Eugène Ionesco

Il est décédé le 

Elle est décédée le

28 Mars 1994

Dramaturge français d’origine roumaine, né le 26 novembre 1909 à Slatina (Roumanie), décédé à Paris, à l’âge de 84 ans. Auteur dramatique fécond, figure emblématique du théâtre de l’absurde ou de l’insolite (La cantatrice Chauve, Les Rhinocéros), il entra à l’Académie française et fut le premier à être publié de son vivant dans la Pléiade.

Fils d’un fonctionnaire puis magistrat roumain et d’une française, Eugène Ionesco émigra en 1913 avec sa famille à Paris où son père avait entrepris des études pour se perfectionner dans les questions juridique. Quand la première guerre mondiale éclata, la Roumanie rejoignit le camp de l’Entente et déclara la guerre à l’Autriche-Hongrie et à l’Allemagne. Le père laissa sa femme et ses deux enfants en France et retourna dans son pays pour participer au conflit. La mère restée seule éleva Eugène et sa sœur Marilina. Après le divorce de ses parents en 1925, Eugène Ionesco rentra en Roumanie auprès de son père avec lequel il se fâcha les années suivantes en raison de sa versatilité politique. Tour à tour carliste, puis fasciste, ce dernier adhéra au communisme après la seconde guerre mondiale. En attendant, le jeune Ionesco étudia les lettres françaises à l’université de Bucarest. Parfaitement bilingue, il écrivit dans plusieurs revues avant-gardistes roumaines. Il vécut en enseignant le français pendant plusieurs années. En 1938, il regagna la France avec sa femme Rodica, une étudiante épousée en 1936, pour y terminer sa thèse consacrée au péché et à la mort dans la poésie française depuis Baudelaire.

Le déclenchement de la seconde guerre mondiale contraignit le couple à rentrer dans son pays natal. Contrairement à la Grande Guerre, le gouvernement roumain rallia le camp des pays de l’Axe. Ionesco échappa à la         conscription. Peut-être aurait-il été affecté à une des unités qui combattit contre les Soviétiques à Stalingrad ? En 1942, sa connaissance du français lui permit de devenir attaché de presse à l’ambassade de Roumanie auprès du régime de Vichy. Dans la ville d’eau naquit sa fille, baptisée symboliquement Marie-France. Après la Libération, Eugène Ionesco perdit son travail. Dans la gêne, il trouva en emploi de correcteur dans une maison d’édition grâce à Jean Paulhan, rencontré pendant la guerre. Il se consacra alors à sa passion, l’écriture. En 1950, il présenta sa première œuvre dramatique La Cantatrice chauve, sous tirée « anti pièce » au théâtre les Noctambules. L’idée de la pièce lui était venue après sa tentative d’apprendre l’anglais en utilisant la méthode Assimil. Le titre initial était d’ailleurs L’anglais sans peine. Mais le metteur en scène Nicolas Bataille le trouva fade. Pendant la répétition, un comédien les mit d’accord en se trompant dans une réplique. Il transforma « institutrice blonde » en « cantatrice chauve ». Le titre de la pièce était trouvé. A sa sortie, La cantatrice qui rompait avec les codes traditionnels du théâtre désorienta le public mais séduisit les critiques et les membres du Collège de Pataphysique. Cette parodie de pièce, fut mieux comprises les années suivantes, révolutionna le théâtre contemporain et fit de Ionesco - avec le dramaturge irlandais Samuel Beckett - le chef de file du « théâtre de l’absurde ». Ionesco récusait cette classification. Il préférait le terme de théâtre de l’ « insolite », considérant qu’une chose n’était pas absurde parce qu’on ne la comprenait pas. Face à l’étrangeté du monde, l’insolite provoque l’émerveillement alors que l’absurde renvoi à l’incompréhension. Après des débuts difficiles, La Cantatrice chauve trouva son public. La pièce est présentée sans interruption depuis 1957 au Théâtre de La Huchette.

Les années suivantes furent fécondes : La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s’en débarrasser (1953), L’Impromptu de l’Alma (1956). En 1959, il dénonça la montée des totalitarismes dans son chef-d’œuvre Rhinocéros. Dans une ville imaginaire, les habitants souffraient d’une épidémie étrange la « rhinocérite » qui les transformait en rhinocéros. Cette métaphore de la tyrannie qu’il voyait à l’œuvre dans son pays natal la Roumanie où Nicolae Ceaucescu installait sa dictature, fut mise en scène au théâtre de l’Odéon par Jean-Louis Barrault. La pièce remporta un grand succès. En 1961, il aborda la question de la mort dans la tragédie Le roi se meurt, la révolte et la trahison en 1972 dans Macbett, librement inspiré de la pièce de William Shakespeare. En 1966, il publia un ouvrage de réflexion sur le théâtre Notes et contre-notes.

 Eugène Ionesco présenta sa candidature à l’Académie française. Il fut élu le 22 janvier 1970 avec 18 voix contre 9 à Jules Roy au fauteuil occupé précédemment par son ami Jean Paulhan. Dans la dernière partie de sa vie, Eugène Ionesco n’écrivit plus de pièces. Il publia quelques essais et dénonça dans la presse les dictatures communistes dans les pays de l’Est de l’Europe et la complicité de certains intellectuels français avec le totalitarisme. Déprimé, il se consacra à la peinture et au dessin. En 1989, il assista avec satisfaction à la chute du communisme, notamment dans son pays natal la Roumanie. L’année suivante, il fut le premier écrivain à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade. Il s’éteignit à l’âge de 84 ans.

J.-P.G.

Demain : Bernard Blier

masculin
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