Davy Crockett

Il est décédé le 

Elle est décédée le

6 Mars 1836

Trappeur et homme politique américain, né le 17 août 1786 dans le comté de Greene (Tennessee), décédé au siège de Fort Alamo (Texas), à l’âge de 49 ans. Cent quatre-vingts ans après sa disparition, ce personnage emblématique de la « conquête de l’ouest » reste un objet d’étude pour les historiens. 

 Etait-il ce héros national et populaire donné en exemple aux enfants américains ou l’oppresseur des nations indiennes dépossédées de leurs terres par des pionniers d’origine européenne ?

 Né une dizaine d’années après la proclamation de l’indépendance américaine, David Crockett appartenait à une famille de colons Irlandais venue chercher fortune en Amérique, comme tant d’autres. Sa généalogie montrait qu’il descendait d’un officier français huguenot, appartenant à la garde de Louis XIV. Après la révocation de l’Edit de Nantes par le Roi-Soleil en 1685, le soldat protestant émigra en Irlande pour échapper aux persécutions religieuses. Dans son pays d’accueil, le capitaine français qui se nommait Croquetagne anglicisa son nom en Crockett. Le siècle suivant, ses descendants tentèrent l’aventure américaine. Ainsi John Crockette, le père de Davy, ouvrit un restaurant et devint un notable local, appartenant à la franc-maçonnerie.

 A l’âge de 27 ans, Davy Crockett s’engagea dans les volontaires du Tennessee, une milice militaire dont le chef était Andrew Jackson, futur président des Etats-Unis (entre mars 1829 et 1837). Sous ses ordres, il participa à sa première guerre contre les indiens. Les Muskogees, dont les terres s’étendaient entre l’Alabama, le Tennessee et la Géorgie avaient pris les armes pour s’opposer à la pénétration des anglo-américains dans leurs territoires et à leur prétention à vouloir les « civiliser », au besoin par la force. Une guerre féroce opposa les deux parties. Davy Crockett combattit les insurgés aux cotés de la poignée d’indiens restés fidèles aux américains. D’abord victorieux, les indiens s’emparèrent de fort Mims près de Mobile (Alabama) et massacrèrent ses occupants, y compris les femmes et les enfants. L’armée américaine et les milices du Tennessee, mieux armées, reprirent rapidement l’avantage. Elles écrasèrent dans le sang la révolte, tuant plus de 3000 indiens, affamant les survivants. En 1814, les Muskogees furent contraints de signer le traité de Fort Jackson. Rejetés à l’ouest du Mississippi, ils cédèrent la moitié de leurs territoires ancestraux (100 000 kilomètres carrés). Les Muskogees qui avaient soutenu les américains furent également chassés d’une partie de leur territoire. Les soldats vainqueurs s’y installèrent et les pionniers affluèrent. En une dizaine d’années, la population de l’Alabama fut multipliée par douze, la rendant éligible à l’adhésion à l’Union.

 L’histoire ne dit pas si Davy Crockett s’opposa à la décision de Jackson de maltraiter les indiens qui les avaient soutenus. Il fut nommé juge de paix. Elevé au grade de colonel de la milice, il entama une carrière politique. Nommé député à l’Assemblée législative du Tennessee, il se démarqua de ses collègues de la ville en défendant les trappeurs qui couraient les bois et les pionniers victimes des spéculateurs fonciers. Elu en 1827 député démocrate du Tennessee à la Chambre des représentants, il siégeait habillé en trappeur. Cela lui valut une immense popularité au sein de l’Amérique profonde toujours prompte à brocarder les beaux-messieurs du Capitole. Il poursuivit à Washington sa croisade en faveur des pionniers, incapable de payer les fermages réclamés par les propriétaires fonciers qui avaient racheté aux soldats les terres volés aux amérindiens.

 En 1830, il s’opposa à l’Indian Removal act, une loi proposée par le président Jackson qui ordonnait la déportation des amérindiens vivants entre l’Atlantique et le fleuve Mississippi. Votée à une faible majorité (103 voix contre 97) par la Chambre des représentants, l’expulsion des Cherokees, baptisée « la marche des larmes », causa la mort de milliers de personnes. Etonnant revirement ou prise de conscience tardive de la part d’un homme qui avait participé, les armes à la main, à l’oppression des Amérindiens. Ses électeurs désorientés par son engagement nouveau en faveur des indiens le désavouèrent en votant pour son adversaire républicain aux élections de mars 1831. Il prit sa revanche en 1833. La question de l’abolition de l’esclavage et le sort réservé aux amérindiens divisaient ces années-là le parti démocrate. Davy Crockett reconduisit son soutien aux Indiens. A l’élection législative de 1835, la population se détourna de lui pour la seconde fois et envoya au Capitole son concurrent.

 Davy Crockett s’engagea alors dans un nouveau combat : l’émancipation du Texas. 70 000 colons américains installés dans l’Etat du Tejas contestaient la tutelle politique du Mexique. En janvier 1836, à la tête d’une troupe de 65 hommes Davy Crockett prêta serment devant le gouvernement provisoire texan : il promit de lutter aux côtés des insurgés jusqu’à l’indépendance. L’année précédente, les colons américains avaient chassé les mexicains de la plus grande partie du Texas. Mais, le général mexicain Santa Anna ne s’avouait pas vaincu. Il rassembla une armée nombreuse (6000 hommes) et puissante (artillerie moderne) pour reconquérir les territoires perdus. Il avança rapidement à l’intérieur du Texas. Pour l’arrêter ou ralentir sa progression, les insurgés se retranchèrent à San Antonio de Bexar dans un ancien poste religieux fondé par les espagnols sous le nom de mission Alamo. Le commandant de fort Alamo, le colonel Neil, jugea que la disproportion des forces ne lui permettait pas de résister longtemps. Il demanda des renforts. On lui envoya une centaine d’hommes dont les miliciens commandés par Davy Crockett. Ils renforcèrent les 100 combattants déjà présents. Le trappeur fut chargé avec ses hommes de défendre la palissade sud.

Le 23 février 1836, les 3000 mexicains mirent le siège de fort Alamo. Les texans résistèrent pendant 13 jours, infligeant de lourdes pertes à leurs ennemis. Les secours qu’ils attendaient n’arrivèrent jamais. Des bombardements intensifs contre la ville et plusieurs assauts furent nécessaires pour vaincre la résistance des texans. Le 5 mars, les mexicains forcèrent les murailles en divers points. Ils encerclèrent la caserne et l’église où s’étaient réfugiés les texans survivants. Le 6 mars, aidés par la cavalerie, ils exterminèrent les derniers combattants. On compta 182 morts parmi les texans. Seules les femmes et les enfants des colons, cachés dans la sacristie, et quelques esclaves échappèrent à la mort. Selon des historiens, le nombre de soldats mexicains tués et blessés avoisinait les 600. Des rumeurs laissèrent accroire que Davy Crockett, à court de munitions, se serait rendu ou aurait été fait prisonnier, avant d’être exécuté sur ordre de Santa-Anna. D’autres témoins affirmèrent avoir vu son corps criblé de balles au milieu des défenseurs de fort Alamo. Selon toute probabilité, le milicien du Tennessee fut tué avec ses hommes alors qu’ils protégeaient l’église. On ne retrouva jamais les corps des américains. Les mexicains les incinérèrent sur des bûchers improvisés.

 Six semaines plus tard, les miliciens texans vengèrent leurs camarades, en attaquant par surprise le camp de Santa-Anna, aux cris de « souvenez-vous de l’Alamo ». Vaincu à la bataille de San Jacinto, le général mexicain, évacua le Texas. Le territoire fut définitivement perdu pour le Mexique.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Paul-Emile Victor

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