Emile Zola

Il est décédé le 

Elle est décédée le

29 Septembre 1902

Ecrivain français, né le 2 avril 1840 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 62 ans. Romancier naturaliste populaire en France et dans le monde, il dépeignit avec réalisme la société française de la fin du XIXeme siècle. Il s’engagea résolument en faveur du capitaine Dreyfus. Son « J’accuse » publié dans L’aurore de Clémenceau lui valut d’être condamné. Après sa mort accidentelle, son corps fut transféré au Panthéon.

 Conter « l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire » voilà l’objectif que se fixe Emile Zola dès 1868. Des années de labeur régulier et une cadence moyenne d’un roman par an vont lui permettre de réaliser son projet avec le cycle des Rougon-Macquart. Une vingtaine d’ouvrages qui permettent de mieux connaître la société française de la deuxième partie du XIXème siècle, vingt livres qui racontent la difficulté de la condition ouvrière ou paysanne, le monde de la finance ou l’univers des grands magasins.

 Le jeune Emile, qui nait à Paris le 2 avril 1840, d’un père originaire de Venise, n’a pas encore cette ambition. Il suit sa famille à Aix-en-Provence où son père, ancien officier italien, est devenu ingénieur de travaux publics. Il a le projet de construire un canal pour alimenter la ville en eau potable. Hélas Il meurt de pneumonie en 1847. Orphelin à sept ans, Emile Zola poursuit ses études à Aix-en-Provence, puis à Paris où il vit difficilement avec sa mère. Après deux échecs au baccalauréat il abandonne les cours et pratique divers petits métiers avant d’entrer, en 1862, à la librairie Hachette. Il débute en emballant des livres, puis devient chef de la publicité. Il commence à écrire des contes, plusieurs sont réunis dans un volume qui est publié en 1864.

 C’est à son ami Paul Cézanne, connu au collège Bourbon d’Aix-en-Provence où ils étaient élèves, qu’il doit de rencontrer des peintres tels que Monet, Renoir, Sisley, Pissarro et Manet. Décidé à vivre de sa plume, il démissionne de la librairie Hachette en janvier 1866. Le scandale de la publication de certains de ses articles sous le titre Mes Haines et le soutien qu’il apporte à un peintre comme Manet le font rapidement connaître. Il collabore épisodiquement, puis régulièrement, en tant que critique littéraire et artistique aux rubriques de différents journaux.

 Admirateur des Goncourt et séduit par les idées de Taine et du médecin Claude Bernard, il évolue assez vite vers le réalisme et même le naturalisme qui se manifeste déjà dans l’un de ses premiers romans Thérèse Raquin, qui est aussi sa première réussite. Après la guerre de 1870, à laquelle il ne participe pas parce que, fils de veuve et myope, il n’est pas mobilisable, il devient journaliste parlementaire. C’est en juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l’éditeur Georges Charpentier lui assurant cinq cents francs par mois, que commence véritablement sa carrière littéraire, qu’il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. Peu à peu ses romans lui valent l’amitié d’écrivains comme Flaubert, les frères Goncourt, Daudet et Tourgueniev. Le succès de L’Assommoir, en 1877, septième volume des Rougon-Macquart, lui confère à la fois la notoriété et l’aisance. La villa qu’il a acquise à Médan, sur les bords de la Seine, devient le lieu de rendez-vous de jeunes écrivains tels que Huysmans ou Maupassant.

 Les grands romans de Zola, Nana en 1880, Au Bonheur des dames en 1883, Germinal en 1885, L’Œuvre en 1886, qui le brouille définitivement avec Cézanne, permettent au naturalisme de triompher dans toute l’Europe, où il est traduit, et lui assure un train de vie confortable. Marié à Alexandrine depuis 1870, il succombe aux charmes de Jeanne Rozerot, une femme de 21 ans qui est à leur service dix ans plus tard. De cette liaison, tout d’abord cachée, naissent deux enfants, Denise et Jacques. Alexandrine, sans doute avertie de la situation par le biais d’une lettre anonyme et déjà meurtrie par le fait de n’avoir pas d’enfant, réagit violemment. Finalement Zola s’engage à ne pas la quitter, promesse qu’il tiendra, et à ne plus voir Jeanne, ce qu’il ne peut se résoudre à faire. Le romancier essaie, tant bien que mal, d'organiser sa double vie en partageant son temps entre Alexandrine et Jeanne. En juillet 1894, il écrit : « Je ne suis pas heureux. Ce partage, cette vie double que je suis forcé de vivre finissent par me désespérer. J'avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible ».

 Indigné par la dégradation du capitaine Dreyfus, le 5 janvier 1895, Emile Zola dénonce, à travers trois articles qui paraissent à la fin de l’année 1895 dans Le Figaro, les campagnes de presse contre la République et les Juifs. Convaincu que le véritable coupable de l’affaire Dreyfus est le commandant Esterhazy, qui est acquitté à l’unanimité le 11 janvier 1898, Zola publie dans L’Aurore deux jours plus tard un article intitulé « J’accuse ».

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Condamné à un an d’emprisonnement et à 3 000 francs d’amende, il doit quitter la France le 18 juillet 1898. Pendant un an il va vivre à Londres tout en continuant à écrire.

 A son retour, en 1899, injurié, radié de l’ordre de la Légion d’honneur, abandonné par une partie de ses lecteurs, tout à ses aspirations humanitaires, il entreprend les Quatre Evangiles. Fécondité et Travail sont publiés en 1899 et 1901, mais Vérité l’est à titre posthume en 1903. En effet Zola meurt asphyxié par le poêle de son bureau le 29 septembre 1902. Une foule rend hommage à l’écrivain qui avait osé mettre en jeu sa notoriété pour rester fidèle à sa morale. Son corps repose au Panthéon depuis le 4 juin 1908.

Serge Bolloch

Illustration : Marc Daniau

Demain : Simone Signoret

masculin
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