Erasme

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Elle est décédée le

12 Juillet 1536

Philosophe et théologien hollandais, né entre 1466 et 1469 à Rotterdam (comté de Hollande), décédé à Bâle (Suisse), à l’âge de 68 ans. Surnommé le « prince des humanistes », il exerça une grande influence intellectuelle pendant la Renaissance. Ecrivain néo-latin, théologien et pédagogue réformateur, il développa sa pensée dans des milliers de lettres et plusieurs livres dont une Eloge de la folie (1509) et des Adages (1500-1536).

Fruit des amours illégitimes entre un copiste et futur prêtre et la fille d’un médecin, Desiderius Erasmus fut élevé à Gouda. Après la mort prématurée de sa mère il fut confié avec son frère à un tuteur qui l’obligea à entrer dans le monastère de Stein où il prononça ses vœux en 1488 avant d’être ordonné prêtre par l’évêque d’Utrecht en 1492. Connu pour maitriser parfaitement le latin – la langue internationale de l’époque – et pour connaitre les grands auteurs de la littérature classique romaine, il devint le secrétaire de l’évêque de Cambrai. En 1495, ce dernier l’autorisa à venir compléter sa formation intellectuelle à Paris, alors un des centres principaux des études scolastiques. Il y rencontra plusieurs grands philosophes et enseignants italiens qui l’influencèrent. Il finança ses études de théologie en donnant des cours de latin. Il fut un témoin des grands débats qui agitaient alors le monde universitaire et littéraire. Les tenants conservateurs du formalisme philosophique médiéval s’opposaient aux défenseurs progressistes du néo-classicisme qui se développait après la redécouverte des grands textes de la littérature antique. Il fut un des premiers penseurs à soumettre les textes sacrés aux règles de la science. Il donna son opinion dans des milliers de lettres adressées à des correspondants vivant aux quatre coins de l’Europe. Les rois et les princes étaient ses destinataires mais aussi de simples érudits. En 1499, Erasme franchit la Manche et fréquenta les universités d’Oxford et de Cambridge en qualité d’étudiant d’abord et ensuite comme enseignant. En Angleterre, il devint l’ami de John Colet et de Thomas More avec qui il resta en correspondance pendant quatre décennies.

Voyageur infatigable, il visita enfin l’Italie à partir de 1506. Il y demeura plusieurs années. Il se fit archéologue et fouilla les majestueux sites antiques. Il se transforma en étudiant pour apprendre le grec et lire les manuscrits anciens dans le texte originel. Il fréquenta les bibliothèques. Il rencontra de nombreux savants, théologiens artistes qui fréquentaient la cour du pape. Il fut choqué par sa magnificence.

 En 1511, Erasme publia en latin son Eloge de la Folie. S’inspirant de l’auteur satirique grec Lucien de Samosate, il s’y moquait avec humour du comportement des classes dirigeantes européennes qu’elles fussent religieuses ou laïques. Il y faisait parler la déesse Folie qui critiquait à sa manière les théologiens, les moines, le clergé, les courtisans. L’ouvrage obtint un grand succès lors de sa publication. Le pape Léon X le trouva « amusant » malgré les critiques acerbes contre les religieux. Mais ses successeurs ne partagèrent pas son avis. L’ouvrage exerça une grande influence dans la propagation des idées de la Réforme. Il fut mis à l’index en 1557 au moment de la Contre-réforme. Celui qui avait choisi la devise « Nulli Concedo » (« je ne fais de concession à personne ») aurait sans doute été surpris par ce retour en arrière, d’autant qu’il refusa les avances du fondateur du protestantisme Martin Luther dont il critiqua en 1524 la doctrine dans De Libero arbitrio (« Essai sur le libre arbitre »). En 1516, Erasme proposa une nouvelle traduction du Nouveau Testament, de grec vers latin. Celle utilisée jusque-là par l’Eglise avait été élaborée 1000 ans plus tôt par Saint Jérôme.

L’un des pères de l’humanisme

Au cours de ses nombreux voyages, Erasme avait pu constater les conséquences désastreuses des guerres sur les populations civiles. L’interminable conflit entre le roi de France François 1er et l’empereur germanique Charles Quint ainsi que les invasions turques avaient provoqué la ruine de nombreux territoires européens. Dans ses nombreuses lettres adressées aux belligérants Erasme admonestait les souverains et exigeait la fin des guerres. Bien avant le vote des lois de séparation des Eglises et de l’Etat, Erasme estimait que le rôle principal de l’institution ecclésiastique était de diffuser la foi parmi les fidèles mais pas d’être organisée et gouvernée comme un Etat. Les inquisiteurs critiquèrent abondamment cette prise de position iconoclaste. Les écrits d’Erasme favorisèrent sans doute l’émergence du protestantisme bien que le théologien refusât toujours de rejoindre le mouvement et qu’il mourût au sein de l’Eglise catholique.

 La « découverte » de l’Amérique et des peuples qui y vivaient conduisit l’humaniste à considérer que l’homme se définissait indépendamment de la religion et était doué du libre arbitre. Lui-même se proclamait comme un sujet de l’univers. Il se reconnaissait deux patries : la République des lettres et l’Eglise chrétienne. Il vécut les dernières années de sa vie en Suisse. En juillet 1535, il apprit avec consternation l’exécution de Thomas More sur ordre du roi anglais Henry VIII. Nommé chancelier du roi, More avait désavoué le divorce de son souverain. Il avait refusé d’assister au couronnement de sa nouvelle épouse Anne Boleyn. Henri VIII l’accusa de trahison et le fit décapiter. Erasme écrivit à un ami : « Dans l'exécution de More je meurs moi-même un peu. Nous étions deux amis ayant une seule âme entre nous ».

 Il s’éteignit l’année suivante. Il laissa en dépôt son œuvre humaniste. Moins de sept ans plus tard, ses livres ainsi que ceux de Martin Luther furent brûlés publiquement à Milan. Mais comme l’avait écrit son autre ami anglais John Colet : « Le nom d’Erasme ne périra jamais ».

J.-P.G.

Demain : Jean-Paul Marat

masculin
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Ecrivain et journaliste français, né le 26 mai 1822 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à Champrosay (Essonne), à l’âge de 74 ans. Auteur de Renée Mauperin (1864) et du Journal des Goncourt (1854-1891), il proposa en 1892 la création de l’Académie Goncourt qui avait vocation à décerner chaque année un prix littéraire. Le cénacle littéraire vit le jour en 1900. Le premier lauréat fut en 1903 John-Antoine Nau pour Force ennemie

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Eugène Poubelle

Préfet français, né le 15 avril 1831 à Caen (Calvados), décédé à Paris, à l’âge de 76 ans. Préfet de la Seine, il prit un arrêté qui obligeait les propriétaires d’immeubles parisiens à mettre à la disposition des locataires des récipients munis d’un couvercle ayant vocation à contenir les déchets ménagers. La population les baptisa "poubelles".

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Homme d’Etat français, né le 18 janvier 1641 à Paris, décédé à Versailles, à l’âge de 50 ans. Secrétaire d’Etat à la guerre de 1662 à sa mort, il organisa des persécutions (les dragonnades) pour contraindre les protestants à se convertir au catholicisme.

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Ecrivain allemand, né le 21 décembre 1917 à Cologne (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), décédé à Kreuzau (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), à l’âge de 67 ans. Auteur de nouvelles, d’essais et de romans dont Portrait de groupe avec dames (1971) et L’honneur perdu de Katarina Blum (1974), il fut couronné du prix Nobel de littérature en 1972.

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Actrice et chanteuse française, née le 12 octobre 1935 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), décédée à Cressensac (Lot), à l’âge de 64 ans. Comédienne de théâtre (Journal d’Anne Frank, 1957), elle s’imposa également au cinéma (Le dialogue des Carmélites, 1960), la télévision (Splendeurs et misères des courtisanes, 1975) et la chanson (La môme Anita, 1969).

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Pierre-Jean de Béranger

Chansonnier français, né le 19 août 1780 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 76 ans. Populaire à son époque, il composa plusieurs centaines de chansons dont Le vieux drapeau, Les souvenirs du peuple, Le juge de Charenton, Les ventrus.

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