Edward Hopper

Il est décédé le 

Elle est décédée le

15 Mai 1967

Peintre américain, né le 22 juillet 1882 à Nyack (Etat de New York), décédé à New York, à l’âge de 84 ans. Le peintre réaliste de la vie quotidienne de la classe moyenne américaine n’a jamais été inféodé à aucun courant, aucune coterie, aucune école, d’où sa modernité. En revanche, il a inspiré des photographes, des cinéastes, des écrivains.

Aussi silencieux et mélancolique que ses personnages semblaient l’être dans ses tableaux, Edward Hopper restait muet face aux journalistes qui le questionnaient sur sa peinture : difficile de lui arracher la moindre confidence. Quand, il était loquace, le peintre consentait à lâcher une phrase : « Si vous pouviez le dire avec des mots, il n’y aurait aucune raison de le peindre ». Un résumé saisissant sur les raisons qui l’avaient poussé à devenir un peintre. Seule la peinture pouvait exprimer l’inexprimable.

Le jeune Edward naquit au sein d’une modeste famille de commerçant qui exploitait une mercerie dans un village situé à une trentaine de kilomètres au nord de New York. Ses parents veillèrent à lui faire suivre une éducation de qualité. Membres de l’église baptiste, Ils financèrent ses études dans des établissements privés. En 1900, le jeune Edward s’inscrivit à la New York School of Art. Pour parfaire sa formation, à l’imitation des « voyages en Italie » réalisés par les artistes du XIXème siècle, il entreprit en 1906 un voyage en Europe pour se familiariser avec les œuvres des grands peintres européens. Il visita plusieurs pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, etc.), visita les villes historiques, les musées. Mais, la cité qui l’impressionna le plus fut Paris. Amoureux de la ville lumière, il s’y attarda, y effectuant trois séjours jusqu’en 1910. Il apprit la langue, se familiarisa avec sa culture au point d’être capable de lire des romans dans le texte original. Influencé par les impressionnistes français sans jamais les imiter, il y peignit ses premiers tableaux, des paysages urbains (Pont à Paris, 1906, Le pont des arts, Les lavoirs à pont royal, 1907, Le train aérien, 1908, Intérieur en été, Le Louvre pendant un orage, Le pavillon de Flore, 1909).

 De retour à New York, il trouva un emploi comme illustrateur pour la publicité. Il peignait pendant ses loisirs et ses vacances des tableaux sur New York ou la campagne environnante. Il présenta ses œuvres françaises et quelques tableaux réalisés en Amérique dans des expositions collectives, sans grand succès. Il vendit sa première toile en 1913. La décennie suivante déroula ses mornes années. Personne ne s’intéressait au peintre Edward Hopper. En revanche, ses talents d’illustrateurs lui valurent de remporter en 1919 un prix national pour une affiche publicitaire.

 L’année 1924 marqua un double changement dans la vie personnelle et artistique du peintre : en juillet, il épousa une jeune peintre Joséphine Verstille Nivison, surnommée Jo ; en décembre, il annonça son intention de prendre pour modèle la société américaine en pleine mutation et de s’affranchir des influences artistiques de la France qui l’avait inspiré depuis ses voyages parisiens quinze ans plus tôt. Il ajouta qu’il fallait « retirer l’art américain à sa mère française ». La jeune fille à la machine à coudre peinte en 1921 préfigurait son nouveau choix artistique.

 Il emménagea avec sa femme dans un appartement à Greenwich village où il vécut jusqu’à sa mort. Il peignit des paysages urbains, comme abandonnés par les hommes (Maison au bord de la voie ferrée, 1925 dont Alfred Hitchcock s’inspira pour la demeure de son film Psychose, 1925, La ville, 1927, Fenêtre la nuit, Portiques à Manhattan, 1928, Tôt un dimanche matin, 1930, Chambres à New York, 1931-1936, Cinéma à New York, 1939). Il réalisa aussi des paysages ruraux souvent traversés par des routes ou des voies ferrées désertes qui semblaient conduire nulle part (Route dans le Maine, 1914, Maison du Cap Cod, 1927, Passage à niveau, 1923, Les phares, 1927-1929, Coucher de soleil sur voie ferrée, 1929). En 1933, le Muséum of Modern Art de New York lui consacra une première rétrospective. Il devint un des grands peintres de l’époque, à l’égal d’un Jackson Pollock ou d’un Francis Bacon, ses cadets talentueux et révolutionnaires.

 Il peignit de manière réaliste la vie quotidienne des américains de la classe moyenne dans leur banalité : dans leur chambre à coucher (Fenêtres la nuit, 1928, Morning sun pour lequel son épouse Jo servit de modèle en 1952), au restaurant (Noctambules, l’un de ses plus célèbres tableaux, 1942, Soleil dans une cafétéria, 1958), à l’hôtel (Hall d’hôtel, 1943, Hôtel près d’une voie ferrée, 1952), au bureau (Bureau de nuit, 1940). Le plus souvent Edward Hopper représentait des personnages silencieux, perdus dans leurs pensées, mélancoliques, seuls dans des paysages urbains vides. Ses tableaux troublaient parce qu’ils semblaient suspendre le temps comme si un événement terrible s’était produit ou allait se produire, au point de changer la vie de ses personnages.

Le peintre mourut dans son atelier de New York à l’âge de 84 ans. Son épouse Joséphine qui fut son seul modèle sa vie durant lui survécut à peine dix mois.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Albert Londres

masculin
Google news Référence: 
176
21 Avril 2016 - 12:58pm

Une vie, un portrait du jour

25 Mai 1946

25 Mai 1954

25 Mai 2014

Une vie, un portrait du jour

25 Mai 2001

Alberto Korda

Photographe cubain, né le 14 septembre 1928 à La Havane (Cuba), décédé à Cuba, à l’âge de 72 ans. Auteur de la photo mondialement connue de Che Guevara pour laquelle il ne toucha aucun droit d’auteur.

25 Mai 1998

Dany Robin

Actrice française, née le 14 avril 1927 à Clamart (Seine), décédée à Paris, à l’âge de 68 ans. Comédienne de théâtre, elle tourna dans plus de soixante dix films dont Le Silence est d’or (1947) de René Clair, Frou-Frou (1955) d’Augusto Genina, L’étau (1969) d’Alfred Hitchcock.

Une vie, un portrait
des jours précédents

24 Mai 1941

24 Mai 1974

24 Mai 1543

23 Mai 2013

23 Mai 1992