Umberto Eco

  

20 Février 2016
masculin

Romancier et universitaire italien, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie (Piémont), décédé à Milan, à l’âge de 84 ans. Philosophe et  professeur de sémiologie (étude des signes et de leur signification), il connut la célébrité mondiale en publiant en 1980 le roman Le Nom de la rose vendu à 20 millions d’exemplaires.

 La vie d’Umberto Eco peut se diviser en deux parties. Diplômé en philosophie en 1954, auteur d’une thèse sur Le problème esthétique chez Thomas d’Aquin, il étudia en pionnier la sémiologie, une science expérimentale dont il devint le principal penseur en Europe. Il publia des ouvrages savants, pas tous traduits en français : L’œuvre ouverte (1962), La structure absente (1968), Le signe, histoire et analyse d’un concept (1971), Traité de sémiotique générale (1975). Il enseigna cette nouvelle discipline à Bologne, Florence, New-York, Sao Paulo, Buenos Aires.

 Respecté par ses pairs scientifiques mais inconnu du grand public, il entama la seconde partie de sa vie en devenant un géant de la littérature européenne et mondiale. A l’âge de 48 ans en 1980, il publia son premier ouvrage grand public Le Nom de la rose dont l’action se situait dans l’Italie médiévale qu’il avait étudiée en érudit. Contre toute attente, l’ouvrage qui mêlait cultures savante et populaire remporta un énorme succès critique et public. Traduit dans 43 langues, vendu à 20 millions d’exemplaires, le roman rendit célèbre Umberto Eco qui apparut dans les principales émissions littéraires de France, d’Italie et d’Europe où son érudition attirait de nombreux téléspectateurs. Plusieurs prix littéraires récompensèrent sa première œuvre : Strega en Italie, Médicis étranger en France. En 1986, le cinéaste français Jean-Jacques Annaud adapta le livre pour le grand écran – l’art populaire du signe par excellence- et remplit cette fois-ci les salles.

 Le second roman publié par Umberto Eco en 1988 Le Pendule de Foucault, confirma la place qu’occupait désormais l’écrivain dans la littérature. Les lecteurs se laissèrent emporter par cette fresque érudite et inclassable qui mêlait réalité historique et fiction, ésotérisme et occultisme. Ils patientèrent encore six ans avant de pouvoir lire L’île du jour d’avant (1994), un roman historique qui se déroulait au XVIIeme siècle dans le Pacifique sur une île située sur le méridien du changement de date. Il poursuivit dans la même veine historique avec Baudolino (2000) qui se déroulait sous le règne de Frédéric Barberousse. Ses derniers ouvrages ambitieux eurent moins de succès mais témoignaient de la parfaite maitrise de l’écrivain : La Mystérieuse flamme de la reine Loana dérouta les lecteurs qui furent surpris par le mélange de textes, de bandes dessinées, de photos, d’affiches publicitaires. Il renoua avec le succès – notamment dans les pays de langue hispanique – avec Le Cimetière de Prague (2010) en abordant le thème du mensonge et du complot à la fin du XIXeme siècle. Son œuvre romanesque ne prit pas le dessus sur son travail de savant. En 1992, celui qui était surnommé par la presse italienne « l’homme qui savait tout » fut titulaire de la chaire européenne au Collège de France. Il publia de nombreux essais – une quarantaine pour six romans - : Lector in Fabula (1979), Les limites de l’interprétation (1990), La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne (1993), Histoire de la laideur (2007), Histoire de la beauté (2008).

 Atteint d'un cancer, Umberto Eco se fit moins présent ces dernières années. En 2015, beaucoup de ses admirateurs crurent qu'il avait vaincu le mal qui le rongeait quand il s’exprima de nouveau dans les colonnes des journaux et apparut dans les émissions littéraires, à l’occasion de la parution en mai de son dernier roman Numéro Zéro, une réflexion sur le journalisme critique dont il était un défenseur vigilant et un ardent propagandiste.

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20 Février 2016 - 8:09am

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