François 1er

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Elle est décédée le

31 Mars 1547

Roi de France, né le 12 septembre 1494 à Cognac (Charente), décédé à Rambouillet (Yvelines), à l’âge de 52 ans. Prince accompli de la Renaissance française, fasciné par l’Italie, il inaugura son règne en conquérant le Milanais (victoire de Marignan) dont il devint duc. Il le resta jusqu’en 1525, date de la défaite de Pavie devant les troupes de Charles Quint qui l’emprisonna. Sous son règne la Réforme commença à se développer en France.

Le prince des arts et des lettres

Fasciné par l’Italie, François 1er contribua plus que d’autres à la propagation en France des idées de la Renaissance italienne. Il fit venir de grands architectes, artistes et savants transalpins dont les peintres Andrea del Sarto, Rosso Fiorentino, Le Primatice, l’orfèvre Benvenuto Cellini, les décorateurs Rosso Fiorentino et Giovanni Battista Rosso et bien sûr le savant et peintre Leonard de Vinci qui devint son ami, qu’il hébergea au château du Clos Lucé à Amboise et à qui il acheta La Joconde. Le roi de France fut également un protecteur des lettres. Il commença la collection d’œuvres d’art royaux en achetant des tableaux de Le Titien, Michel-Ange, Raphaël que l’on peut encore admirer aujourd’hui au Louvre. Il fonda le corps des « lecteurs royaux » installé au collège royal. Il favorisa le développement de l’imprimerie et soutint financièrement de nombreux poètes, écrivains dont Clément Marot. Il contribua à moderniser la graphie des lettres pour les rendre plus lisibles. En août 1539, il publia les Ordonnances de Villers-Cotterêts qui rendirent obligatoire la tenue des registres de baptêmes. Le texte précisait que les actes juridiques et administratifs devaient désormais être rédigés en français et non plus en latin, une langue connue seulement des spécialistes. Le français devint officiellement la langue officielle du royaume.

 François 1er fut un infatigable bâtisseur. Il agrandit, modernisa et embellit les châteaux de Blois où il fit construire l’escalier monumental, d’Amboise, de Fontainebleau qui devint son lieu de résidence préféré. A Paris, il fit reconstruire l’Hôtel de ville et réaménagea le Palais du Louvre Pendant son règne, il lança la construction du château de Saint-Germain-en-Laye, de Madrid, de Villers-Cotterêts, de Folembray, de Challuau, de la Muette. Son nom reste attaché au château de Chambord, un édifice majestueux qui mêle avec subtilité les influences françaises et italiennes. Bâti au cœur d’un vaste domaine forestier de 50 km en Sologne, entouré d’un mur de 32 kilomètres de long, le chantier dura plus de vingt ans. Plus vaste des châteaux de la Loire, difficile à chauffer l’hiver, François 1er s’y rendit seulement à 42 reprises pendant son règne pour chasser dans la forêt avoisinante.

Fils de Charles d’Orléans, comte d’Angoulême, et de Louise de Savoie, François 1er était le cousin du roi de France Charles XII. Il appartenait à la branche cadette des Valois. Il n’était pas destiné à régner. Mais la reine Anne de Bretagne ne parvenait pas à donner un dauphin au trône. Tous les garçons qu’elle enfantait mouraient quelques jours après leur naissance. Ainé de la Maison royale de Valois, en application de la loi salique, François devenait de facto l’héritier présomptif du royaume. Louis XII fit venir son petit cousin à la cour et le forma à ses côtés à exercer son futur métier de roi dans l’hypothèse où son épouse ne pourrait pas lui donner un fils. Quand Anne de Bretagne accoucha en 1512 d’un nouveau enfant-mort-né, le dixième en vingt ans, Louis XII traita François en prince héritier. Il le fit entrer dans son Conseil royal, le nomma commandant en chef de l’armée de Guyenne et lui donna la main de sa fille Claude de France. François était désormais son cousin et son gendre. Les événements s’accélérèrent. Le 9 janvier 1514, Anne de Bretagne s’éteignit. Louis XII épousa en octobre 1514 Marie d’Angleterre, la sœur du roi anglais Henri VIII. Louis XII s’employa à concevoir un enfant avec sa jeune épouse. Trois mois plus tard, le 1er janvier 1515, celui qu’on surnommait avec raison « le père du peuple » mourut à l’âge de 52 ans sans avoir pu atteindre son but. François lui succéda.

Sacré roi de France à Reims

Sacré roi de France à Reims le 25 janvier 1515, François 1er, vingt-un ans, jugeait avoir des droits sur le Milanais. Il partageait le point de vue de son prédécesseur le roi Louis XII qui avait échoué dans ses tentatives de s’approprier le duché italien. Le condottiere Maximilien Sforza régnait sur Milan et sa région avec le soutien de mercenaires suisses qu’il payait grassement. Le jeune roi de France tenta d’acheter les suisses en leur offrant de l’or. Le cardinal de Sion les encouragea à refuser le marché. François 1er conclut qu’il n’obtiendrait rien par la négociation. Il fit le choix de se battre. La République de Venise, en mauvais terme avec son voisin lombard accepta de le soutenir dans son entreprise. François négocia la neutralité du roi d’Angleterre Henri VIII et de l’Autriche. Assuré de ne pas être pris à revers, il partit en campagne à l’été 1515. Le 12 juillet, il fit son entrée à Lyon à la tête de son armée. Il lui fallait franchir les Alpes pour déboucher dans la plaine du Pô. Mais quel chemin emprunter alors que les Suisses contrôlaient les principaux cols et notamment celui du Montcenis. Un vieil officier des guerres d’Italie lui suggéra de franchir le massif par une voie secondaire, le col de l’Argentière. Peu connue et peu fréquentée, hormis par quelques contrebandiers, elle contournait les positions suisses et débouchait dans la vallée de la Stura, dans le Piémont, là où personne n’attendaient les Français.

1515 : annexion du Milanais après la victoire de Marignan

En un temps record, trois mille sapeurs aménagèrent la route, déblayèrent à l’explosif les rochers qui l’entravaient, jetèrent des ponts sur les torrents. La troupe composée de 40 000 soldats et auxiliaires mit plusieurs jours pour franchir la passe. Le 15 août, le roi et sa suite débouchèrent sur la plaine de Turin, évacuée par les Suisses qui s’étaient regroupées dans le Milanais pour couper la route aux Français. L’armée française comprenait trente mille fantassins originaires de France et de plusieurs régions d’Europe. La plupart étaient armés de longues piques pour arrêter les charges de cavalerie, de hallebardes pour le combat rapproché, de dagues pour les corps à corps. De nouvelles armes à feu modernes augmentaient la puissance de la troupe : les soldats possédaient des arquebuses ; un corps d’artilleurs manœuvrait 72 canons lourds en bronze et 300 couleuvrines sur deux roues.

 Après l’échec d’une nouvelle négociation avec les Suisses et le duc Sforza, François 1er avança en direction de Milan à la tête de ses troupes. Il installa son camp près de la ville de Marignan. Le 13 septembre en fin d’après-midi, 20 000 Suisses attaquèrent les Français avec l’intention de s’emparer des canons et de les retourner contre leurs adversaires. La manœuvre échoua en partie grâce à une charge de François 1er. L’artillerie française décima l’infanterie suisse qui préféra reculer. Toute la nuit, des escarmouches opposèrent les deux armées. François 1erresta « cul sur la selle » jusqu’à l’aube. La bataille reprit avec encore plus d’intensité le 14 septembre. Un nouvel assaut des piquiers sembla donner la victoire aux Suisses. L’armée vénitienne qui avait marché toute la nuit déboula sur le champ de bataille et prit à revers les helvètes. L’artillerie française cracha ses boulets, les arquebusiers mitraillèrent les partisans du duc Sforza, causant de lourdes pertes. Sur le point d’être submergés, ils préférèrent se retirer en bon ordre, sans se débander, laissant derrière eux 10 000 tués, soit plus du tiers de l’effectif. Les Français et les Vénitiens perdirent entre 5 000 et 8 000 hommes.

 Le 16 octobre, le roi de France entra dans la ville de Milan qu’il annexa. L’année suivante, le 29 novembre 1516, il signa avec les Suisses, battus mais non écrasés, la paix de Fribourg, rebaptisée plus tard la « paix perpétuelle ». Les Suisses s’engageaient à ne plus jamais soutenir les adversaires de la France. En outre, le roi de France pouvait les employer pour son propre compte. 

1519 : échec face à Charles Quint pour la couronne impériale

Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien 1er, empereur du Saint-Empire romain germanique, provoqua une crise de succession. Il appartenait aux sept princes-électeurs allemands (les trois archevêques de Mayence, de Trèves, de Cologne, le roi de Bohème, le comte palatin du Rhin, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg) de choisir le nouveau souverain. Petit-fils du défunt, Charles prétendit être l’héritier naturel. Plusieurs rivaux inattendus firent également acte de candidature : le duc de Saxe, le roi d’Angleterre Henri VIII et François 1er. Le duel se résuma entre le roi de France et Charles 1er. Deux conceptions de l’Etat s’affrontèrent : le roi d’Espagne défendait la vision d’un empire qui transcendait les clivages étatiques ; François 1er croyait à la nécessité de respecter les Etats nationaux. Les deux candidats tentèrent d’acheter le vote des électeurs en distribuant écus, ducats et florins. L’intervention du banquier Augsbourgeois Jacob Fugger fit pencher la balance du côté du roi d’Espagne en affirmant que l’or espagnol extrait des mines d’or des Amériques allait inonder et enrichir l’empire. Finalement, le 28 juin 1519, les Grands Electeurs élurent Charles 1er qui prit le titre de Charles V ou Charles Quint. La France se trouvait encerclée par la dynastie des Habsbourg qui contrôlaient au sud l’Espagne, la Sicile, la Sardaigne, Naples, à l’ouest l’Allemagne et au nord la Flandre. Pour desserrer l’étreinte, François 1er tenta de s’allier au roi d’Angleterre Henri VIII qu’il rencontra en juin 1520 au Camp du Drap d’or, près de Calais. L’entrevue échoua et quelques mois plus tard Henri VIII noua une alliance avec Charles Quint. Fragilisé, François 1er se préparait à une guerre sur plusieurs fronts. La défection au profit de l’empereur du connétable de Bourbon - dont le roi de France convoitait les territoires et les biens - précipita les événements. La guerre reprit en 1523. Les Français furent défaits à la Bicoque et perdirent le Milanais l’année suivante. Le 30 avril 1524 son fidèle Bayard fut blessé mortellement à la bataille de Sesia. Victorieux au nord, les armées anglo-flamandes n’exploitèrent pas leur avance. On avait oublié de payer les mercenaires. Au sud, le connétable occupa la Provence. Mais la résistance héroïque des Marseillais bientôt aidés par les troupes de François 1er l’obligèrent à fuir. Le roi de France avait sauvé sa couronne. La mort prématurée à 25 ans de son épouse Claude le plongea dans l’affliction et le priva d’une conseillère avisée. Avant sa mort, la reine l’avait alerté sur les dangers d’une nouvelle campagne militaire pour reconquérir le Milanais.

1525 : prisonnier de Charles Quint après la défaite de Pavie

En octobre 1524, François 1er négligea ses recommandations. En octobre 1524, il franchit les Alpes à la tête d’une armée de 30 000 soldats français, suisses soutenus par des mercenaires. Sa campagne prit les allures d’une promenade militaire. Une épidémie de peste avait en effet décimé la population et les défenseurs de la cité italienne. La victoire n’était pas totale. Les troupes impériales de Charles Quint s’étaient retranchées à Lodi et à Pavie, une ville fortifiée défendue par 6000 hommes commandés par un officier espagnol Antonio de Leyva. Après deux vaines tentatives pour forcer les fortifications, le roi de France mit le siège de la ville avec le projet d’affamer les soldats. Convaincu que la ville tomberait comme un fruit mûr, il envoya 10 000 hommes conquérir Naples. Quelques semaines plus tard, 5000 Suisses des Grisons rebroussèrent chemin pour défendre leur propre canton menacé par une attaque des Impériaux. Les effectifs de François 1er avaient fondu comme neige au soleil. Dans la nuit du 23 au 24 février, une puissante armée impériale commandée par le marquis de Pescara et le vice-roi de Naples Charles de Lannoy en profita pour tenter de percer les défenses françaises et de pénétrer à l’intérieur de la forteresse de Pavie pour soutenir et ravitailler la garnison. A six heures du matin, le 24 février, l’opération sembla réussir. Les impériaux pénétrèrent par une brèche à l’intérieur du château de Mirabello. Mais, une vingtaine de canons français décima les premiers rangs des fantassins qui refluèrent en désordre.

Le sort des armes tournait à l’avantage de François 1er. Grisé par ce premier succès, le roi de France sauta sur son cheval et se lança à la poursuite des fuyards. La charge désordonnée de la cavalerie française obligea l’artillerie à cesser ses tirs. Les fantassins impériaux en profitèrent pour se regrouper et à faire front. Plus mobiles à pied que leurs adversaires à cheval qui s’enlisaient dans les terrains devenu marécageux par les pluies hivernales, les arquebusiers abattirent des centaines de Français. Pour éviter l’extermination, les Suisses s’enfuirent bientôt suivis par l’arrière-garde française. François 1er échappa de peu à la mort. Blessé, son cheval abattu sous lui, il se battait comme un beau diable. Attaqué par une vingtaine de soldats, il était sur le point de tomber quand Charles de Lannoy le reconnut et le sauva d’une mort probable. Victorieux le matin comme à Marignan en 1515, François 1erpassa sa première nuit en prisonnier. Dix mille français et alliés avaient péri.

 La sixième guerre d’Italie se terminait par une éclatante victoire de Charles Quint. Quand il apprit la nouvelle, l’empereur pleura de joie : « Le roi de France est en mon pouvoir, la bataille est gagnée par moi ! ». En échange de sa libération, il imposa à son illustre prisonnier de dures conditions. François 1er essaya de gagner du temps. Au bout de six mois, Charles Quint décida de l’enfermer au donjon de l’Alcazar à Madrid. François 1er y fut détenu pendant six mois. Enfin, l’empereur arracha à son prisonnier la signature d’un traité le 14 janvier 1526. La France cédait le duché de Bourgogne et le Charolais. Elle renonçait à revendiquer des territoires en Italie, en Flandre, en Artois. François 1er promettait d’épouser Eléonore de Habsbourg, la sœur de Charles Quint. En outre, il livrait ses deux fils ainés en otage à l’empereur pendant quatre ans. De retour en France, François 1er ne respecta aucune des clauses du traité de Madrid. Du reste les Etats de Bourgogne firent savoir que la province entendait rester française. Eléonore attendit vainement son fiancé. Charles Quint garda en otage les deux fils du roi de France. Non seulement le roi déloyal ne tint pas ses promesses, mais il organisa à Cognac une conférence avec plusieurs monarques européens. Le but officiel était de « mettre fin aux guerres désolant la chrétienté ». La ligue à laquelle adhérèrent l’Angleterre, plusieurs Etats italiens, la papauté et la République de Venise était apparemment dirigée contre l’Empire ottoman sur lequel régnait Soliman le Magnifique. La ligue de Cognac sommait Charles Quint de rejoindre la coalition, d’évacuer le Milanais et la Lombardie et de libérer les deux fils de François 1er. Charles Quint s’étrangla de colère quand il apprit que les troupes de la Sainte ligue s’étaient emparées de Lodi en juin 1526. La guerre reprit. 

La « paix des Dames » suspend les hostilités

Elle dura trois ans et se déroula sur plusieurs fronts en Italie notamment où le connétable de Bourdon allié de Charles Quint pilla Rome, la capitale de la chrétienté et retint prisonnier le pape Clément VII. Les mois suivants, aucun belligérant ne put prendre le dessus de manière décisive sur son adversaire. Mais en 1529, les armées françaises subirent de lourdes défaites, contraignant François 1er à négocier. Deux princesses, Louise de Savoie, la mère de François 1er et Marguerite d’Autriche, tante de Charles Quint, s’entremirent et réussirent à conclure un traité de compromis. Baptisé « paix des Dames », il fut signé le 3 août 1529 à Cambrai. Charles Quint renonça au duché de Bourgogne. Il libéra les deux fils de François 1er détenus en otage depuis quatre ans, après le paiement d’une rançon de deux millions d’écus d’or. Le roi de France cédait la Flandre et l’Artois à son adversaire et abandonnait ses prétentions en Italie. Il paya les dettes de l’Empereur contractées auprès d’Henri VIII. Pour sceller la nouvelle entente, François 1er épousa Eléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint, et veuve de l’ancien roi du Portugal. Après quinze ans de guerre, la France connut une période de paix de 5 ans. François 1er mit à profit cette période pour favoriser l’épanouissement des arts, des lettres dans le Royaume (Lire ci-contre).

La découverte du Canada par Jacques Cartier

Depuis 1507, les géographes savaient que les terres « découvertes » en 1494 par Christophe Colomb n’appartenaient pas à l’Asie mais étaient rattachées à un nouveau continent. On le baptisa Amérique en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci qui le premier formula cette hypothèse. La nouvelle suscita l’appétit de nombreux monarques européens – espagnol et portugais notamment - désireux d’enrichir les connaissances de l’homme et… de remplir d’or les coffres forts du trésor public. Ils financèrent des expéditions vers ce nouveau monde. Grande figure de la Renaissance, le roi François 1er partageait cette ambition. Convaincu comme ses pairs que le savoir et les connaissances rendaient l’homme meilleur… et aussi plus riche, il confia au florentin Giovanni da Verrazzano la mission de trouver une voie directe pour rejoindre la lointaine Chine. Le navigateur arma des navires avec le soutien financier de riches marchands italiens installés à Lyon. Il ne découvrit pas de passage vers l’Asie mais l’estuaire de l’Hudson, ce qui lui valut quatre siècles plus tard d’être honoré par la ville de New York qui donna son nom à un des ponts de la ville. L’explorateur mourut en 1528 aux Antilles avant d’avoir découvert le fameux détroit. Avant de périr, il avait fait parvenir à François 1er un compte rendu dans lequel il affirmait que l’Amérique produisait « des drogues, des liqueurs aromatiques et autres richesses, l’or notamment car la terre en a la couleur ». La description incita François 1er à persévérer dans son projet. En 1532, le roi de France proposa au malouin Jacques Cartier de succéder à Verrazzano et de découvrir ce pays merveilleux ainsi qu’une voie nouvelle et rapide pour atteindre la Chine.

 Le roi mit à sa disposition la somme de 6 000 livres. Jacques Cartier équipa deux navires et embaucha une soixantaine de marins. Il leva l’encre le 20 avril 1534. Après une vingtaine de jours de traversée, il atteignit Terre-Neuve. Après avoir longé la côte, il explora le golfe du Saint-Laurent, noua des contacts avec les Amérindiens avec lesquels il fit du troc, échangeant du tissus et des couteaux contre des peaux. Cartier revint bredouille à Saint-Malo en septembre. Il n’avait trouvé ni or ni passage vers l’Asie. En revanche, il avait découvert l’embouchure du Saint-Laurent – sans savoir qu’il s’agissait d’un fleuve - et constaté que Terre-Neuve était une île. Il ramenait également les deux fils du chef iroquois Donnacona. Leur présence fit sensation dans le royaume où l’on se pressait pour les voir.

 Un second voyage fut mis sur pied l’année suivante. Trois navires (La grande HermineLa petite HermineL’Emerillon) et 110 hommes participèrent à l’expédition. Les navires appareillèrent en mai. Comme l’année précédente, ils longèrent Terre-Neuve. Ils atteignirent le golfe du Saint-Laurent. Guidés par les deux fils de Donnacona - qui désormais s’exprimaient en français - ils remontèrent le fleuve jusqu’à Stadacone, la future Québec, habitée par le peuple des Kanata, avant de poursuivre encore vers l’ouest. Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier accosta sur une île au milieu du fleuve. Des indiens Iroquois l’habitaient. Le lieu avait été baptisé du nom d'Hochelaga (50 km de long sur 16 km de large) par ses occupants. Leur village était installé sur une colline au milieu de l’archipel. Cartier nomma cette montagnette Mons Realis (Mont Royal) où fut fondée Montréal en mai 1642. Il venait de « découvrir » le Canada. 

Alliances avec les Ottomans et les princes protestants

En 1528, François 1er entama un rapprochement avec Soliman le magnifique, le sultan de l’Empire ottoman. Le roi de France était prêt à toutes les alliances pour s’opposer à l’hégémonie de Charles Quint. Malgré l’occupation de l’Europe balkanique, l’annexion de la Hongrie et le siège de Vienne par les armées musulmanes, le « roi très chrétien » signa en 1536 des accords commerciaux, militaires et financiers avec son homologue ottoman. Le réalisme politique et les intérêts bien compris du royaume de France le conduisirent à soutenir dès 1531 les princes allemands qui avaient embrassé la religion réformé de Martin Luther, au grand scandale de l’Eglise catholique. Un choix en contradiction avec la politique qu’il mena en France. Tolérant au début puis opposant résolu à la Réforme quand elle s’étendit et gagna en influence, il approuva la position de l’Eglise de France qui obligeait les fidèles de la nouvelle religion à choisir entre l’adjuration ou la punition. En 1534, l’affaire des affiches antipapistes placardées sur les murs de plusieurs villes du royaume provoqua la colère du roi. Plusieurs chefs protestants furent arrêtés, condamnés et pendus. En 1540, François 1er ordonna le massacre de 3000 habitants du Lubéron ralliés à l’église vaudoise proche de Jean Calvin. Les années suivantes, les persécutions contre les protestants annoncèrent les futures guerres de religion.

 Suspendu, le conflit avec la Maison des Habsbourg reprit en 1536 en Italie notamment. Le pape Paul III réussit à réconcilier l’année suivante (traité de Nice) les deux monarques, au nom de la nécessaire lutte commune contre le protestantisme qui menaçait l’hégémonie de l’église catholique. En signe de bonne volonté, le roi de France autorisa le passage de troupes impériales chargées de mater une rébellion à Gand. La question italienne resurgit en 1542 quand Charles Quint refusa de soutenir l’investiture du duché de Milan à un des fils du roi de France, contrairement à une promesse faite en 1538. En 1543, une escadre franco-ottomane assiégea Nice qui résista. Vainqueurs en Italie à Cérisoles le 11 avril 1544, les Français furent assiégés à Saint-Dizier par les impériaux et à Calais par les Anglais, après la défection des mercenaires que l’on ne pouvait plus solder. La campagne se terminait sans vrai vainqueur. Le traité de Crépy-en-Laonnois signé en 1544 prétendit instaurer une paix définitive. François 1er perdait sa suzeraineté sur la Flandre et l’Artois et renonçait à ses prétentions sur le Milanais et Naples, mais gardait provisoirement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonnait la Bourgogne et toutes ses dépendances et donnait sa fille Anne d’Autriche qui possédait en apanage le Milanais en mariage à Charles d’Orléans, fils du roi de France. La mort de Charles en 1545 ne permit pas la réalisation de cette partie du traité.

 Pour la première fois depuis des années, la paix semblait assurée. François 1er était physiquement méconnaissable. Le roi avait grossi. L’homme élancé (1,9 mètre) s’était épaissi. Les longues et répétées chevauchées durant les incessantes campagnes militaires avaient provoqué une induration à la selle qui se transforma en fistule anale. Incapable de monter à cheval, il se déplaçait désormais dans une litière. La dernière année du règne, il souffrit énormément et ne put se débarrasser d’une fièvre invalidante. Il mourut sans d’une doute d’une septicémie généralisée, à l’âge de 52 ans seulement.

Jean-Pierre Giovenco

Demain : Robert Doisneau

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15 Janvier 2017 - 10:29am

Une vie, un portrait du jour

16 Juillet 2015

16 Juillet 1982

Une vie, un portrait du jour

16 Juillet 1997

Dora Maar

Photographe et artiste peintre française, née le 22 novembre 1907 à Paris, décédée dans la même ville, à l’âge de 90 ans. Auteure de nombreux portraits photographiques (Jean-Louis Barrault, Jean Cocteau, Paul Eluard, Léonor Fini), elle réalisa Portrait d’Ubu (1936) et un tableau baptisé Portrait de Pablo Picasso au miroir dont elle fut la muse et l’amante.

16 Juillet 1896

Edmond de Goncourt

Ecrivain et journaliste français, né le 26 mai 1822 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à Champrosay (Essonne), à l’âge de 74 ans. Auteur de Renée Mauperin (1864) et du Journal des Goncourt (1854-1891), il proposa en 1892 la création de l’Académie Goncourt qui avait vocation à décerner chaque année un prix littéraire. Le cénacle littéraire vit le jour en 1900. Le premier lauréat fut en 1903 John-Antoine Nau pour Force ennemie

16 Juillet 1907

Eugène Poubelle

Préfet français, né le 15 avril 1831 à Caen (Calvados), décédé à Paris, à l’âge de 76 ans. Préfet de la Seine, il prit un arrêté qui obligeait les propriétaires d’immeubles parisiens à mettre à la disposition des locataires des récipients munis d’un couvercle ayant vocation à contenir les déchets ménagers. La population les baptisa "poubelles".

16 Juillet 1691

François Michel Le Tellier, marquis de Louvois

Homme d’Etat français, né le 18 janvier 1641 à Paris, décédé à Versailles, à l’âge de 50 ans. Secrétaire d’Etat à la guerre de 1662 à sa mort, il organisa des persécutions (les dragonnades) pour contraindre les protestants à se convertir au catholicisme.

16 Juillet 1985

Heinrich Böll

Ecrivain allemand, né le 21 décembre 1917 à Cologne (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), décédé à Kreuzau (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), à l’âge de 67 ans. Auteur de nouvelles, d’essais et de romans dont Portrait de groupe avec dames (1971) et L’honneur perdu de Katarina Blum (1974), il fut couronné du prix Nobel de littérature en 1972.

16 Juillet 1989

Herbert von Karajan

Chef d’orchestre autrichien, né le 5 avril 1908 à Salzbourg, décédé à Anif, à l’âge de 81 ans. Après avoir dirigé l’orchestre philarmonique de Berlin (1937), il fut nommé à la tête du festival de Salzbourg en 1956 et occupera cette fonction jusqu’en 1988.

16 Juillet 2014

Hervé Christiani

Auteur-compositeur et interprète français, né 8 novembre 1947 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 66 ans. Auteur en 1981 d’un tube Il est libre Max.

16 Juillet 2000

Pascale Audret

Actrice et chanteuse française, née le 12 octobre 1935 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), décédée à Cressensac (Lot), à l’âge de 64 ans. Comédienne de théâtre (Journal d’Anne Frank, 1957), elle s’imposa également au cinéma (Le dialogue des Carmélites, 1960), la télévision (Splendeurs et misères des courtisanes, 1975) et la chanson (La môme Anita, 1969).

16 Juillet 1857

Pierre-Jean de Béranger

Chansonnier français, né le 19 août 1780 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 76 ans. Populaire à son époque, il composa plusieurs centaines de chansons dont Le vieux drapeau, Les souvenirs du peuple, Le juge de Charenton, Les ventrus.

Une vie, un portrait
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