Claude Berri

Il est décédé le 

Elle est décédée le

12 Janvier 2009

Cinéaste et producteur français, né le 1er juillet 1934 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 74 ans. Personnalité influente du cinéma français, surnommé « le dernier nabab », il fut un grand réalisateur de films populaires (Le vieil homme et l’enfant, Jean de Florette, Tchao Pantin) vus en salle par 48 millions de spectateurs. Egalement producteur avisé, il finança une soixantaine de longs métrages dont Bienvenu chez les Ch’tis (20 millions d’entrées).

Le producteur

Avec à son actif une soixantaine de films, Claude Berri a également été un producteur avisé et influent, ce qui lui a valu le surnom de « dernier nabab » ou de « parrain » du cinéma français. Eclectique dans ces choix, il finança des films d’auteurs (L’Enfance nue de Maurice Pialat, Tess de Roman Polanski, L’homme blessé, Hôtel de France, La reine Margot de Patrice Chéreau, La Graine et le Mulet d’Adbellatif Kechiche, Valmont de Milos Forman, Trois place pour le 26 de Jacques Demy, L’Ours et L’Amant de Jean-Jacques Annaud) et des comédies populaires (Inspecteur la bavure et Banzaï de Claude Zidi, Les Trois frères de Didier Bourdon, la saga des Astérix et Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, second meilleur score du box-office français de tous les temps avec 20,5 millions d’entrées).

Né au sein d’une famille juive originaire d’Europe de l’est – son père était polonais, sa mère roumaine – Claude Berel Langmann naquit et grandit à Paris dans le 10eme arrondissement. A l’adolescence, il aida son père dans son atelier de fourrure mais la passion du théâtre le conduisit à suivre des cours de comédie avec son ami Gérard Lebovici, futur producteur et impresario de cinéma. Pour la scène, le jeune Claude abandonna son nom de naissance et choisit le pseudonyme de Berri. Pendant une dizaine d’années, il se partagea entre les planches des théâtres parisiens et les plateaux de cinéma où Il apparut dans des rôles de silhouette, de figurant puis de troisième rôle. En 1960, Henri-Georges Clouzot lui donna sa chance dans La Vérité où il incarna un personnage plus consistant. Mais convaincu qu’il ne rivaliserait jamais avec les grandes stars de l’époque et aussi parce qu’il avait une âme de créateur, il décida de passer derrière la caméra en qualité de cinéaste et de producteur. En 1962 il créa Renn Productions. Il choisit le nom de sa société en hommage à une comédienne allemande Katarina Renn à qui il avait donné la réplique dans la pièce Tchin- Tchin de François Billetdoux. La même année, il produisit et réalisa son premier court-métrage Le Poulet qui relatait l’amitié d’un garçonnet pour un poulet. L’enfant évita au gallinacé de finir dans une casserole en faisant croire à ses parents qu’il pondait des œufs. Sorti en 1965, le film reçut l’Oscar du court-métrage.

Après deux films à sketches les années suivantes, Claude Berri réalisa en 1966 Le vieil homme et l’enfant, un film autobiographique. Pour échapper à la Shoah pendant la seconde guerre mondiale, le jeune Claude - joué par Alain Cohen - avait été mis en sécurité par ses parents en province chez un vieux couple de paysans, pépé et mémé. Le grand-père - interprété par Michel Simon, un ancien poilu de la Grande Guerre, antisémite et hostile aux rouges et aux curés,- ne savait pas que son jeune hôte était juif. Le film raconta avec pudeur l’amitié naissante entre ces deux personnages que tout opposait. Malgré l’austérité du thème abordé dans une France qui croyait s’être conduite héroïquement pendant la seconde guerre mondiale, le film remporta un grand succès avec 2,7 millions d’entrées. Les nombreuses rediffusions à la télévision les années suivantes multiplièrent par dix le nombre des personnes qui ont vu le premier chef-d’œuvre de Claude Berri. Le cinéaste multiplia les apparitions comme acteur dans ses films et dans ceux réalisés par d’autres cinéastes qui lui demandaient souvent d’incarner des personnages juifs. Claude Berri se fit surtout connaitre du grand public comme un cinéaste de talent, abordant différents genres, le comique, le drame, le récit historique, la biographie. En 1969, il s’inspira de sa propre expérience vécue pendant son service militaire pour Le Pistonné, interprété notamment par Guy Bedos, Yves Robert et Coluche dont c’était l’une des premières apparitions sur le grand écran. Le film attira dans les salles près de deux millions de personnes. En 1972, nouveau succès avec Sex-shop (1,5 million d’entrée) dans lequel il évoquait – et moquait - l’explosion de la liberté sexuelle, habilement détournée par des commerçants cupides. Il tint le premier rôle aux cotés de Jean-Pierre Marielle, Juliet Berto et Jacques Martin. En 1977, il retrouva Jean-Pierre Marielle auquel il adjoignit Victor Lanoux dans Un moment d’égarement, l’histoire d’un quinquagénaire qui tombait amoureux de la fille de son meilleur ami, une adolescente de 17 ans.

 Dans, les années 1980 et le début de la décennie suivante, Claude Berri domina le box-office du cinéma français. A l’apogée de son inspiration, il multiplia les succès : en 1980, Je vous aime (1,4 million d’entrée) avec Catherine Deneuve, Jean-Louis Trintignant et Gérard Depardieu ; en 1981 Le maitre d’école (3 millions de spectateurs), avec Coluche et Josiane Balasko ; en 1983, Tchao Pantin (3,8 millions d’entrées) avec Coluche et Richard Anconina. Le film remporta cinq Césars : meilleur acteur pour Coluche, meilleur second rôle masculin et meilleur espoir pour Richard Anconina, meilleure photo, meilleur son. En 1986, Jean de Florette, adapté du livre éponyme de Marcel Pagnol et interprété par Yves Montand, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, permit à Claude Berri d’établir son record d’entrées en France avec 7,2 millions de spectateurs. La suite, Manon des sources avec les mêmes acteurs plus Emmanuelle Béart remplit également les salles de cinéma avec 6,7 millions d’entrées. Daniel Auteuil remporta le César du meilleur acteur et Emmanuelle Béart celui de meilleure actrice dans un second rôle.

 Après une absence de quatre ans, Claude Berri revint avec Uranus, adapté du livre de Marcel Achard. Le film réunit la fine fleur des acteurs de l’époque : Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, Michel Blanc, Michel Galabru, Gérard Desarthe, Fabrice Lucchini. Près de trois millions de spectateurs se laissèrent séduire par cette comédie humaine qui avait pour cadre le printemps de la Libération. En 1993, Claude Berri se lança dans l’aventure de Germinal, une adaptation du livre d’Emile Zola. Il fit appel au chanteur Renaud pour incarner le personnage du mineur Emile Lantier. Gérard Depardieu, Miou-Miou, Jean Carmet, Laurent Terzieff, Bernard Fresson l’entouraient. L’œuvre estampillée « film populaire de qualité » remporta seulement deux Césars techniques mais séduisit en revanche plus de six millions de spectateurs malgré des critiques mitigées. En 1996, le cinéaste revint sur le grand écran avec un film historique qui retraçait l’histoire vraie de la résistante Lucie Aubrac, pendant la seconde guerre mondiale. Carole Bouquet incarna la femme indomptable qui réussit à faire évader son mari Lucien Aubrac, joué à l’écran par Daniel Auteuil, Patrice Chéreau interprétant Jean Moulin.

 Les années suivantes, Claude Berri fut frappé par un double deuil qui le plongea dans une grave dépression. En 1997, sa première épouse se suicida en se défenestrant. Deux ans plus tard, le fils qu’elle lui avait donné, mit fin également à ses jours. Tétraplégique après une chute, il ne supportait plus d’être cloué sur une chaise roulante. Claude Berri remonta lentement la pente et retrouva les plateaux de cinéma. Il renoua avec le succès en 2006 pour son dernier film Ensemble, c’est tout avec Guillaume Canet et Audrey Toutou. En 2009, il avait mis en boîte les premières scènes du film Trésor quand il fut terrassé par un accident vasculaire cérébral.

Jean-Pierre Giovenco

Demain : Charles III le Gros

masculin
Google news Référence: 
439
19 Octobre 2018 - 8:51am

Une vie, un portrait du jour

18 Juin 2001

18 Juin 1928

Une vie, un portrait du jour

18 Juin 1980

André Leducq

Champion cycliste français, né le 27 février 1904 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), décédé à Marseille (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 76 ans. Vainqueur de deux Tours de France (1930 et 1932) et d’un Paris-Roubaix (1928).

18 Juin 1937

Gaston Doumergue

Homme d’Etat français, né le 1er août 1863 à Aigues-Vives (Gard), décédé dans cette même ville, à l’âge de 73 ans. Plusieurs fois ministre (colonies, commerce, instruction publique, affaires étrangères) sous la troisième République, il occupa le fauteuil de Président de la République du 13 juin 1924 au 13 juin 1931.

18 Juin 1974

Gueorgui Joukov

Maréchal soviétique, né le 1er décembre 1896 à Strelkovka (Empire russe), décédé à Moscou (URSS). Officier le plus décoré de l’URSS et de la Russie, il arrêta l’offensive allemande contre Moscou en décembre 1941 et fut l’artisan des principales victoires soviétiques pendant la Grande guerre patriotique de 1941 jusqu’à la prise de Berlin, son dernier fait d’armes.

18 Juin 1993

Jean Cau

Ecrivain et journaliste, né le 8 juillet 1925 à Bram (Aude), décédé à Paris, à l’âge de 67 ans. Secrétaire de Jean-Paul Sartre avant de virer à droite, il obtint le prix Goncourt en 1961 pour La pitié de Dieu.

18 Juin 1673

Jeanne Mance

Vénérable française, née le 12 novembre 1606 à Langres (Haute-Marne), décédée à Montréal. Cofondatrice de la ville de Montréal avec Paul de Chomedey, elle y créa un hôtel-Dieu. L’église catholique la reconnut vénérable par le pape François le 7 novembre 2014.

18 Juin 2010

José Saramago

Ecrivain portugais, né le 16 novembre 1922 à Azinhaga (Portugal), décédé à Lanzarote (Canaries), à l’âge de 87 ans. Prix Nobel de littérature en 1998.

18 Juin 1937

Maxime Gorki

Ecrivain russe, né le 28 mars 1868 à Nijni Novgorod (Empire russe), décédé à Moscou (URSS), à l’âge de 68 ans. Il fut un des pères du réalisme socialiste, auteur notamment des Bas fonds (1902), de La mère (1907).

18 Juin 1935

René Crevel

Ecrivain français, né le 10 août 1900 à Paris, décédé par suicide dans la même ville à l’âge de 34 ans. Ecrivain surréaliste (Etes-vous fou ? 1929, Les pieds dans le plat, 1933), il mit fin à ses jours quand il apprit qu’il souffrait d’une tuberculose.

Une vie, un portrait
des jours précédents

17 Juin 2008

17 Juin 1939

16 Juin 2017

16 Juin 1958

16 Juin 1977