Armand Barbès

Il est décédé le 

Elle est décédée le

26 Juin 1870

Homme politique français, né le 18 septembre 1808 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), décédé à La Haye (Hollande), à l’âge de 61 ans. Infatigable militant de la cause de la République sociale, il participa à l’insurrection du 12 mai 1839 contre Louis-Philippe 1er. Condamné à la prison à perpétuité, il fut libéré lors de la révolution de 1848. Accusant les nouveaux dirigeants de trahison, il fut condamné de nouveau pour avoir voulu renverser le gouvernement. Amnistié en 1854, il s’exila aux Pays-Bas.

Fils ainé d’un chirurgien de l’armée napoléonienne muté en Guadeloupe en 1801, Armand Barbès s’installa avec sa famille à Carcassonne après la chute du premier empire. En rupture avec son milieu social – la bourgeoisie aisée – il défendait des idées républicaines mais également socialistes. « Monté » à Paris pour étudier le droit – de préférence à la médecine – il se retrouva bientôt à la tête d’une fortune après le décès de ses parents. N’ayant plus besoin de travailler pour vivre, il se consacra à sa mission principale : conspirer pour abattre la monarchie de juillet qui avait « volé » la révolution de 1830. Membre de la Société des droits de l’homme, proche de Godefroi Cavaignac, il participa à l’émeute du 13 avril 1834 organisée pour protester contre la loi d’exception frappant les associations. Le quartier du Marais se couvrit de barricades. L’armée fut chargée de les réduire. Un coup de feu parti de l’immeuble du 12 de la rue Transnonain fut le prétexte qu’attendait la troupe pour bombarder au canon la bâtisse et pour massacrer les habitants pendant leur sommeil. Cent soixante-quatre « rebelles » furent arrêtés et transférés à la prison Sainte-Pélagie. Parmi eux figurait Armand Barbès. Il recouvra la liberté l’année suivante et reprit ses complots avec Cavaignac qu’il aida à libérer 27 militants républicains emprisonnés à Sainte-Pélagie. Il se lia d’amitié également avec Auguste Blanqui, un ardent révolutionnaire prolétarien. Il fonda deux sociétés secrètes, la Société des Vengeurs et la Société des familles qui recruta des membres au sein des étudiants, des artisans parisiens et des membres de la garde nationale. Dans son projet de préparer une insurrection, Barbès transforma son appartement en armurerie. Il confectionnait des cartouches avec de la poudre volée. Sur les dents depuis l’attentat raté de Fieschi contre Louis-Philippe en juillet 1836, la police craignait les « machines infernales ». Sans doute prévenue par des informateurs, elle réalisa une descente chez Barbès et découvrit l’arsenal. Le comploteur ainsi que Blanqui qui était tombé dans le raid furent condamné à un an de prison. Libérés après quelques mois, les deux hommes se séparèrent. Barbès rentra à Carcassonne d’où le rappela un an plus part Barbès. En 1838, les deux hommes fondèrent l’organisation secrète la Société des Saisons. Les deux révolutionnaires républicains étaient convaincus qu’un groupe d’homme déterminés, bénéficiant de complicités dans l’appareil d’Etat et dans l’armée pouvait renverser la monarchie de juillet. Il fallait attendre que le fruit fût mur pour le cueillir.

 Ils crurent ce moment arrivé en avril- mai 1839. Une crise ministérielle et parlementaire créa l’illusion d’une vacance du pouvoir au sommet de l’Etat. Auguste Blanqui et Armand Barbès, et leurs amis de la société des Saisons jugèrent que le pouvoir était à prendre. Ils tentèrent un coup de force le 12 mai 1839. Les quatre-cent insurgés s’emparèrent du Palais de justice et de l’Hôtel de ville. En revanche, ils échouèrent à occuper la Préfecture de police. Une rapide et violente répression vint à bout de l’insurrection. On releva une cinquantaine de tués et deux cents blessés. L’armée arrêta Barbès. En fuite, Blanqui tomba dans les mailles du filet policier après une traque de cinq mois. Le 14 janvier 1840, le tribunal les condamna à la peine de mort. Les deux hommes attendaient leur exécution quand ils apprirent que leur peine avait été commuée en détention perpétuelle, après l’intervention notamment de Victor Hugo. L’échec de l’insurrection provoqua un divorce politique entre Barbès et Blanqui.

Libérés par les républicains en février 1848

Ils méditaient sur les raisons de leur échec dans la prison du mont Saint-Michel où ils croupissaient quand le coup de tonnerre de la Révolution de février 1848 permit leur libération. Nommé colonel de la garde nationale du douzième arrondissement, Barbès se rapprocha d’abord de Lamartine qui avait proclamé la Deuxième république et de Ledru-Rollin, membre dominant avec François Arago du gouvernement provisoire républicain. Mais bientôt les divergences apparurent entre l’exécutif modéré, soumis aux dures pressions des financiers et des industriels et l’extrême-gauche républicaine et socialiste qui dénonçait l’abandon des réformes sociales au profit des travailleurs. Blanqui, Raspail et Barbès accusaient avec vigueur les membres du gouvernement de trahir les engagements pris devant le peuple. Les élections législatives organisées selon le mode du scrutin universel masculin avaient été convoquées pour le 23 avril. Elles allaient permettre de trancher démocratiquement entre les différents programmes. Le résultat constitua une surprise pour l’extrême-gauche qui croyait à la victoire. Appelés à trancher entre les différentes politiques proposées, les électeurs approuvèrent la ligne plutôt conservatrice prônée par le gouvernement. Sur les 900 élus, 300 appartenaient aux partis monarchistes, 500 professaient des idées modérées et 100 s’affirmaient socialistes ou radicaux. Le 4 mai, les députés proclamèrent solennellement de nouveau la République « au nom du peuple français et à la face du monde ». L’assemblée nomma une Commission exécutive de cinq membres. Arago la dirigea de facto avec le titre de président. Elle était composée de Lamartine, de Ledru-Rollin, de Garnier-Pagès et de Marie. Plusieurs ministres l’assistait dont le général Louis-Eugène Cavaignac à la guerre. Louis Blanc, l’ouvrier Albert et la gauche républicaine étaient éliminés. La république bourgeoise triomphait.

 Le 15 mai, sous le prétexte de manifester en faveur de la Pologne - menacée d’un nouveau partage par la Prusse et la Russie -, plusieurs dizaines de milliers de républicains conduits par Blanqui, Barbès, Raspail et Albert se massèrent devant la Chambre des députés et conspuèrent les députés qui refusaient d’intervenir. Barbès appela la foule à rejoindre l’Hôtel de ville. Souhaitait-il détourner les manifestants pour préserver l’Assemblée comme le croyait Blanqui ? Envisageait-il d’y installer un pouvoir insurrectionnel, une sorte de Commune, comme le prétendirent ses proches ? Difficile de trancher. La décision aboutit à l’échec du mouvement qui fut réprimé par la Garde nationale. Les quatre organisateurs furent arrêtés, les clubs fermés.

Emprisonné en mai 1848

Le pire était à venir. Pendant que Barbès était de nouveau en prison, les députés confièrent les pleins pouvoirs au général Cavaignac pour écraser les ouvriers en révolte contre la dissolution des « ateliers nationaux » qui les plongeait dans le chômage et la misère. Le militaire mobilisa les régiments cantonnés dans les environs de Paris. Ses 50 000 hommes passèrent à l’offensive contre les révoltés. La bataille des rues tourna au massacre. Quatre mille ouvriers périrent dans les combats. Une répression impitoyable suivit la prise des barricades. Mille cinq cents insurgés désarmés furent fusillés sans jugement. Du côté de l’armée on releva 1600 tués dont 6 généraux. Enfin rassurée, l’Assemblée proclama le 26 juin que le général Cavaignac « avait bien mérité de la patrie ».

 Barbès n’attendait aucune indulgence des nouveaux maitres du pays. Il accepta avec courage son sort ce qui lui valut le surnom de « Bayard de la démocratie ». Prisonnier sous la monarchie, la Seconde République, il le resta sous le Second Empire. En 1854, après quinze ans de détention sauf quelques semaines en 1848, Napoléon III gracia Barbès. Le révolutionnaire ne voulut rien devoir au nouveau maitre du pays dont il désapprouvait la politique. Il s’exila à la Haye (Pays-Bas), où il mourut le 26 juin 1870, quelques mois avant le rétablissement de la République.

J.-P.G.

Demain : Jack Lemmon

masculin
Google news Référence: 
551
31 Mars 2017 - 6:13pm

Une vie, un portrait du jour

25 Mai 1946

25 Mai 1954

25 Mai 2014

Une vie, un portrait du jour

25 Mai 2001

Alberto Korda

Photographe cubain, né le 14 septembre 1928 à La Havane (Cuba), décédé à Cuba, à l’âge de 72 ans. Auteur de la photo mondialement connue de Che Guevara pour laquelle il ne toucha aucun droit d’auteur.

25 Mai 1998

Dany Robin

Actrice française, née le 14 avril 1927 à Clamart (Seine), décédée à Paris, à l’âge de 68 ans. Comédienne de théâtre, elle tourna dans plus de soixante dix films dont Le Silence est d’or (1947) de René Clair, Frou-Frou (1955) d’Augusto Genina, L’étau (1969) d’Alfred Hitchcock.

Une vie, un portrait
des jours précédents

24 Mai 1941

24 Mai 1974

24 Mai 1543

23 Mai 2013

23 Mai 1992