Thierry Lévy

  

30 Janvier 2017
masculin

Avocat français, né le 13 janvier 1945 à Nice (Alpes-Maritimes), décédé à Paris, à l’âge de 72 ans. Grande figure éloquente du barreau parisien, il milita avec d’autres confrères en faveur de l’abolition de la peine de mort. Il agit également pour améliorer les conditions de détention des prisonniers. Il présida la section française de l’Observatoire international des prisons.

Fils d’un journaliste de confession juive et d’une mère avocate au barreau de Paris convertie au catholicisme, Thierry Lévy et sa famille échappèrent à la Shoah. Après la guerre, il suivit de brillantes études de droit et devint avocat au barreau de Paris en 1969. En 1972, il fut commis d’office avec son confrère Rémy Crauste pour défendre Claude Buffet accusé avec Roger Bontemps d’avoir assassiné une infirmière, Nicole Comte, 35 ans, mère de deux enfants, et un gardien de prison, Guy Girardot, 27 ans, lors d’une prise d’otages survenue à la centrale de Clairvaux (Aube) en septembre 1971. Malgré leur défense, les deux avocats ne purent sauver la tête de leur client. Le 28 novembre 1972, ils assistèrent à l’exécution du condamné à mort. Thierry Lévy devint de ce jour un ardent abolitionniste. Aux côtés de ses confrères Robert Badinter et Henri Leclerc notamment, il fut de tous les combats en faveur de la suppression de la peine de mort.

 Considéré par ses pairs et par la presse spécialisée comme un des ténors du barreau, il obtint l’acquittement de Roger Knolbespiess, un ancien braqueur victime de l’acharnement policier et judiciaire qui devint un acteur et écrivain célèbre dans les années 1980. En 1990, il défendit l’assassin de René Bousquet. Il mit son talent au service de la cause de l’amélioration des conditions de détention des détenus, indignes selon lui d’un pays civilisé. Pendant plusieurs années, il présida la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP). Ses nombreux rappels à l’ordre adressés à l’institution judiciaires lui valurent de solides inimitiés. Il s’en moquait. Avocat solitaire n’ayant de comptes à rendre qu’à lui-même, il refusa tout compromis avec le politiquement correct, celui des professionnels, des corporations, des institutions. Il développa ses idées iconoclastes dans plusieurs essais : L’Animal judiciaire (1975), Le Droit chemin (1989), Eloge de la barbarie judiciaire (2004), Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons (2006). En 2008, il publia Lévy oblige dans lequel il s’élevait contre les préjugés attachés à son patronyme juif alors que tout jeune enfants il avait été baptisé et élevé dans la religion catholique. Il est également l’auteur avec Jean-Denis Bredin de Convaincre : dialogue sur l’éloquence, la Bible des jeunes avocats.

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30 Janvier 2017 - 4:13pm

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