François-Ferdinand d’Autriche

Il est décédé le 

Elle est décédée le

28 Juin 1914

Archiduc d’Autriche, né le 18 décembre 1863 à Graz (Autriche), assassiné à Sarajevo (actuelle Bosnie-Herzégovine), à l’âge de 50 ans. Prince héritier de l’Empire austro-hongrois, il fut assassiné ainsi que son épouse Sophie par un nationaliste serbe. Il en résulta la première guerre mondiale.

 Que fit-il t-il de sa vie ? Pas grand-chose. En revanche, sa mort dans des circonstances dramatiques provoqua la première guerre mondiale. Elle aboutit à la dislocation de l’Empire austro-hongrois qu’il était appelé à diriger. A sa naissance, les généalogistes de la Cour de Vienne donnaient peu de chance à François-Ferdinand d’accéder au trône par la voie légale. Il était le fils ainé de l’archiduc Charles-Louis d’Autriche. Ce dernier était le frère cadet de François-Joseph 1er, l’empereur d’Autriche-Hongrie et de Maximilien 1er, l’empereur du Mexique. Après l’exécution de Maximilien 1er par les républicains de Benito Juarez, Rodolphe, le fils unique de l’empereur François-Joseph devint l’héritier. Mais, le 30 janvier 1889, le jeune homme se suicida avec sa maitresse Marie Vetsera dans le pavillon de chasse de Mayerling. Sommé par son empereur de père de choisir entre l’Empire et sa maitresse, Rodolphe décida de renoncer aux deux en mettant fin à ses jours après avoir tué sa compagne. Des décennies plus tard, le monarque britannique Edouard VIII placé devant le même dilemme préféra renoncer à la couronne et convola avec l’amour de sa vie.

 Charles-Louis, le dernier frère encore vivant de l’empereur, le père de François-Ferdinand devint l’héritier du trône. Il s’empressa de renoncer à la future charge impériale au profit de son fils François-Ferdinand alors âge de 26 ans. L’empereur refusa de valider la décision de son frère. Il doutait sérieusement de l’aptitude de son neveu à incarner l’Empire. Certes, il avait suivi une formation militaire (lieutenant à 14 ans, capitaine à 22 ans, colonel à 27 ans) mais n’avait jamais commandé. François-Ferdinand n’avait guerre impressionné ses camarades dans les régiments où il était passé. On connaissait ses qualités de tireur à la chasse. L’homme tenait à jour méticuleusement des carnets dans lesquels il notait quotidiennement le nombre et la nature des animaux abattus. Ils révèlent qu’il tua tout au long de sa vie plus de 220 000 bêtes de toutes les sortes dont des lions, des tigres, des éléphants, des émeus, et même des kangourous qu’il traqua en Australie

 Cet homme, encore célibataire la trentaine largement entamée, pourrait-il diriger l’Autriche-Hongrie, une mosaïque d’Etats et de nations, ou l’on parlait de nombreuses langues (Allemands, Hongrois, italiens, slaves, Roumains) où l’on pratiquait plusieurs religions (Catholicisme, protestantisme, orthodoxies, islamisme, judaïsme) ? En 1896, François- Joseph 1er dut se résoudre à l’adouber après la mort de son frère Charles-Louis, des suites de la fièvre typhoïde contractée lors d’un voyage en terre sainte. L’homme tomba malade après avoir bu l’eau du Jourdain. N’est pas Jean Baptiste qui veut.

 Ainsi, François-Ferdinand régnerait un jour sur l’Autriche-Hongrie à la mort de François-Joseph 1er. En attendant, il fallait lui trouver une épouse. François-Ferdinand s’était épris de la comtesse Sophie Chotek, une tchèque née à Stuttgart rencontrée lors d’un bal à Prague. L’empereur s’opposa au mariage. Les règles matrimoniales de l’Empire imposaient à l’héritier présomptif d’épouser une femme d’une dynastie régnante ou ayant régné dans le passé. François-Ferdinand refusa. Echaudé par le suicide de son fils Rodolf dont il avait combattu la décision de s’unir à une roturière, l’empereur consentit finalement aux noces. En contrepartie, il exigea que l’on appliquât au mariage la règle morganatique pour acter le fait qu’il s’agissait d’une union entre un futur souverain et une princesse d’un rang inférieur. Cela signifiait que les enfants issus du couple étaient exclus de la succession au trône. Sophie ne pouvait ni apparaitre en public aux côtés de son époux ni occuper la même loge au théâtre ni l’accompagner dans le carrosse royal. Le mariage fut célébré le 1er juillet 1900 en l’absence de l’empereur et des propres frères cadets de François-Ferdinand. Les années suivantes, quatre enfants naîtront dont trois viables.

 Le futur empereur apprit son futur métier auprès de son oncle mais aussi en s’entourant d’une équipe de jeune intellectuels. Très attaché au gouvernement autocratique, proche des milieux conservateur voire réactionnaire sur le plan religieux, il était favorable à une évolution fédérale de l’Empire pour mettre fin au dualisme austro-hongrois qui suscitait le mécontentement des autres nationalités. S’inspirant des travaux du roumain Aurel Popovici, il projetait de créer des Etats linguistiquement homogènes et semi-autonomes qui formeraient une confédération, les Etats-Unis de la Grande Autriche. Son idée consistait à rapprocher les slaves de Croatie, de Slovénie et de Bosnie. Ce projet contrariait les ambitions de la Serbie – sortie victorieuse des guerres balkaniques de 1912-1913 contre l’empire Ottoman - qui souhaitait rassembler autour d’elle les « slaves du sud » dans un même Etat indépendant baptisée la Yougoslavie.

L’attentat de Sarajevo

En juin 1914, François-Ferdinand, nommé l’année précédente inspecteur général des armées, participa à des manœuvres militaires en Bosnie-Herzégovine, un des Etats de l’Empire Austro-hongrois frontalier de la Serbie. Il s’agissait pour les autrichiens d’indiquer à leur remuant voisin slave qu’ils se battraient si nécessaire pour maintenir l’unité de l’Empire autour de son centre germanique. L’héritier du trône décida de terminer sa visite en Bosnie par l’inauguration d’un musée à Sarajevo, la capitale de la Bosnie. Le 28 juin – jour anniversaire de la défaite des Serbes en 1389 contre les turcs – l’archiduc accompagné de son épouse Sophie prit en voiture découverte le chemin de l’hôtel de ville où une réception était organisée en son honneur. A 10 h 15, un anarchiste serbo-bosniaque du groupe Jeune Bosnie lança une bombe contre le véhicule de François-Ferdinand. L’engin rebondit sur la voiture et finit sur celle qui la suivait. L’explosion blessa plusieurs membres de la délégation officielle et des spectateurs agglutinés au bord de la route. L’archiduc et sa femme étaient saufs.

 A la mairie, il apostropha avec sévérité le maire de Sarajevo : « Est-ce là l'habitude des Bosniaques d'accueillir avec des bombes ceux qui viennent pacifiquement à eux et de bonne foi ? » Il décida de ne pas s’attarder à la mairie. Il ordonna qu’on le conduisît à l’hôpital pour visiter les blessés de l’attentat. La voiture reprit le même chemin qu’à l’aller, en contradiction avec les consignes des  services de sécurité qui craignaient la présence de complices mêlés à la foule toujours présente. Quand le chauffeur s’aperçut de sa méprise, il arrêta sa voiture pour faire demi-tour. La manœuvre n’échappa pas à l’attention de Gavrilo Princip un des terroristes encore présent sur les lieux du premier attentat et qui désœuvré ne sachant si le coup avait réussi ou échoué s’apprêtait à fuir. Il reconnut le véhicule de l’archiduc. Il courut sur la cible et tira à deux reprises. La première balle atteignit à l’abdomen la duchesse Sophie ; la seconde finit dans le cou de l’archiduc. Selon des témoins, François-Ferdinand aurait adressé ses derniers mots à son épouse : « Ne mourez pas darling, vivez pour nos enfants ». Aucun des deux ne survécut à l’attentat.

 Le lendemain, la presse internationale relata l’information sobrement. Quelques journaux omirent même d’annoncer la tragédie à la « une » et la reléguèrent en bas de colonne, en page intérieure. D’autres la traitèrent sur le mode du fait-divers. Personne – ni les chefs d’Etat, ni les hommes politiques ni à fortiori la population - n’imaginait que cet événement douloureux mais banal conduirait à la première guerre mondiale. Bientôt, l’enchainement désordonné des événements, la logique des alliances politico-militaires allaient conduire en un mois à l’embrasement de l’ Europe.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Katharine Hepburn

masculin
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16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

16 Janvier 1989

Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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