Alfred Hitchcock

Il est décédé le 

Elle est décédée le

29 Avril 1980

Cinéaste britannique naturalisé américain en 1955, né le 13 août 1899 à Londres, décédé à Los Angeles, à l’âge de 80 ans. Maitre du suspense, de la malice et de l’humour, il réalisa une cinquante de films en 60 ans de carrière dont de nombreux chefs-d’œuvre du septième art (Sueurs froides, La Mort aux trousses, Psychose, Les Oiseaux). Il influença de nombreux cinéastes dont ceux de la Nouvelle vague. 

Fils d’un marchand de volailles catholique, Alfred Hitchcock fut élevé à la dure. Après des études chez les jésuites, il travailla au début des années 1920 pour la publicité en qualité de graphiste. Embauché par le studio d’Islington, il dessina les titres, intertitres et les textes, intercalés entre les différentes scènes des films muets. Imaginatif, bouillant d’idées nouvelles à une époque où le septième art restait à inventer, il fut remarqué par le producteur Michael Balcon. A son initiative, Hitchcock apprit le métier de cinéaste sur le tas : assistant à la mise en scène, directeur artistique, monteur. En 1922, il réalisa son premier film Number Thirteen dont le peuple londonien fut le principal acteur. Il accompagna en Allemagne le réalisateur Graham Cutts parti travailler dans les studios de Berlin. Il découvrit à cette occasion l’expressionnisme allemand de Friedrich Murnau et de Fritz Lang, deux cinéastes qui influençèrent durablement ses propres œuvres ultérieures. De retour à Londres, il mit en scène en 1927 le personnage de Jack l’Eventreur dans Les Cheveux d’or, son premier « vrai » film. L’arrivée du parlant l’enchanta même s’il scella la fin de son ancien métier de titreur. Avec Chantage en 1929, il s’imposa comme le maitre du suspense. Un « ingrédient » qu’il utilisa avec subtilité dans ses films suivants qui furent de grands succès critique et populaire au Royaume-Uni : A l’est de Shanghai (1932), L’homme qui en savait trop (1934) Les 39 marches (1935), Jeune et innocent (1937), Une femme disparait (1938), La Taverne de la Jamaïque (1939).

A la conquête d’Hollywood

Considéré comme le maitre du « thriller », il intéressa les studios d’Hollywood. Le producteur d’Autant en emporte le vent David O’Selznick lui proposa de venir travailler aux Etats-Unis. Alfred Hitchcock accepta de relever le défi. Sans doute considéra-t-il que le déclenchement de la seconde guerre mondiale en Europe le mettrait au chômage technique. Il s’installa en Californie avec son épouse Alma Reville, sa fille unique Patricia et sa secrétaire Joan Harrison qui devint productrice. Le cinéaste inaugura en 1940 sa période américaine en adaptant Rebecca, le roman de Daphné du Maurier. Le film interprété par Joan Fontaine et Laurence Olivier se déroulait dans la Cornouilles. Apprécié des critiques, plébiscité par le public, Rebecca remporta l’Oscar du meilleur film, une distinction qui récompensait en fait…le producteur. Pour un coup d’essai, ce fut néanmoins un coup de maître. Hitchock retrouva Joan Fontaine en 1941 pour Soupçons. Elle y interprétait une épouse suspicieuse et donnait la réplique à un Cary Grant aussi séduisant qu’ambigu dans le rôle d’un flambeur prêt à tout pour s’enrichir. Nouveau succès. Cette même année, il tourna sa seule comédie Joies Matrimoniales. Lors du tournage, l’actrice Carole Lombard inscrivit sur des ânesses son nom et celui de l’interprète masculin Robert Montgomery. Une manière de se moquer du metteur en scène qui selon la rumeur aurait déclaré : « les acteurs sont du bétail ». En 1976, Hitchcock démentit avoir porté un tel jugement : « C'est un mensonge éhonté. Je n'ai jamais dit une chose pareille. C'est très grossier. Sans doute ai-je dit que les acteurs devaient être « traités comme » du bétail. ». Un humour tout britannique pour cette rectification-confirmation. En réalité, le cinéaste imposait à ses acteurs de jouer selon ses seules consignes. Il récusait l’improvisation et les principes et techniques d’interprétation théâtrale ou cinématographique enseignés par l’Actors Studio. Le cinéaste français Jean Renoir lui en voulut de minimiser ainsi l’importance des comédiens.

 De 1941 à 1945, sans jamais réaliser de film de guerre, le conflit mondial fut présent dans plusieurs de ses films : Cinquième colonne (1942), une histoire sur un ouvrier une usine d’arment injustement d’’être accusé un saboteur au service de l’ennemi, Aventure malgache (1944) et Bon voyage, deux court-métrages britannique de propagande. Dans le drame psychologique Lifeboat, neuf personnes tentaient de survivre dans un canot de sauvetage après le torpillage de leur navire par un sous-marin allemand. Des tensions apparaissaient entre les naufragés. Selon la tradition qu’il s’imposait, le cinéaste s’efforçait de toujours apparaitre dans ses films sous la forme d’une silhouette furtive. Comment respecter la tradition du caméo dans ce huis-clos maritime ? Hitchcock envisagea de jouer le rôle d’un mort flottant sur les eaux après le naufrage du navire. Jugeant l’idée morbide, il choisit avec humour de figurer sur un journal lu par un des naufragés. Deux photos illustraient une publicité en faveur d’un produit amaigrissant. Dans la réalité, un sévère régime lui avait fait perdre 40 kilos.

Un géant du cinéma mondial

 Après la guerre, Hitchcock renoua avec le succès. Il enrôla Ingrid Bergman pour La Maison du docteur Edwardes (1945), Les Enchaînés (1945) et Les Amants du Capricorne (1949). Le cinéaste réalisa ses chefs-œuvre : L’inconnu du Nord-Express (1951), La Loi du silence (1953) avec Montgomery Clift, Le Crime était presque parfait (1954) avec Grâce Kelly, héroïne hitchcockienne qu’il dirigea dans Fenêtre sur cours (1954), avec James Stewart, La Main au collet (1955) avec Cary Grant, L’Homme qui en savait trop (1958) avec son acteur fétiche James Stewart. Adulé par les critiques et le public, considéré comme le maître inégalé du suspense et de l’humour, il enthousiasma ses fidèles en mettant en scène les inoubliables Vertigo (1958) où une duale Kim Novak donnait la réplique à James Stewart, La Mort aux trousses ou Cary Grant tentait d’échapper aux griffes du traitre James Mason et s’entichait d’une blonde platine Eva Marie Saint. En 1960, Hitchcock effraya le public avec Psychose, un thriller psychologique original qui singeait les codes du film d’horreur. Interprété par un Anthony Perkins « habité » par le rôle du psychopathe tueur et une Janet Leigh qu’il fit mourir au bout de quarante-cinq minutes, dans une scène d’assassinat mémorable sous la douche, le film remporta un grand succès mondial. Le cinéaste savoura son triomphe mais peina à trouver une idée originale pour un nouveau long métrage. Daphné du Maurier dont il avait adapté le livre Rebecca vint à son secours. Il découvrit son roman Les Oiseaux écrit en 1952. Il décida en 1963 de l’adapter pour le grand écran. Le film joué par Rod Taylor et l’ancien mannequin à la chevelure blonde Tippi Hedren devint un film culte. L’œuvre lança le genre « films d’invasion ». En 1964, le cinéaste engagea Tippi Hedren pour son dernier grand triomphe Pas de printemps pour Marnie. Les années suivantes, Hitchcock se fit plus rare. Son âge d’or était passé. Le Rideau déchiré (1966) avec Paul Newman et Julie Christie, L’Etau (1969), un film d’espionnage avec notamment Michel Piccoli, Philippe Noiret et Claude Jade, Frenzy (1972), tourné à Londres, et Complot de famille (1976), son dernier film, remportèrent des succès d’estime mais furent boudés par les spectateurs

Cinéaste rentable – il contribua à enrichir les studios d’Hollywood -, apprécié du public - des centaines de millions de spectateurs se pressèrent dans les salles de cinéma -, il conquit les cinéphiles et les cinéastes de la Nouvelle vague qui reconnurent son génie. Dans Le Cinéma selon Hitchcock, François Truffaut écrivit : « Son œuvre est à la fois commerciale et expérimentale, universelle comme le Ben Hur de William Wyler et confidentielle comme Fireworks de Kenneth Anger. » Les décennies suivantes, après avoir étudié son œuvre plan après plan, de nombreux historiens du cinéma jugèrent qu’il était un pionnier de l’avant-garde cinématographique. Etonnamment, si son producteur ou ses acteurs reçurent des prix, le cinéaste n’obtint jamais aucune récompense individuelle. Il dut attendre l’année 1968 pour recevoir un Oscar d’honneur. Le cinéaste s’en moquait sans doute. Le public l’avait adoubé et la postérité a fait le tri entre le bon grain et l’ivraie.

J.-P.G.

Demain : Patachou

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