Daniel Balavoine

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Janvier 1986

Auteur-compositeur-interprète français, né le 5 février 1952 à Alençon (Orne), décédé accidentellement à Gourma-Rharous, à l’âge de 33 ans. Au cours de sa courte carrière, le chanteur vendit une vingtaine de millions d’albums et de 45 tours. Il mit son immense popularité au service de causes humanitaires et périt alors qu’il installait des pompes à eau en Afrique, en partenariat avec le rallye Paris-Dakar.

Si la malchance ne s’était pas manifestée si cruellement, Daniel Balavoine s’apprêterait à fêter son soixante-quatrième anniversaire. Sa mort accidentelle et prématurée à l’âge de 33 ans a suspendu le temps et ses nombreux fans gardent en mémoire son visage juvénile et poupin. Né en Normandie au sein d’une famille aisée – père ingénieur urbaniste, mère antiquaire -, il était le benjamin d’une fratrie de six enfants, endeuillée par le décès d’un de ses frères à l’âge de un an. Après le divorce de ses parents, Daniel Balavoine vécut avec son père. En 1959, après la mutation de ce dernier en Algérie, il rejoignit un pensionnat religieux à Pau. Son séjour dans cet établissement à la stricte discipline provoqua une double réaction : il devint rebelle et incroyant. Les années suivantes, il étudia au lycée de Pau. Bien que doué en français, il renonça à passer son baccalauréat et abandonna ses études en terminale. Passionné de musique, fan des Beatles, il se forma sur le tas en animant des bals populaires et en chantant du Bob Dylan dans des cafés du coin. Pendant une dizaine d’années, il s’agrégea à des groupes de rock éphémères dont Présence dont il devint le chanteur attitré au début des années 1970. La formation sortit un 45 tours en 1971. Ce fut un flop humiliant avec seulement 247 exemplaires vendus. Daniel Balavoine se consola de ses déconvenues musicales en épousant en 1973 une jeune caissière rencontrée à la boîte de nuit le Gibus. L’année suivante le couple se sépara et divorça officiellement en 1979.

La galère

Déçus par ses débuts laborieux, Daniel Balavoine crût qu’il n’avait aucun avenir dans le métier de chanteur. Pour gagner sa vie, il décida de vendre les disques des autres. Mais doté d’une voix puissante et d’une forte personnalité attachante, la maison de disque Vogue l’avait remarqué. Elle lui proposa en 1973 une carrière en solo et produisit son premier 45 tours intitulé Viens vite. Nouveau fiasco. Balavoine se fâcha avec le directeur artistique. Il quitta Vogue et entama une carrière de choriste. Avec son frère Guy, il fut embauché pour chanter dans l’opéra-rock La Révolution française de Jean-Michel Schönberg. En 1974, Patrick Juvet, un chanteur de disco alors très célèbre, qui préparait un spectacle pour l’Olympia cherchait un choriste doté d’une voix à haute tessiture. On lui recommanda Daniel Balavoine. Ce dernier accepta de collaborer avec le chanteur à minettes et lui composa la chanson Couleurs d’automne. Conscient de son talent, Juvet lui proposa de l’interpréter sur scène pendant son spectacle. Ce fut le déclic qui lança la carrière de Balavoine. En 1975, il enregistra pendant la nuit pour des raisons d’économie son premier 33 tours, intitulé De vous à elle en passant par moi. Aucun titre n’émergeait. Les radios et télés boudèrent ce premier album qui se vendit seulement à 5000 exemplaires. Des années plus tard, le chanteur le désavouera. La galère continuait. Sa rencontre professionnelle et amoureuse avec la chanteuse Catherine Ferry -dont il devint le compagnon - lui permit de perfectionner un autre aspect de son talent, l’écriture de chansons et la composition musicale. Choisie pour représenter la France au concours de l’Eurovision de 1976, elle rata de peu la victoire. Daniel Balavoine assista aux premières loges à la performance de la française : il l’accompagna sur scène dans les chœurs avec son frère Guy. En 1977, il participa à une tournée de Catherine Ferry en Pologne, alors un Etat socialiste. Scandalisé par la coupure de l’Europe entre une zone communiste et une partie capitaliste, il écrivit, composa et enregistra un album qui évoquait les souffrances de deux frères séparés par le Mur de Berlin. Les aventures de Simon et Gunther…furent un échec commercial avec 20 000 exemplaires vendus.

La reconnaissance

Mais, un des titres Lady Marlène plût à Michel Berger. Il prit contact avec Daniel Balavoine et l’embaucha en 1978 pour interpréter le rôle de Johnny Rockfort dans l’opéra-rock Starmania. Après des années de galère, le succès était en fin au rendez-vous. L’album du spectacle dans lequel Daniel Balavoine interprétait plusieurs morceaux dont Quand on arrive en ville et Banlieue nord, fut vendu à 2,2 millions d’exemplaires en France. La même année par une heureuse coïncidence, Daniel Balavoine enregistra Le Chanteur, l’évocation de la vie d’un artiste, du succès initial, au désamour du public au milieu de sa carrière et à la mort finale. Chacun se souvient de la première phrase : « J’m présente/ je m’appelle Henri.J'voudrais bien réussir ma vie / être aimé, être beau, gagné de l'argent puis surtout être intelligent. Mais pour tout ça il faudrait que je bosse à plein temps ». L’album et le 45 tour se vendirent à 1,8 million d’exemplaires.

 En quelques mois Daniel Balavoine passa du statut d’inconnu besogneux à idole de toute une génération. Il multiplia les apparitions sur les scènes de spectacles. Il chanta à la télévision. On diffusa jusqu’à plus soif ses chansons à la radio. Les journalistes et les chroniqueurs lui demandèrent son opinion sur les grandes questions qui tourmentaient le monde. Il participa à des émissions-débats où il interpellait les puissants. Le 19 mars 1980, sur le plateau d’Antenne 2, il accusa les hommes politiques français et notamment François Mitterrand qui lui faisait face, de se désintéresser du sort de la jeunesse. Son long monologue est resté dans toutes les mémoires. En novembre de la même année, il enregistra l’album Un autre monde (500 000 exemplaires vendus) avec des morceaux devenus des tubes comme Mon fils ma bataille (540 000 singles vendus), Je ne suis pas un héros, La vie ne m’apprend rien. Les années suivantes, il évoqua les grands drames (guerres, enfants-soldats, famine, drogue) qui endeuillaient le monde et opprimaient les hommes et les femmes (inégalité homme/femme, cupidité, prostitution) dans Un autre monde (500 000 albums vendus en 1982), dans Loin des yeux de l’Occident (100 000 ventes en 1983), dans Sauver l’amour (1,3 millions d’exemplaire en 1985). La chanson L’Aziza titré de l’album fut diffusée à 1,6 million d’exemplaire en 45 tours.

La mort à 33 ans

Le chanteur mit sa notoriété au service des causes humanitaires auxquelles il croyait. Scandalisé par la misère du continent africain, il incita les lycéens à créer dans leur établissement des comités d’élèves pour récolter des fonds et financer ainsi des projets en Afrique. Le chanteur décida de participer en 1986 à une mission humanitaire en partenariat avec le rallye Paris-Dakar. L’opération nommé Paris du cœur consistait à installer des pompes à eau dans des villages africains traversés par le rallye. Thierry Sabine, le patron du rallye, avait apporté son soutien matériel et technique à cette initiative. Elle se voulait une réponse aux associations de défense des droits de l’homme ou de l’environnement qui présentaient l’épreuve comme un sport pour riches pratiqué sur le continent le plus pauvre. La nuit tombait sur la huitième édition du Paris-Dakar. Un hélicoptère de l’organisation se dirigeait vers le bivouac de Gourma-Rharous au Mali où était située l’arrivée de la quatorzième étape. L’appareil volait en rase-mottes en se guidant aux feux arrière d’un véhicule 4x4. Un vent violent soufflait. A 8 kilomètres, de sa destination finale, l’hélicoptère heurta une dune ou un arbre, effectua un looping et s’écrasa, tuant sur le coup les cinq passagers. Il était 19 h 20. Le chanteur Daniel Balavoine, l’organisateur du rallye Thierry Sabine, le pilote de l’hélicoptère François-Xavier Bagnoud et deux journalistes, Nathalie Odent et Jean-Paul Le Fur venaient de perdre la vie. Aujourd’hui encore des interrogations subsistent sur le déroulement des événements qui ont conduit à la tragédie. En effet, quelques minutes avant le crash, le pilote jugea plus prudent de poser son appareil dans le désert, à 20 kilomètres du bivouac. Les rafales de vent rendaient la progression de l’hélicoptère dangereuse. Thierry Sabine décida de rejoindre Gourma par la voie terrestre. Il chargea deux concurrents d’informer les officiels qu’ils devaient réquisitionner une voiture pour les récupérer. Quelles raisons avaient poussé le pilote à redécoller ? Les conditions météo empirant, personne ne s'expliqua sa décision de reprendre les airs. Mais, sur les lieux de l’atterrissage, les enquêteurs découvrirent des restes de gazes. Un des passagers avait-il été victime d’un accident ? Avait-il été mordu par un serpent ou piqué par un scorpion ? Cela aurait pu expliquer l'intention du pilote de rejoindre au plus vite un poste de secours.

 Sa mort suscita une grande émotion en France. Chacun lui rendit hommage à sa manière. Le jury des Victoires de la musique lui attribua à titre posthume le prix du meilleur album de l’année 1986 pour Sauver l’amour. De nombreux chanteurs de la nouvelle génération dont des rappeurs comme Soprano ou Christine and the Queens se réclament de son influence. Le public lui est également resté fidèle. Ses compilations atteignent des ventes à rendre jaloux des chanteurs vivants : 720 000 exemplaires pour L’Essentiel en 1995 et 150 000 exemplaires pour Balavoine sans frontières en 2005.

Jean-Pierre Giovenco

Demain : Vasco de Balboa

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20 Octobre 2017 - 6:07pm

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16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

16 Janvier 1989

Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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