Thérèse Clerc

  

16 Février 2016
feminin

Militante féministe, née le 9 décembre 1927 à Paris, décédée à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’âge de 88 ans. Mariée à 20 ans à un petit industriel, mère de quatre enfants, catholique pratiquante, sa vie changea au contact de prêtres ouvriers qui avaient été confrontés à la torture en Algérie au début des années 1960. Influencée par leurs récits, elle devint pacifiste et milita à Témoignage chrétien, un mouvement qui regroupait des chrétiens de gauche. Elle assista en spectatrice aux événements de Mai 68. L’année suivante, elle après 20 ans de mariage, elle divorça et adhéra au Mouvement de libération des femmes et au Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC).

Installée en 1974 à Montreuil, elle aimait accueillir dans son petit appartement des intellectuels de gauche et des militants communistes, socialistes ou gauchistes qui refaisaient le monde autour d’une bonne table. Thérèse Clerc s’engagea en faveur de la légalisation de l’avortement mais soulagea également de nombreuses femmes en détresse en pratiquant dans son logement des avortements clandestins, au risque d’être arrêté et sévèrement condamnée par la justice. Son attitude lui valut le surnom de « Thérèse de Montreuil ». En 2008, la République reconnut son action pionnière en faveur des droits des femmes. Elle reçut la légion d’honneur au Palais Bourbon, en présence notamment de Simone Veil qui avait fait voter en janvier 1975 la loi autorisant l’avortement.

 En 1999, elle créa la Maison des femmes qui accueillait des femmes de tous âges, victimes de violences conjugales ou en réinsertion. Elle engagea également un long marathon administratif et financier pour fonder une résidence pour femmes âgée. Au terme de quinze ans de démarches, avec l’appui du maire communiste de Montreuil et plus inattendu de Christine Boutin, alors ministre du logement, la Maison des Babayagas vit enfin le jour en 2013. L’établissement héberge une vingtaine de femmes, âgées de 60 à 80 ans.

 Dans le film Les invisibles (2012) de Sébastien Lifshitz, Thérèse Clerc avait témoigné de l’homophobie dont elle avait été victime en raison de son amour pour une autre femme.

Google news Référence: 
459
17 Février 2016 - 12:40pm

Le carnet
des jours précédents

21 Juin 2018

28 Mai 2018

28 Mai 2018

27 Mai 2018

22 Mai 2018