Charles III le Gros

Il est décédé le 

Elle est décédée le

13 Janvier 1001
888

Empereur d’Occident, né en 839, assassiné à Neudingen, à l’âge de 47 ans. Roi d’Italie et de Francie orientale puis de Francie occidentale, il fut couronné par le pape Empereur d’Occident en 881. Il reconstitua brièvement l’ancien Empire carolingien fondé par son ancêtre Charlemagne. Incapable de mettre fin aux invasions normandes, accusé d’incompétence et de traitrise, il fut déposé en 887 par les grands seigneurs réunis en assemblée.

Arrière-petit-fils de Charlemagne et fils cadet de Louis II le Germanique, roi de Germanie et de Bavière, Charles hérita de l’Alémanie à la mort de son père. Ses frères ainés Carloman et Louis se partagèrent la meilleure part de l’héritage royal : l’Italie et la Francie occidentale revinrent au premier, la Francie orientale échut au second. Les circonstances, la ruse et les intrigues permirent à Charles III de s’accaparer les territoires de ses frères. En 880, après le décès de son frère Carloman, il partagea le royaume de son ainé avec Louis. Il devint roi d’Italie et co-roi de Francie occidentale. Sa position dominante dans la péninsule lui permit d’être couronné empereur d’Occident par le pape le 12 février 881. Il succéda ainsi à Charles II le Chauve. En 882, il récupéra les territoires de Louis qui venait de mourir. Ainsi en quelques années, Charles III, dit « le Gros » en raison de son embonpoint, régnait sur un territoire aussi vaste que celui de Charlemagne. Mais, contrairement à son lointain ancêtre, le nouvel empereur d’Occident ne possédait aucune des qualités de soldat et d’administrateur nécessaires pour gouverner un territoire aussi vaste, habités par des peuples différents.

 Pour marquer son autorité, Charles tenta maladroitement de chasser les Vikings qui hivernaient à Louvain, au terme d’un accord souscrit précédemment par Louis. Pour se venger, les normands s’emparèrent de Rouen en 885. Pendant l’été et l’automne, Siegfried, leur représentant, rassembla une puissante armée, composée d’une trentaine de milliers de soldats, venus du Danemark et d’Angleterre. Une flotte composée de plusieurs centaines de drakkars et autres navires devait les transporter jusqu’à Paris, en remontant la Seine. Leur objectif consistait à piller la ville, la région environnante jusqu’à la Bourgogne. Ralentie par des attaques du duc de Maine Ragenold, la flottille força plusieurs passages et se présenta devant Paris le 24 novembre 885. Siegfried demanda à parlementer avec la plus haute autorité de la ville. En l’absence de Charles III le Gros parti pour l’Italie, l’évêque Gozlin accepta de recevoir l’ambassadeur du viking. Ce dernier promit aux Parisiens d’épargner leur cité s’ils acceptaient de laisser passer la flotte vers l’amont et les riches terres bourguignonnes. Gozlin refusa le marché et mit la ville en défense avec l’aide du comte de Paris, Eudes. Un imposant dispositif défensif qui s’appuyait sur deux forteresses en bois, le Grand Chatelet au nord, le Petit Chatelet au sud, fermait l’île de la Cité au passage aux Vikings. Les Danois attaquèrent une première fois le 26 novembre. Une pluie de flèches et de projectiles divers brisa leur assaut. 

Ils passèrent à l’offensive les jours suivants. De l’huile bouillante de la cire liquide et de la poix lancées du haut des tours vinrent à bout des hommes du nord dont plusieurs centaines périrent. Les Vikings décidèrent alors d’assiéger et d’affamer la ville. En janvier et février 886, ils tentèrent d’enfoncer les défenses parisiennes en organisant des offensives par le fleuve mais aussi en passant par la terre. La prise du Petit Chatelet et le massacre de ses douze défenseurs ne prêta pas à conséquence. Les Parisiens résistaient toujours. Une partie des normands levèrent le siège et tentèrent de s’emparer de Chartres et du Mans. Ils échouèrent devant ses deux villes mais parvinrent à piller Evreux. Après la mort de l’évêque Gozlin en avril 886, le comte Eudes quitta secrètement Paris pour demander l’aide de l’empereur Charles III le gros, étrangement inactif.

 L’empereur d’Occident arriva devant Paris en septembre. Il refusa d’affronter les Vikings. Il promit de leur payer en mars 887 un tribut de 700 livres d’argent en échange de leur départ de Paris et les autorisa à piller la Bourgogne. Les Vikings remplirent leur part du contrat. Mais cette ignominie fut vécue comme une trahison par les grands seigneurs de Francie occidentale. Ils convoquèrent une diète à Tribur près de Mayence en novembre 887. Mis en accusation, Charles III fut déchu de tous ses titres royaux par l’assemblée unanime. Le comte Eudes, dont la bravoure contre les Vikings avait impressionné ses contemporains, fut élu roi de Francie occidentale en février 888. Arnulf de Carinthie devint roi de Francie orientale (Germanie). Dépouillé de royaumes, Charles III conserva son seul titre d’empereur d’Occident qui ne pouvait lui être retiré car il lui avait été donné par le pape. Comme elle n’était plus liée au gouvernement d’un territoire, il s’agissait seulement d’une fonction honorifique. Malade, épileptique, à moitié fou depuis l’échec d’une trépanation en février 887, l’ancien empereur d’Occident n mourut le 13 janvier 888 sans héritier.

J.-P.G.

Demain : Anaïs Nin

masculin
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7 Décembre 2018 - 10:19am

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16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

16 Janvier 1989

Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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