Bokassa 1er

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Elle est décédée le

3 Novembre 1996

Empereur de la Centrafrique, né le 22 février 1921 à Bobangui, décédé à l’âge de 75 ans à Bangui. La vie personnelle et le destin politique de Jean-Bedel Bokassa illustrèrent jusqu’à la caricature les injustices de la colonisation et les errements de la FranceAfrique.

 Après l’indépendance de la Centrafrique, sur les décombres de l’ordre colonial, se mirent en place des réseaux entremêlés ou les intérêts bien compris de l’ancienne puissance tutélaire voisinaient avec la cupidité des individus, la rapacité des groupes économiques et la tyrannie des nouveaux maîtres du pays. L’enfance du futur président et empereur de la Centrafrique commença sous les pires auspices possibles.

 A sa naissance, son père, Mindogon Mgboundoulou, était chef d’un village proche de la capitale Bangui. Les autorités coloniales l’obligèrent à recruter des travailleurs pour le compte d’une compagnie forestière française qui gérait une plantation de coton. Le notable africain constata bien vite qu’il s’agissait de travail forcé : ses frères de couleur étaient maltraités et ne pouvaient pas quitter les campements où ils étaient enfermés. Il organisa un mouvement de révolte et libéra les prisonniers. L’administration coloniale l’arrêta, l’inculpa pour rébellion, le jugea coupable, le condamna à mort pour l’exemple et l’exécuta sur la place du village. Une semaine plus tard, son épouse, désespérée, se suicida. Jean-Bedel Bokassa avait six ans. Il était orphelin. Son grand-père se chargea de son éducation. Devenu adulte, il renonça à la prêtrise et préféra s’engager dans l’armée coloniale.

 Après la défaite de juin 1940, il rejoignit les Forces françaises libres (FFL). Il participa au débarquement de Provence, le 15 août 1944 et à la bataille du Rhin, l’hiver suivant. Il combattit en Indochine et en Algérie. Son courage au combat lui valut d’obtenir la légion d’honneur et la médaille militaire. Entré dans l’armée française comme simple deuxième classe, il y termina sa carrière avec le grade de capitaine. Après l’indépendance de la Centrafrique, son cousin David Dacko devint le premier président de la république centrafricaine. Le chef de l’Etat l’appela à ses cotés pour organiser l’armée naissante. Mauvaise idée.

 Le 31 décembre 1965, Bokassa s’empara du pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat militaire. Il instaura un régime de terreur, torturant et assassinant ses opposants. Les autorités françaises ne s’illusionnaient pas sur la personnalité du nouveau président, Charles de Gaulle l’ayant baptisé « le soudard ». Mais, elles reconnurent bien vite le nouveau régime. Il ne fallait pas se brouiller avec un pays qui possédait d’importantes mines d’uranium à Bakouma et dont le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) avait grand besoin pour ses recherches et pour faire fonctionner ses centrales nucléaires. En mars 1972, Bokassa se proclama « président à vie ». En 1974, il s’attribua le titre de maréchal.

 Le 4 décembre 1977, il se couronna empereur. Le sacre se déroula en présence de 5000 invités dont Robert Galley, le ministre français de la coopération. Dans un pays où le salaire moyen s’élevait à 500 francs, la cérémonie coûta 100 millions de francs. On évalua le prix de la couronne en or pur, comportant 7000 carats de diamants, à 25 millions de francs. Elle avait été confectionnée en France tout comme le trône. 60 000 bouteilles de Champagne et de Bourgogne enivrèrent les convives. La cérémonie finit de déconsidérer Bokassa. En 1979, il réprima dans le sang une manifestation de lycéens et d’étudiants qui protestaient contre le coût élevé des uniformes scolaires. Une centaine d’entre eux furent sauvagement assassinés dans la prison de Bangui. Le 20 septembre 1979, David Dacko, l’infortuné président évincé 14 ans plus tôt, profita du voyage de Bokassa en Libye pour s’emparer du pouvoir, avec le soutien des services secrets français.

 Etrange coïncidence, quelques semaines plus tard éclatait « l’affaire des diamants. » qui mettait à jour les connivences entre politiciens français et centrafricains. Le Canard Enchaîné établissait que Bokassa avait offert des diamants au président Valéry Giscard D’Estaing quelques années auparavant. Cette révélation contribua à l’échec du président sortant à l’occasion de la présidentielle de 1981.

 Arrêté en 1986, Bokassa fut jugé pour détournement de fonds, meurtre, trahison et cannibalisme. Condamné à mort pour tous les chefs d’accusation sauf celui de cannibalisme, sa peine fut commuée en prison à vie. Il fut gracié en 1993 par le président André Kolingba et mourut trois ans plus tard d’un arrêt cardiaque. Il laissa 18 épouses et 40 enfants.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Yitzhak Rabin

masculin
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14 Octobre 2016 - 4:03pm

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