David Lean

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16 Avril 1991

Cinéaste britannique, né le 25 mars 1908 à Croydon (Surrey), décédé à Londres, à l’âge de 83 ans. Adaptateur de talent, il réalisa de grandes fresques cinématographiques dont Le Pont de la rivière Kwaï, Docteur Jivago, La route des Indes. Auteur du chef-d’œuvre Lawrence d’Arabie, il fut le cinéaste des records : ses films remportèrent 28 Oscars, battirent des records d’affluence et enrichirent les studios d’Hollywood. 

Né dans un quartier populaire de Londres dans une famille de quakers rigoristes, David Lean abandonna très tôt ses études pour se consacrer à sa passion pour le cinéma, au grand désespoir de son père qui lui proposait une carrière de comptable. Selon la légende, il refusa toute sa vie de voir un film réalisé par son rejeton. A l’âge de 17 ans, David Lean réussit à se faire embaucher comme grouillot préposé au service du thé dans la filiale anglaise de la Gaumont. Le hasard des rencontres, des congés des uns et des autres, des maladies, le conduisirent à devenir clapman, puis troisième assistant-réalisateur, aide-monteur, monteur, opérateur. En une quinzaine d’années, il se familiarisa avec tous les métiers techniques du septième art. Il apprit également la mise en scène et la direction d’acteurs sur le tas en observant les cinéastes. Grâce à sa grande expérience, il ne se laissa jamais influencer par ses techniciens. En 1942, il coréalisa avec Noël Coward son premier film Ceux qui servent en mer, une œuvre de propagande pendant la seconde guerre mondiale qui racontait l’histoire mouvementé d’un destroyer et de son équipage.

 Noël Coward, à la fois écrivain, scénariste, metteur en scène, acteur et producteur apprécia sa collaboration avec le débutant David Lean. Il accepta de financer deux comédies qu’il réalisé à la fin de la guerre : Heureux mortels (1944) qui fut le plus gros succès commercial de l’année et L’Esprit s’amuse (1945), récompensé de l’Oscar des meilleurs effets visuels. Beaucoup d’autres suivront les décennies suivantes. Après cinq années de guerre, de larmes et de privations, le public souhaitait s’amuser. L’année suivante, Brève rencontre adapté d’une pièce de Coward partagea la Palme d’or (baptisé alors grand prix du festival international du film) du 1er festival de Cannes avec dix autres films dont La Symphonie pastorale de Jean Delannoy et Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini. David Lean adapta les années suivantes deux livres de Charles Dickens : Les Grandes espérances remporta deux Oscar (direction artistique, meilleur photographie) ; Oliver Twist, un film sombre à la photo expressionniste dans lequel débuta Alec Guinness.

Le succès populaire grâce au Pont de la rivière Kwaï

Fort de ses succès, David Lean créa sa propre maison de production. Il enrôla sa seconde épouse – il se maria six fois - l’actrice Ann Todd dans la comédie dramatique Les Amants passionnés (1949) et le film policier Madeleine (1950). Ces deux films furent boudés par le public, tout comme Le Mur du son (1952), une œuvre pesante proche du documentaire à la gloire de l’aviation britannique. La comédie endiablée Chaussure à son pied (1954) avec Charles Laughton lui permit de renouer avec le succès. En 1955, il sortit des studios et planta sa caméra à Venise qui servit de décors naturels à Vacances à Venise avec une éblouissante Katharine Hepburn. Séduit par sa manière de transformer l’environnement en personnage à part entière du film, le producteur américain Sam Spiegel lui proposa en 1957 d’adapter pour le cinéma Le Pont de la rivière Kwaï, le livre de Pierre Boulle. Servi par des acteurs de talent dont les britanniques Alec Guinness, Jack Hawkins, l’américain William Holden et le japonais Sessue Hayakawa, le film contait l’histoire de la construction d’un pont dans la jungle birmane par des prisonniers de guerre alliés, tiraillés entre un officier collaborateur et des détenus prêts à saboter l’ouvrage. Dès sa sortie, le film remporta un immense succès mondial. Il remporta sept Oscar : meilleur film (Sam Spiegel), meilleur réalisateur (David Lean), meilleur acteur (Alec Guinness), meilleur scénario adapté (Pierre Boulle), meilleur montage (Peter Taylor), meilleure photographie (Jack Hildyard) et meilleure musique (Malcolm Arnold) avec la célèbre Marche du colonel Bogey, sifflotée par des générations de spectateurs.

La reconnaissance artistique avec Lawrence d’Arabie

Etiqueté « réalisateur commercial» par une partie de la critique cinématographique qui lui reprochait de réaliser des œuvres formatées pour un public populaire et peu cultivé, David Lean disparut du grand écran pendant cinq ans. Il prépara minutieusement son film suivant, Lawrence d’Arabie, un film historique inspiré de la vraie vie de l’officier britannique Thomas Edward Lawrence qui conseilla le futur roi d’Arabie Fayçal ibn Hussein et organisa la révolte arabe contre l’Empire ottoman, pendant la Grande Guerre. Il réunit de grands acteurs internationaux, Peter O’Toole, Alec Guinness, Anthony Quinn, Omar Sharif et tourna dans des décors désertiques en Jordanie, au Maroc, en Andalousie. Le film réconcilia le cinéaste avec la critique anglo-saxonne. Le mot « chef-d’œuvre » apparut dans nombre d’articles et de commentaires de journaux. En France, l’historien du cinéma Georges Sadoul marqua ses distances : « film à la gloire du célèbre espion et de ses intrigues colonialistes au Moyen-Orient » Le public mondial plébiscita le film en remplissant les salles de cinéma. Hollywood lui décerna sept Oscar : meilleur film (Sam Spiegel), meilleur réalisateur (David Lean), meilleure musique (Maurice Jarre), meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleur montage, meilleur son. Modeste, David Lean déclara : « Tout ce que j’aime, c’est raconter des histoires », sans jamais donner son point de vue, en laissant au spectateur la liberté d’élaborer sa propre opinion.

 En 1965, il adapta pour le cinéma Le Docteur Jivago adapté du livre de Boris Pasternak, un drame historique qui se déroulait des années 1910 à 1950, dans la Russie tsariste puis en Union soviétique. Prince arabe dans Lawrence d’Arabie, Omar Sharif devint Youri Jivago dans ce nouveau film. Il donna la réplique à Julie Christie, Alec Guinness, Géraldine Chaplin et Rod Steiger. Le film remporta un énorme succès commercial et cinq Oscar (scénario, direction artistique, musique pour Maurice Jarre, photographie, costumes). Selon des historiens du cinéma, avec une recette de 1,8 milliards d’euros, il se classerait à la huitième place des films les plus rentables. Après une absence de cinq ans, David Lean réalisa en 1970 La Fille de Ryan, un drame intimiste inspiré librement de Madame Bovary de Gustave Flaubert. Malgré un bon accueil de la profession (deux Oscar et un Donatello), le film fut boudé par le public.

 David Lean connut alors une longue traversée du désert volontaire de quatorze ans. En 1984, il adapta pour le cinéma La Routes des Indes, le livre d’Edward Morgan Foster. Ce récit épique situé dans les Indes britanniques au moment de la naissance du mouvement en faveur de l’indépendance reçut un bon accueil public et…deux Oscar dont un nouveau pour la musique (Maurice Jarre). En récompense de sa longue carrière, la reine Elisabeth II l’éleva au titre de chevalier de l’Empire britannique

 Sir David Lean préparait avec Steven Spielberg l’adaptation de Nostromo, le livre de Joseph Conrad, quand il mourut des suites d’une longue maladie.

J.-P.G.

Demain : Aimé Césaire

masculin
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28 Janvier 2017 - 3:39pm

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