septembre 2016 - 8:48am

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