Benjamin Franklin

Il est décédé le 

Elle est décédée le

17 Avril 1790

Homme d’Etat et savant américain, né le 17 janvier 1706 à Boston (Massachussetts), décédé à Philadelphie (Pennsylvanie), à l’âge de 84 ans. Signataire de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, du Traité de Paris et de la Constitution des Etats-Unis, il est considéré comme un des pères fondateur du pays. Il fut ambassadeur en France de 1776 à 1785. Il inventa le paratonnerre en 1752.

La déclaration d’indépendance (extraits)

« Lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd’hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États ».

 Le texte concluait : « En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d’Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l’univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l’honneur.»

Fils d’un modeste fabriquant de chandelles et de savons, Benjamin Franklin avait seize frères et sœurs. Amoureux de la lecture et des livres, peu doué par les travaux manuels dans l’entreprise familiale, il fut envoyé par son père chez son frère ainé James qui avait ouvert une imprimerie à Boston. Maltraité par son ainé qui le considérait comme un apprenti et non pas comme un égal, Benjamin Franklin démissionna. Il s’établit à Philadelphie, trouva un emploi dans une imprimerie. Bien décidé à voler de ses propres ailes, il compléta sa formation à Londres où il séjourna pendant deux ans. Tout en travaillant dans une imprimerie, il arrondissait ses fins de mois en donnant des cours de natation. Il se familiarisa avec les dernières techniques d’impression et de fil en aiguille s’initia aux également aux sciences appliquées. De retour à Philadelphie, il s’associa avec un financier et acheta une imprimerie qu’il modernisa en important d’Angleterre des machines moderne et performante. Grâce à son entregent et à son savoir-faire, Benjamin Franklin devint l’imprimeur officiel de la Pennsylvanie en 1730. Déjà père d’un jeune William – l’identité de la mère est inconnue -, il épousa cette année-là Déborah Read qui lui donna deux enfants.

 Homme aux multiples activités, Benjamin Franklin décida de se lancer dans une carrière politique. En 1736, il fut élu à l’Assemblée de Pennsylvanie. Régulièrement réélu, il obtint le titre de maitre des postes, une fonction qui s’avéra stratégique car elle le mettait en relation avec les autres colonies britanniques d’Amérique. En 1738, il fonda la première compagnie de pompiers à Philadelphie. En 1743, il créa l’ancêtre de la Société américaine de philosophie. Enrichi par sa lucrative activité d’imprimeur, Franklin décida de vivre de ses rentes en 1748. Il vendit son affaire et se consacra entièrement à ses deux passions la politique et la recherche scientifique. Convaincu de la nature électrique de la foudre il proposa le déploiement lors d’un orage d’un cerf-volant sous lequel était accrochée une clé métallique. Il estimait que l’objet attirerait l’éclair. Un scientifique russe tenta l’expérience. Il réussit à capter un éclair mais la foudre le tua sur le coup. Ses travaux novateurs sur l’électricité le conduisirent en 1752 à mettre au point le paratonnerre. Son invention permit par la suite de préserver de nombreux édifices et de sauver des vies humaines. Elle contribua à sa renommée en Europe. Il était l’homme qui avait dompté la foudre.

La longue marche vers l’indépendance des treize colonies anglaises

Franklin ne se doutait pas alors qu’il allait devoir affronter un défi autrement plus dangereux et coriace, le Royaume-Uni. L’enchainement des événements politiques conduisit à la rébellion contre la puissance tutélaire. Pourtant, dans les années 1750, les partisans de l’indépendance des treize colonies britanniques d’Amérique du nord était minoritaires et jugés peu crédibles. La grande majorité de la population européenne s’accommodait de la présence britannique. Benjamin Franklin appartenait à cette catégorie. En revanche, les descendants des colons anglais craignaient les ambitions impérialistes du royaume de France, dont les soldats protégeaient le Canada et s’implantaient à l’est du Mississippi. Pourquoi s’affranchir des maitres de Londres au risque de tomber sous la coupe de ceux de Paris ? Pour éviter une invasion française, Benjamin Franklin qui avait été nommé l’année précédent maitre général de la poste en Amérique du nord proposa un plan d’union des treize colonies pour faire face à la menace commune. Sa proposition fut rejetée. Les « Américains » soutinrent le Royaume-Uni quand éclata en 1756 la guerre de Sept ans qui opposa les puissances européennes sur plusieurs théâtres d’opération (Europe, Amérique, Inde, Philippines). Elle se termina en 1763 par la victoire du Royaume-Uni et par la défaite du royaume de France. Le traité de Paris signé en 1763 officialisa le déclin de la France. Elle renonça à son empire colonial en Amérique du nord au profit des Britanniques.

 La menace française étant levée, les treize colonies aspirèrent à une plus grande indépendance. Londres refusa toute modification des liens institutionnels avec ses colonies. Une autre raison expliquait la volonté des Britanniques de maintenir le statu quo : le Royaume-Uni était sorti exsangue du conflit. Le pays avait dû s’endetter pour financer la guerre. Désormais, il lui fallait rembourser ses créanciers. Le parlement anglais décida de mettre à contribution les colons américains en instituant de nouveaux impôts. La « loi du timbre » qui taxait les actes publics et les journaux cristallisa l’hostilité des élites américaines et notamment de Benjamin Franklin.

 Ils résumèrent leur position d’une formule : « Pas d’impôts sans représentation » des américains au Parlement de Londres. Londres recula sur les timbres mais refusa d’accorder de nouveaux droits aux colonies. En 1767, de nouvelles lois taxèrent lourdement les importations, notamment le thé. Les années suivantes le conflit s’envenima : révolte de la ville commerçante de Boston, vote par Londres de lois répressives. Le camp des indépendantistes grossissait année après année. En 1774, Franklin convoqua un premier Congrès continental à Philadelphie. L’année suivante, une fusillade opposa à Lexington des miliciens américains à des soldats anglais venus détruire un dépôt d’armes. Le 17 janvier une bataille rangée opposa de nouveaux les deux armées.

 En 1776, un second congrès continental fut convoqué à Philadelphie. Les treize colonies envoyèrent 56 délégués. L’assemblée décida de rédiger « une Déclaration d’indépendance ». Une commission de cinq représentants (John Adams, Roger Sherman, Benjamin Franklin, Robert Livingston, Thomas Jefferson) fut chargée de l’élaboration du texte. Jefferson se chargea en fait de sa rédaction. Une première ébauche fut présentée aux congressistes le 21 juin 1776. Des amendements modifièrent à la marge le document. Le 4 juillet la Déclaration d’indépendance fut approuvée et signée par les 56 délégués des 13 états (Massachussetts, New Hampshire, Connecticut, Rhodes Island, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du nord, Caroline sud et Géorgie). La Déclaration reconnaissait aux hommes le droit de se révolter contre un gouvernement tyrannique (Lire ci-contre).

Il convainc Louis XVI de soutenir les insurgés

Le Congrès américain s’arrogea les pouvoirs d’un gouvernement : création d’une monnaie, d’une armée, d’une marine, d’un drapeau, d’un réseau postal. Le Royaume-Uni qui entretenait sur place une armée puissante, nombreuse et aguerrie (les tuniques rouges) riposta par la guerre. Il fallait désormais bouter les Anglais hors du pays par la force des armes. Les congressistes se cherchèrent un chef militaire. Ils proposèrent le poste de commandant en chef de l’armée continentale à Georges Washington dont chacun connaissait les exploits militaires réalisés quelques années plus tôt contre les Français. En octobre 1776, Benjamin Franklin fut nommé ambassadeur en France. Après la victoire des colons américains à la bataille de Saratoga le 17 octobre 1777, la France s’engagea aux cotés des insurgés. Le roi de France Louis XVI décida d’envoyer un corps expéditionnaire commandé par le marquis de La Fayette. Le conflit meurtrier dura encore quatre longues années. Le 17 octobre 1781, les troupes américaines commandées par George Washington et leurs alliés français commandés par le comte de Rochambeau battirent à Yorktown les troupes britanniques de Lord Cornwallis. L’Angleterre était vaincue.

 Le 3 septembre 1783, au nom des treize colonies américaines, Benjamin Franklin, signait avec les représentants de la Grande-Bretagne, le « Traité de Paris » qui mettait fin à la guerre et reconnaissait l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Benjamin Franklin retourna dans son pays en 1785. Il y reçut un accueil triomphal. Il joua en 1787 un rôle de premier plan dans à l’élaboration de la Constitution américaine. Parmi les pères fondateurs des Etats-Unis, il fut la seul à signer les trois documents fondateurs : la Déclaration d’indépendance, le traité de Paris, la Constitution américaine. Pendant les dernières années de sa vie, Benjamin Franklin milita en faveur de l’abolition de l’esclavage. Il mourut à 84 ans au terme d’une vie exceptionnelle.

J.-P.G.

Demain : Marcel Pagnol

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