Gary Cooper

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Elle est décédée le

13 Mai 1961

Acteur américain, né le 7 mai 1901 à Helena (Montana), décédé à Berverly Hills (Californie), à l’âge de 60 ans. Grande figure du cinéma américain au lendemain de la seconde guerre mondiale, plusieurs fois nommé aux Oscar, il incarna l’âge d’or d’Hollywood.

 Frank James Cooper, le nom qu’il portait à sa naissance, était le fils d’un éleveur d’origine britannique qui occupa également la fonction de juge. Bien que né dans le Montana aux Etats-Unis, il passa son enfance avec sa mère et son frère ainé Arthur dans la campagne anglaise à Dunstable, 50 kilomètres au nord de Londres. Il y reçut une solide formation. Sa maîtrise parfaite de la langue de Shakespeare lui sera bien utile quand il deviendra acteur. Quand éclata la Grande Guerre, il partit rejoindre son père qui s’était reconverti dans l’élevage du bétail dans le Montana. Tout en poursuivant des études d’agronomie, l’adolescent travailla dur au ranch, soignant et surveillant les bovins pendant ses jours libres et ses vacances. Il apprit à monter à cheval avec aisance et naturel. Un atout appréciable aux yeux des producteurs et des cinéastes qui lui demandèrent plus tard d’interpréter des personnages de cow-boy pour le grand écran.

 Son diplôme en poche à l’âge de 22 ans, le jeune Frank constata que le métier d’éleveur ou d’agriculteur l’ennuyait profondément. Passionné par le dessin, il déménagea à Los Angeles et se lança dans le métier de caricaturiste politique. Il proposa ses œuvres à des journaux qui les refusèrent. Il tenta sa chance auprès des services créatifs des agences de publicité, avec le même insuccès. Acculé, sans emploi ni revenu, il apprit que les studios de cinéma cherchaient des cavaliers pour doubler des comédiens qui n’avaient jamais vu de chevaux ailleurs que sur des photos. Il offrit ses services. On l’engagea. On lui demanda d’abord d’effectuer quelques cascades, puis de jouer une silhouette, un figurant. Il multiplia les apparitions. Des metteurs en scène remarquèrent sa « belle gueule ». Il joua dans quelques courts-métrages.

 En 1926, la Paramount lui fit signer un contrat. Frank Cooper changea son prénom en Gary, du nom de la ville de l’Indiana d’où était originaire son imprésario. Les trois années suivantes, il joua de petits rôles : un garde romain, un contremaitre amoureux, un journaliste. En 1927, il occupa enfin le haut de l’affiche dans Le démon de l’Arizona de John Waters. Il interprétait un bon à rien amoureux de son …cheval. Pas de quoi changer son destin. Il partagea dans trois films la vedette avec Clara Bow, une star de l’époque aujourd’hui totalement oubliée qui défraya à plusieurs reprises la rubrique « scandale » des journaux sous le prétexte qu’elle collectionnait les amants dont Gary Cooper.

 Deux ans plus tard, l’arrivée du cinéma parlant révolutionna le septième art et permit l’éclosion de nouveaux comédiens dont Gary Cooper. Son premier film sonorisé, un western intitulé The Virginian de Victor Fleming (1929) remporta un énorme succès critique et public. Du jour au lendemain, l’acteur devint une star. Il confirma l’année suivante son nouveau statut dans Morocco de Josef von Sternberg. Il y donnait la réplique à Marlène Dietrich. Sa prestance, sa présence physique – il mesurait 1,91mètre -, sa voix claire et posée, sa diction parfaite et lente séduisaient les spectateurs. Il multiplia les registres : le film d’aventure (L’adieu aux armes de Frank Borzage, 1932, Les trois lanciers du Bengale d’Henry Hathaway, 1935), le drame (Peter Ibbetson d’Henry Hathaway, 1935), la comédie (L’extravagant M. Deeds de Frank Capra, 1936 qui lui valut sa première nomination à l’Oscar du meilleur comédien, La huitième femme de Barbe-bleue d’Ernest Lubitsch, 1938).

Gary Cooper lisait avec attention les scénarios qu’on lui proposait avant de donner son accord pour participer à un tournage. Il lui arrivait de se tromper lourdement. Quand le producteur David O. Selznick lui proposa le rôle masculin principal dans Autant en emporte le vent, il le rabroua, prédisant au film le « pire flop de l’histoire du cinéma » et à Clark Gable « une gamelle ». En 1940 et en 1942, il déclina l’invitation d’Alfred Hitchcock de jouer dans Correspondant 17 et la Cinquième colonne. Il manifesta plus de discernement quand il accepta de jouer le Sergent York d’Howard Hawks. Le film contait l’histoire vraie d’un objecteur de conscience enrôlé dans l’armée américaine qui devint un héros de la première guerre mondiale. Ce film patriotique, sorti en 1941, lui valut d’obtenir son premier oscar du meilleur acteur.

 En 1940, il rencontra l’écrivain Ernest Hemingway dont le livre L’adieu aux armes avait été adapté au cinéma huit ans plus tôt. Gary Cooper avait alors incarné sur le grand écran le lieutenant Henry, un américain engagé dans l’armée italienne en guerre contre les Autrichiens pendant la Grande Guerre. Une nouvelle adaptation d’un livre d’Hemingway était en préparation, Pour qui sonne le glas. Le film réalisé par Sam Wood avec Gary Cooper et Ingrid Bergman sortit en 1943. L’écrivain et le comédien devinrent de grands amis. Gary Cooper fit la connaissance de Pablo Picasso grâce à son ami romancier qui partageait avec le peintre espagnol la passion de la corrida.

 Après la seconde guerre mondiale, Gary Cooper redonna du souffle à sa carrière grâce au western. Certains des films dans lesquels il tourna sont devenus depuis des classiques du genre, avant l’invention de nouveaux codes par le western-spaghetti : Les aventures du capitaine Wyatt de Raoul Walsh (1951), Vera Cruz de Robert Aldrich (1954), L’homme de l’Ouest d’Anthony Mann (1958), La colline des potences de Delmer Daves (1958). A cette production de qualité, il convient d’ajouter un film qui reste dans les mémoires des cinéphiles, Le train sifflera trois fois, de Fred Zinnemann, sorti en 1952. Considéré par les spécialistes comme l’un des meilleurs films de western, Gary Cooper jouait le rôle du shérif Will Cane dont le mandat se terminait et qui, avant de quitter la ville, devait affronter le retour de bandits désireux de se venger. Un oscar du meilleur acteur récompensa son interprétation. En 1957, La loi du Seigneur de William Wyler qui se déroulait pendant la guerre de Sécession obtint la Palme d’or au festival de Cannes.

 L’académie américaine du cinéma décida de lui attribuer en 1961 un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Affaibli par la maladie – un cancer de la prostate – Gary Cooper ne put se déplacer pour recevoir son prix. Il délégua son ami l’acteur James Stewart. Quelques semaines plus tard, on apprit son décès. Il laissait une veuve Veronica, épousée en 1933 et sa fille Maria Veronica née en 1937.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Louis XIII

masculin
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