Edmund Hillary

Il est décédé le 

Elle est décédée le

11 Janvier 2008
Edmund Hillary et Tenzing Norgay. Illustration de Marc Daniau

Alpiniste néo-zélandais, né le 20 juillet 1919 à Auckland (Nouvelle-Zélande), décédé dans la même ville, à l’âge de 88 ans. Il fut le premier homme, avec son sherpa népalais Tenzing Norgay, à vaincre l’Everest (8848 mètres). Au sortir de la seconde guerre mondiale, dans les années cinquante, l’exploration de l’espace semblait la nouvelle terra incognita à conquérir.

Pendant que les grandes nations industrielles mobilisaient les savoirs techniques, les moyens financiers, les énergies humaines pour préparer les grandes expéditions de la décennie suivante, un jeune adolescent rêvait d’être le premier homme à poser le pied non pas sur Lune mais au sommet du mont Everest, le toit de la Terre situé 8848 mètres au dessus du niveau de la mer. Un objectif partagé par beaucoup d’autres alpinistes dans le monde.

 Cet homme, Edmond Hillary, né à Tuakau , près d’Auckland, une ville située au bord de l’Océan, Pacifique, attrapa le virus de l’alpinisme à l’âge de quatorze ans quand il escalada le volcan  Ruapehu qui culmine à 2796 mètres d’altitude dans la cadre d’un voyage scolaire. La passion de la montagne ne le quitta plus jamais. Pour financer ses escapades alpines pendant l’été, il devint apiculteur avec son frère. Quand la seconde guerre mondiale éclata, il abandonna ses abeilles et s’engagea comme copilote dans l’aviation de guerre néo-zélandaise. A la fin des hostilités, il se remit à commercialiser du miel. Mais en 1951, une nouvelle expédition britannique se lança à la conquête de l’Everest. Invité en qualité de sujet du Commonwealth, il participa à  l’équipée qui échoua. Hillary se promit de revenir et d’atteindre enfin le sommet toujours inviolé.

 Deux ans plus tard, le général de brigade John Hunt fut chargé de diriger une nouvelle expédition (la neuvième) pour enfin vaincre la cime la plus haute du monde. Edmund Hillary fut convoqué. Comme il l’écrira plus tard, l’apiculteur était lucide sur ses qualités et défauts : « Comme alpiniste, je ne suis pas un crack. J’ai juste une bonne constitution, beaucoup d’enthousiasme, et je suis bon en glace ». Après un mois d’approche, l’expédition atteignit le camp de base. John Hunt désigna deux équipes pour atteindre le sommet à partir du sud col situé à 7900 mètres d’altitude. La première était composée de Thomas (Tom) Bourdillon et de Charles Evans ; la seconde comprenait Edmund Hillary et le guide népalais Tenzing Norgay.

Sur le toit du monde

La première paire se mit en route le 26 mai à 8 heures du matin. Les deux alpinistes montèrent à l’assaut de la montagne, en étant équipés d’un nouveau système de respiration d’oxygène en circuit fermé. L’appareil était muni de boîtes contenant de la chaux sodé permettant le recyclage  et l’épuration de l’air. Ce dispositif  ingénieux permettait d’augmenter l’autonomie de la machine. A 13 heures, les deux hommes atteignirent le pic sud de l’Everest à 8 751 mètres du sommet. Encore une petite centaine de mètres de dénivelé à escalader, soit trois heures de marche. Malgré une météo favorable, ils ne purent conclure. Leur réserve d’oxygène épuisée après le gel des boîtes contenant la chaux, ils durent rebrousser chemin près du but.

 Le 28 mai, John Hunt demanda à la seconde paire d’escaladeurs de tenter l’ascension. Edmund Hillary et Tenzing Norgay choisirent d’emporter un système classique de respiration dit à circuit ouvert, rustique certes mais qui avait fait ses preuves. Ils quittèrent le camp de base dans la matinée et progressèrent lentement. Après une nuit de bivouac à 8500 mètres, ils s’attaquèrent à la dernière arête le matin du 29 mai. Hillary ouvrit la voie dans une cascade de glace et franchit une saillie de douze mètres qui porte depuis son nom. A 11h 30, les deux hommes atteignirent le sommet le plus haut de la planète.

 Voici comment Hillary décrivit l’événement : « Soudain il m'apparut que l'arête, devant nous, au lieu de continuer à s'élever, tombait brusquement (...) encore quelques coups de piolet dans la neige durcie, et nous étions au sommet ! (...) Nous nous serrions les mains, puis Tensing me jeta le bras autour des épaules. (...) Je sortis l'appareil photo et lui demandai de  poser  au sommet, en agitant son piolet paré de toute une banderole de drapeaux ...  »

 La photo est connue. Une silhouette se détache sur le fond bleu profond du ciel. Le masque à oxygène cache le visage. On distingue sur le manche du piolet trois fanions symbolisant la victoire. Aux journalistes qui lui demandaient pourquoi il n’y avait aucune photo de lui, Hillary expliqua que Tensing ne connaissait pas le maniement de l'appareil photo, ajoutant : « le sommet de l'Everest n'était pas l'endroit indiqué où je pouvais lui apprendre comment l'utiliser ».

 Les deux hommes ne s’attardèrent pas. Au bout d’une quinzaine de minutes, ils entamèrent la descente en direction du camp de base. John Hunt annonça l’extraordinaire nouvelle au monde. Elle parvint au Royaume-Uni, le 2 juin, le jour du couronnement de la reine Elisabeth II. La souveraine anoblit le chef de l’expédition ainsi qu’Edmund Hillary mais pas Tenzing Norgay. A son retour dans le monde de ses semblables Hillary, âgé de 33 ans, put mesurer l’étendue de sa popularité.  Il fut le premier étonné. Il écrivit dans sa biographie : « Mes principales réactions furent le soulagement et la surprise : soulagement parce que c’en était fini de la longue épreuve et que l’inaccessible avait été atteint. Surprise, parce que ça m’était arrivé à moi, le vieux Ed Hillary(…) Que moi, l’apiculteur, je sois le premier au sommet de l’Everest, je n’arrivais tout simplement pas à y croire ».

 Des années plus tard, quand les journalistes lui demandaient qui avait atteint  le premier le sommet, il répondait que lui et Tenzing y étaient arrivés ensemble dans une même cordée.  Il ne reprit jamais sa vie d’apiculteur. Entre 1956 et 1965, il gravit les dix autres plus hauts sommets de l’Himalaya. En 1957, il codirigea une expédition dans l’Antarctique et atteignit le pôle  sud  le 4 janvier 1958. Il donna des conférences dans le monde entier. Chaque année, il se rendait au Népal. Pour venir en aide aux sherpas et à leurs familles, il fonda l’association Himalayan trust, finançant la construction d’écoles et d’hôpitaux. La chaîne de l’Himalaya lui avait apporté la gloire et la renommée ; mais sur les pentes qu’il avait conquises s’écrasa en 1975 un avion dans lequel se trouvaient son épouse Louise et sa fille Belinda. Les deux femmes périrent dans le crash.

 A la fin de sa vie, le gouvernement de Nouvelle –Zélande le nomma ambassadeur en Inde et au Népal. En 1999, une cordée américaine découvrait le corps gelé de l’alpiniste George Mallory à 8290 mètres d’altitude. Le britannique avait été aperçu pour la dernier fois le 8 juin 1924 sur la crête nord de l’Everest. Certains affirmèrent qu’il avait peut-être atteint le sommet avant sa disparition. Hillary répondit plein de bon sens que l’objectif n’était pas de savoir qui l’avait vaincu en premier mais qui était le premier à en être redescendu vivant.

Le cœur de ce géant débonnaire s’arrêta de battre à l’âge de 88 ans.  Son ami Tensing Norgay avait quitté ce bas-monde le 9  mai 1986, à l’âge de  71 ans.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

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16 Décembre 2016 - 3:35pm

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16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

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Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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