Yves Bonnefoy

  

2 Juillet 2016
masculin

Poète français, né le 24 juin 1923 à Tours (Indre-et-Loire), décédé à Paris, à l’âge de 93 ans. Fils d’un ouvrier et d’une institutrice, Yves Bonnefoy poursuivit de brillantes études de mathématiques et de philosophie à Tours puis à la Sorbonne à Paris où il s’installa en 1943. Proche du mouvement surréaliste, il côtoya ses principaux représentants dont leur chef charismatique André Breton et fonda en 1945 la revue La Révolution la nuit. En 1947, il s’affranchit de la tutelle des surréalistes en refusant de signer le manifeste « Rupture inaugurale ». Ne pouvant concevoir d’être inféodé à une chapelle littéraire, il vola de ses propres ailes.

Connu dans un cercle restreint – il avait publié en 1946 Traité du pianiste et en 1947 Anti-Platon -, il se fit connaitre d’un public plus large en 1953 avec Du mouvement et de l’immobilité de Douve, un recueil de courts textes alternant avec des poèmes. Maurice Nadeau, le patron des Lettres Nouvelles, salua « le premier recueil d’un grand poète ». Personnage multiple, Yves Bonnefoy confirma les décennies suivantes le jugement du critique. Il ne cessa jamais de publier : des recueils de poésie (Hier régnant désert en 1958, Pierre écrite en 1965, Ce qui fut sans lumière en 1987, Les planches courbes en 2001, Raturer outre en 2010), des essais sur l’art, la poésie et les artistes (L’improbable en 1959, Arthur Rimbaud en 1961, Un rêve fait à Mantoue en 1967, Rome 1630 : l’horizon du premier baroque en 1970, Baudelaire en 2000). Polyglotte, parlant et écrivant de nombreuses langues, il traduisit en français la plupart des œuvres du dramaturge anglais Shakespeare, du poète italien Leopardi, de Pétrarque, de Yeats, de Séféris.

 Yves Bonnefoy fut aussi un formidable passeur de savoirs. Il enseigna dans de nombreuses universités françaises (Vincennes, Nice, Aix) et étrangères (Genève). En 1981, il fut élu au Collège de France pour occuper la chaire d’études comparées de la fonction poétique. Sa leçon inaugurale – La présence et l’image – fut publiée de même que les textes féconds de ses cours et colloques (Poésie et rhétorique en 1997, Poésie, mémoire et oubli en 2005). Auteur d’une œuvre abondante comportant plus d’une centaine de recueils de poèmes, d’essais, de récits, Yves Bonnefoy reçut de nombreuses récompenses littéraires tout au long de sa vie dont le Prix de poésie de l’Académie française en 1981 et le Prix Goncourt de la poésie en 1987. Mais, sa plus grande récompense fut sans doute d’apprendre que son livre Les Planches courbes fut inscrit au programme du baccalauréat littéraire en 2006 et 2007.

 Comme pour défier la vieillesse et la mort, Yves Bonnefoy écrivit jusqu’au bout. Cette année encore, il publia L’écharpe rouge et Ensemble encore qui sonne comme une demande à relire ses livres ou à les découvrir.

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2 Juillet 2016 - 8:41am

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