Yves Guéna

  

3 Mars 2016
masculin

Homme politique français, né le 6 juillet 1922 à Brest (Finistère), décédé à Paris, à l’âge de 93 ans. Résistant de la première heure, député puis sénateur de 1962 à 1997, président du Conseil constitutionnel de 2000 à 2004, il resta toute sa vie fidèle à la personne et aux idées du général de Gaulle.

 Yves Guéna fut l’un des premiers français libres à avoir répondu à l’appel du général de Gaulle, lancé sur les ondes de la BBC le 18 juin 1940. Dès le lendemain, le lycéen brestois de 17 ans embarqua sur un chalutier pour rejoindre le Royaume-Uni. Après une formation militaire, il fut affecté au 1er régiment de marche de spahis marocains. Il connut son baptême du feu en octobre 1942 lors de la seconde bataille d’El Alamein, remportée par les alliés face aux germano-italiens commandés par Erwin Rommel. Elevé au grade de lieutenant, il rejoignit la 2e Division blindée du général Leclerc. En 1944, il combattit les Allemands en Normandie avec son unité et fut grièvement blessé à La Hutte

 Après des études réussies à l’Ecole nationale d’administration (ENA) dont il sortit major de sa section, il entama une carrière de haut-fonctionnaire. Contrôleur civil au Maroc puis maître de requêtes au Conseil d’Etat, il servit la IVe République pendant la « traversée du désert » du général de Gaulle. Après le retour au pouvoir de l’ancien chef de la France libre en 1958, Yves Guéna devint le directeur de cabinet du ministre de la justice Michel Debré, chargé de rédiger la Constitution de la Ve République. En 1959, il suivit son mentor à l’hôtel Matignon quand ce dernier fut nommé premier ministre, avant de revêtir l’uniforme de haut-commissaire de la Côte d’Ivoire qu’il mena à l’indépendance avant d’en être le premier ambassadeur de France.

 En 1962, le serviteur de l’Etat gaulliste décida de défendre ses idées en se présentant aux élections législatives. Il choisit d’affronter la gauche dans la 1ercirconscription de Dordogne d’où était originaire son épouse Oriane de La Bourdonnaye-Blossac. Mis en ballotage, il remporta l’élection au second tour avec seulement 16 voix d’avance sur son adversaire communiste. Il fut réélu à toutes les élections législatives jusqu’en 1981 où il ne put résister à la « vague rose » qui suivit l’élection de François Mitterrand et abandonna son siège à Roland Dumas.

 Entretemps, entre 1967 et 1974, sous les présidences Charles de Gaulle qu’il avait rencontré pour la première fois en juillet 1940 et de Georges Pompidou, il occupa plusieurs postes ministériels : postes et télécommunications en 1967, information en 1968, transports puis industrie en 1969. Elu en 1971 maire de Périgueux qu’il administra jusqu’en 1997, secrétaire général adjoint du parti gaulliste l’UDR en 1974, secrétaire général en 1976, Yves Guéna fut un des « barons gaullistes » à soutenir Jacques Chirac au moment de la fondation du RPR en 1976. Les années suivantes, ses relations politiques et personnelles se tendirent avec l’ancien premier ministre de Giscard. En 1979, il démissionna de la direction du RPR dont il dénonçait l’absence de concertation. En 1981, il soutint à l’élection présidentielle Michel Debré, un candidat qui selon ses dires incarnait mieux que Chirac les valeurs du gaullisme.

 Isolé sur le plan politique, incarnant le gaullisme des temps héroïques peu adapté au monde contemporain, Yves Guéna devint sénateur de la Dordogne en 1989. En 1992, favorable à « l’Europe des nations » et opposé à l’intégration européenne, il appela ses « compagnons gaullistes » à voter « non » lors du référendum convoqué par François Mitterrand sur le traité de Maastricht.

En 1993, le président du Sénat René Monory le sortit du relatif oubli dans lequel il était tombé en le nommant membre du Conseil constitutionnel. Yves Guéna qui contestait le « gouvernement des juges » se « rallia » à la proposition. Les circonstances le mirent en première ligne en 1999. Accusé par la justice de corruption, le président du Conseil constitutionnel Roland Dumas dut quitter ses fonctions. Yves Guéna, doyen d’âge, lui succéda. Il présida l’institution jusqu’en 2004, terme de son mandat. Jacques Chirac le nomma alors à la tête de l’Institut du monde arabe. Il présida également jusqu’en 2011, la Fondation de la France libre dont il fut un des plus brillants représentants.

Google news Référence: 
282
3 Mars 2016 - 1:15pm

Le carnet
des jours précédents

7 Janvier 2018

4 Janvier 2018

6 Décembre 2017

5 Décembre 2017

4 Décembre 2017