Claude François

Il est décédé le 

Elle est décédée le

11 Mars 1978

Chanteur français, né le 1er février 1939 à Ismaïlia (Egypte), décédé à Paris, à l’âge de 39 ans. Le chanteur de variété le plus connu et le plus populaire dans les années 1960 et 1970 continue à vendre des disques, 37 ans après sa mort accidentelle.

 Claude François appartenait à une famille française originaire de Lyon qui avait émigré en Egypte à la fin du XIXème siècle pour travailler à la Compagnie du canal de Suez. A la suite de son arrière-grand-père Nicolas, et de son grand-père Gustave, son père Aimé occupait la fonction de chef du trafic de la voie d’eau construite par Ferdinand de Lesseps qui reliait la mer Rouge à la Méditerranée. Sa mère Lucia Mazzei, une italienne mélomane, s’occupait du foyer familial, aidée par plusieurs employées de maison. Hébergés dans une luxueuse demeure mise à leur disposition par la Compagnie du canal, les François vivaient dans une relative opulence. Après le bombardement de la villa pendant la seconde guerre mondiale, Claude et sa sœur ainée Marie-Josée furent hébergés par sa grand-mère paternelle. Il garda un souvenir ébloui de cette époque ou l’amitié entre les enfants issus des communautés grecque, maltaise, italienne, arabe, juive transcendait les antagonismes sociaux, les affrontements religieux, les rivalités nationales.

 Après la guerre, il suivit des études au lycée français du Caire. Pendant son temps libre, il s’installait dans les locaux de Radio Le Caire. La station diffusait de la musique européenne et américaine. Il assistait également aux répétitions des deux frères musiciens de sa mère. Le premier jouait du piano ; le second du violon. Sur leur conseil, il s’essaya au violon pendant un an. En 1956, la nationalisation du canal de Suez par le colonel Nasser, le nouveau maître du pays, bouleversa sa vie. Sa famille fut expulsée d’Egypte. Ruinés et sans ressources, ses parents s’installèrent dans les Alpes-Maritimes. Avec la maigre indemnité de réinstallation que lui versa la Compagnie, son père acheta un minuscule appartement à Nice. La famille y vécut à l’étroit dans la pauvreté.

 A l’âge de 19 ans, Claude trouva un emploi dans une banque. Le soir, il se délassait en jouant de la tumba dans un orchestre qu’il avait créé avec quelques amis. Le Grand orchestre de Monte Carlo le repéra et l’embaucha comme percussionniste. Il devint chanteur du groupe et interpréta des chansons de Charles Aznavour ou Mouloudji. Dans le même temps, il compléta sa formation de musicien en suivant des cours à l’Académie nationale musicale. Des cours particuliers lui permirent de former sa voix. Il se fâcha avec son père qui désapprouvait son ambition de devenir chanteur. En 1960, il épousa une danseuse anglaise Janet Woolacott rencontrée un an plus tôt. Sur les conseils de Brigitte Bardot rencontrée à Saint-Tropez au Papagayo, le couple « monta » tenter sa chance à Paris. Il intégra l’orchestre les Gamblers, une formation dirigée par Olivier Despax. Sous le nom de Kôkô, Claude François enregistra en français et en arabe son premier disque en solo. Bien reçu en Afrique, le 45 tours fut boudé par le public français.

 Déçu, il rejoignit les Gamblers qui avaient été embauchés pour animer les soirées du Papagayo pendant l’été 1962. Le destin tourna en sa faveur quand la maison de disque Fontana qui ne l’avait pas retenu l’année précédente, lui proposa de signer un contrat de cinq ans. Claude François adapta en français Made to love, une mélodie des chanteurs américains de country The Everly Brothers, sous le titre de Belles, belles, belles. Le succès fut immédiat et foudroyant dès la sortie du disque. En quelques semaines, il en vendit 1,7 millions exemplaires. Sa carrière était lancée. Il surfa sur la vague yéyé. Elle révolutionna la variété française et porta un coup sévère à la chanson à texte labellisée « made in France ». Soutenu par les stations de radio et la télévision qui faisait son entrée dans les foyers, ce genre musical apprécié par la jeunesse domina pendant une bonne décennie. Claude François sut s’en détacher au début des années 1970 quand le public commença à se lasser.

 Ouvert aux influences étrangères, il adapta en français des chansons anglo-saxonnes. Entouré de paroliers talentueux et de compositeurs inspirés, il écrivit des « tubes » qui devinrent des succès mondiaux. Comme d’habitude fut ainsi reprise par Frank Sinatra, Paul Anka, Nina Simone sous le titre de My way. A l’heure de la révolution sexuelle, il s’entoura sur scène des « claudettes », des danseuses légèrement vêtues. Il multiplia les tubes (Cette année-là, Le lundi au soleil, Le téléphone pleure, Magnolia for ever). Ses détracteurs, issus des milieux intellectuels, l’accusaient d’incarner une époque frivole voire futile faite de paillette, de strass, de filles sexy. Il leur répondit en chantant Le mal aimé. Mais le public populaire lui resta fidèle. Quelques chiffres montrent son omniprésence : durant sa courte carrière, il enregistra 400 chansons dont une centaine en langue étrangère ; il se produisit 1188 fois sur une scène et apparut 313 fois dans une émission de télévision ; il fit la « une » de 219 magazines.

 Le samedi 11 mars 1978, la veille du premier tour des élections législatives, les Français apprirent à 16 heures la mort accidentelle, à Paris, à l’âge de 39 ans, de « cloclo ». Quelques heures plus tôt, le chanteur s’était électrocuté dans sa salle de bain en voulant redresser une applique électrique située au-dessus de la baignoire. Sa compagne présente dans l’appartement alerta les pompiers. Les sauveteurs réussirent à faire repartir le cœur. Mais deux minutes plus tard, il cessa de battre pour toujours. Il laissait deux enfants, Claude junior et Marc qu’il avait eus avec sa compagne Isabelle Forêt.

 La stupéfaction fut profonde en France. Le 15 mars, le jour de ses obsèques était mis en vente son dernier disque Alexandrie, Alexandra dont le titre rappelait que l’Egypte était son pays natal. Les mélodies de Claude François avaient accompagné les Français de tous âges pendant une quinzaine d’années. Véritable icône populaire, Claude François continue de fasciner un nouveau public, trente sept ans après son décès. Il poursuit une carrière posthume. Selon son producteur, le chanteur a vendu 35 millions de disques de son vivant et …32 millions depuis sa mort. Le succès du film Cloclo, interprété par Jérémie Renier en 2012, témoigne de cette ferveur.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Lazare Ponticelli

 

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