Al Capone

Il est décédé le 

Elle est décédée le

25 Janvier 1947
Alphonse Capone. Illustration de Marc Daniau

Gangster américain d'origine italiennené le 17 janvier 1899 à New York, décédé à Miami (Floride), à l’âge de 48 ans. Le petit délinquant s'enrichit en violant la loi sur la prohibition de l'alcool. Il devint le chef de la mafia de Chicago. Le policier Eliott Ness le fit tomber pour fraude fiscale.

 Fils de Gabriele Capone, un barbier napolitain, et de Teresina, une couturière originaire de la ville de Salerno, qui émigrèrent aux Etats-Unis en 1893, Alphonse Gabriel Capone naquit dans le quartier italien de Brooklyn, à New York. Son père, un honnête homme qui croyait au rêve américain, ne plaisantait pas avec le respect de la loi. Sa mère, une catholique pratiquante ne jurait que par la Madone. Rien dans son ascendance ne laissait supposer que le jeune garçon deviendrait la figure emblématique du gangster américain, célèbre dans le monde entier. Teresina donna naissance à neuf enfants. Elle inscrivit Alphonse dans une école catholique réservée aux immigrés, au règlement sévère. Le jeune Capone y poursuivit des études brillantes jusqu’à l’âge de 14 ans, date à laquelle on l’exclut de l’établissement pour avoir frappé un enseignant. Pendant l’adolescence, il gagna sa vie en travaillant dans une épicerie et en se faisant embaucher ici et là. Son destin bascula quand sa route croisa celle d’un voisin également d’origine italienne. Giovanni (Johnny) Torrio, son ainé de dix-sept ans, contrôlait dans le quartier plusieurs bordels et autres tripots clandestins. Il faisait office de patron local de la pègre. Alphonse lui rendit des menus services aux frontières de la légalité. Son père Gabriele veillait à le maintenir dans le droit chemin.

 En 1917, Torrio quitta définitivement New York pour Chicago. Après avoir prêté main forte à l’époux de sa tante dont l’affaire de maisons closes était menacée par des rivaux, il monta ses propres affaires. Mais avant de partir, il recommanda le jeune Capone à un chef de bande Frankie Yale. Ce dernier engagea Al comme barman dans le bar qu’il contrôlait sur l’île de Coney island. Occasionnellement, Al jouait les videurs. Un emploi légal mais non sans danger. Une nuit, une histoire de fille insultée provoqua une bagarre avec un chef mafieux, à l’entrée de l’établissement. Al Capone reçut à la joue gauche trois coups de rasoir. Les cicatrices lui vaudront par la suite le surnom de Scarface (balafré). La petite histoire retiendra que des années plus tard, l’auteur des mauvais coups deviendra … le garde du corps de Capone.

Une petite frappe

A cette époque, Al Capone n’avait pas encore basculé dans l’illégalité. Fin 1918, il épousa une irlando-américaine Mae Coughlin (1899- 1986) qui lui donna un fils prénommé Albert Francis. Le couple déménagea à Baltimore où Alphonse trouva un emploi de comptable dans une entreprise locale. Une vie d’américain de la middle classe s’ouvrait devant lui. Etait-ce cela le rêve américain qui avait motivé l’émigration de ses parents ? Deux événements changèrent la vie d’Al Capone : la mort de son père Gabriele en décembre 1920 le libera de la tutelle paternelle ; l’entrée en vigueur la même année de la loi prohibant l’alcool sur tout le territoire des Etats-Unis ouvrit un marché clandestin dans lequel allaient s’engouffrer les diverses mafias.

 Al abandonna son métier de comptable. Il accepta de rejoindre à Chicago, son mentor des années newyorkaises Johnny Torrio. A la tête d’un gang puissant, il contrôlait désormais le trafic des jeux, la prostitution et la distribution illégale de la bière dans des bars clandestins qui pullulaient dans la ville. Selon des témoignages, Al commença au bas de l’échelle comme rabatteur dans un bordel. Deux ans plus tard, il devint le bras droit de Torrio. A cette époque, il se lia d’amitié avec Jake Cuzik, un juif d’origine polonaise, dont la famille contrôlait un réseau de prostitution. L’affection qu’il portait à son nouvel ami le conduisit un jour à abattre à coup de révolver un braqueur qui avait tenu en sa présence des propos antisémites. Arrêté par la police, Al Capone fut bientôt relâché. Les nombreux témoins de la scène qui s’était déroulée dans un restaurant bondé perdirent opportunément la mémoire.

 Le gang étendit sa toile sur la ville. Mais, le nouveau maire de la mégapole décida de lutter contre le crime organisé. Fervent prohibitionniste, il fit fermer les bars clandestins et les maisons closes. Torrio et son adjoint Capone durent se replier dans la ville de Cicero située dans la banlieue sud de Chicago. Les deux hommes comprirent qu’ils devaient avoir les politiciens de leur côté. En 1924, ils soutinrent l’élection du candidat républicain à la tête de Cicero. En échange, le maire ferma les yeux sur leurs activités illégales. Au cours de la campagne, un des frères de Capone prénommé Frank fut tué au cours d’un échange de coups de feu avec des policiers en civil. Le gangster croyait avoir affaire à une bande rivale. Cette méprise ne freina pas l’ascension d’Al Capone et des autres organisations criminelles. Des conflits territoriaux les opposaient. En 1925 Johnny Torrio fut victime d’une tentative d’assassinat. Il échappa à ses tueurs mais décida, fortune faite, de retourner en jouir en Italie. Il méritait bien le surnom de Fox (renard) qu’on lui avait attribué. Il laissa les commandes du gang à Al Capone.

Le chef de la mafia

Maître de Cicero, Al Capone décida de  retourner à Chicago. Il présida d’une main de fer l’Outfit, nom donné à l’organe de contrôle des activités criminelles de Chicago. Ce véritable syndicat du crime composé d’affranchis et d’associés répartissait les secteurs entre les différentes familles mafieuses et décidait des activités illicites de chacun. La Commission tranchait les conflits et chaque famille membre versait une cotisation. Dirigée depuis sa création en 1910 par des italo-américains et notamment Al Capone, l’organisation avait nommé au poste de financier Jake Cuzik. L’ami de Capone occupera cette une fonction pendant plusieurs décennies.

 La plupart des gangs qui avaient pignon sur rue acceptaient bien volontiers la tutelle de l’Outfit. L’organisation criminelle leur garantissait l’ordre dans leurs affaires et les protégeait  face à des concurrents déloyaux. En revanche, les nouveaux venus qui souhaitaient se faire une place au soleil contestaient son autorité. Les autres familles refusaient souvent de se serrer pour leur permettre de s’implanter dans la ville ou d’y développer une nouvelle activité (exemple la drogue). En 1929, un groupe composé d’une majorité d’Irlandais dirigé par Bugs Moran passa outre aux interdictions du syndicat et ambitionna de se tailler un fief dans le nord de Chicago. Al Capone décida de les éliminer en les attirant dans un piège. Un de ses hommes proposa à Moran de leur vendre un camion contenant une cargaison de whisky. La transaction  devait avoir lieu dans un garage isolé de la ville. Confiant, les Irlandais au nombre de sept rejoignirent le lieu de rendez-vous qu’on leur avait indiqué. A l’heure prévue, le matin du 14 février 1929, jour de la Saint-Valentin, une Cadillac pénétra dans le bâtiment. Trois hommes en tenue de policiers et armés de mitraillettes et deux autres en civil descendirent du véhicule. Les Irlandais crurent avoir été trahis. Ils n’opposèrent pas de résistance et s’alignèrent contre le mur à la demande des « policiers ». Ces derniers les abattirent tous les sept. Leur chef Bugs Moran opportunément retardé échappa au massacre.

 Quand les vrais policiers arrivèrent, six irlandais étaient morts. Le septième, touché par quatorze balles vivait encore et affirma : « Personne ne m’a tiré dessus ». Il décéda trois heures plus tard. La presse nationale s’empara de l’affaire et en fit ses choux gras pendant plusieurs jours. Tous les yeux se tournaient vers Al Capone, le seul commanditaire possible du massacre. Interrogé par la police, le parrain de la mafia de Chicago nia toute participation et présenta un alibi : le jour de l’assassinat il prenait le soleil en Floride, ce qui se révéla exact. Pour calmer l’opinion publique et le protéger de possibles représailles de ses ennemis, la police lui proposa un arrangement qu’il accepta. On l’inculpa de port d’armes prohibé. Condamné à 9 mois de prison, Capone fit aménager sa cellule de façon luxueuse.

 En 1931, sa sortie de prison coïncida avec l’apogée de sa puissance. Le revenu tiré du racket, du trafic d’alcool, de la prostitution et des jeux illégaux s’élevait à plusieurs millions de dollars par semaine. Considéré par les autorités comme l’ennemi public numéro un, il tenta d’améliorer son image de marque dégradée après le massacre de la Saint-Valentin en finançant une soupe populaire après le krach boursier d’octobre 1929 qui avait jeté à la rue des dizaines de milliers d’habitants de Chicago. Eliott Ness, un policier fédéral appartenant au ministère des finances réunit autour de lui des agents « incorruptibles » pour faire tomber le parrain de Chicago. Il se rendit compte qu’il ne parviendrait jamais à l’arrêter pour meurtre, racket ou trafic d’alcool. Il se concentra sur les revenus perçus par Capone et ses dépenses. Il n’eut aucun mal à prouver que le train de vie du chef de la mafia était nettement supérieur aux sommes déclarés au trésor public. Le 5 juin 1931, on l’inculpa pour fraude fiscale et violation de la loi sur la prohibition. Le juge refusa de le libérer contre le paiement d’une caution et de négocier dans le cadre du plaider-coupable. Le 24 octobre 1931, Al Capone fut condamné à 17 années de prison dont 11 fermes.

 Placé en détention dans la prison d’Alcatraz en Californie, il tomba malade. Souffrant depuis plusieurs années de syphilis, sa santé s’aggrava. Finalement, en novembre 1939, il obtint une libération anticipée et sous condition pour raison médicale. Il mourut sept ans plus tard dans son lit, à l’âge de 48 ans.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Théodore Géricault

masculin
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