Geneviève de Gaulle

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Février 2002

Résistante française, née le 25 octobre 1920, à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard), décédée à Paris, à l’âge de 81 ans. Nièce du général de Gaulle, résistante au sein du réseau du Musée de l’homme, elle fut arrêtée et déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Défenseure des pauvres au sein d’ADT Quart Monde qu’elle présida, elle repose au Panthéon depuis le 27 mai 2015.

Fille d’un ingénieur des mines, Xavier de Gaulle, frère du général, elle naquit dans un petit village du bassin houiller des Cévennes où son père travaillait. Elle vécut la plus grande partie de son enfance dans la Sarre – une région administrée par la France depuis la fin de la Grande Guerre - où son père avait été muté. A l’âge de cinq ans, elle eut la douleur de perdre sa mère, décédée des suites d’une septicémie provoquée par la mort in utéro de l’enfant qu’elle portait. Pendant son séjour, elle apprit l’allemand. En 1935, la population de la Sarre choisit par plébiscite de rester allemande. Les Français évacuèrent le land. La famille de Gaulle s’installa à Rennes où Geneviève de Gaulle s’inscrivit en histoire à la faculté de Rennes avec l’objectif d’intégrer la prestigieuse Ecole nationale des Chartes, installée à Paris. Les événements en décidèrent autrement. Après la défaite des armées françaises en juin 1940, et l’occupation du pays par l’Allemagne nazie, elle approuva l’appel à la résistance lancée depuis Londres, le 18 juin par son oncle Charles de Gaulle. Avec des camarades d’études, elle rédigea et diffusa des tracts contre l’occupant et ses complices vichystes. Ces résistants de la première se signalèrent à l’attention de la population en arrachant les affiches de la kommandantur et les proclamations de propagande du régime pétainiste, placardées sur les murs de la ville.

 A la rentrée universitaire de 1941, elle entama des études d’histoire à la Sorbonne à Paris. Hébergée par une tante, elle adhéra au réseau du Musée de l’Homme qui paya un lourd tribut dans la lutte contre les nazis et leur allié français. Geneviève de Gaulle était chargée au péril de sa vie de collecter des informations stratégiques sur les ennemis de la France Libre. En 1943, elle rejoignit Défense de la France et signa des articles dans son journal clandestin sous le pseudonyme de Gallia, une allusion à son nom. Le 20 juillet 1943, une trahison permit au gestapiste français Pierre Bony – ancien commissaire de police - de tendre une souricière aux membres du mouvement dans une librairie de la rue Bonaparte à Paris. Geneviève de Gaulle fut arrêtée en compagnie de 68 autres résistants. Sa véritable identité connue, elle fut emprisonnée à Fresnes, puis déportée le 2 février 1944 à Ravensbrück, un camp de concentration réservée aux femmes situé au nord de Berlin. Elle y côtoya de nombreuses résistantes venues de tous les horizons politiques dont Germaine Tillion, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay, Marie-Claude Vaillant-Couturier et tant d’autres. En octobre 1944, Heinrich Himmler, le chef des polices allemandes et de la gestapo, eut la tentation de l’utiliser comme monnaie d’échange ou pour faire pression sur Charles de Gaulle, alors président du Gouvernement provisoire de la France. Elle survécut aux mauvais traitements, au travail forcé, à la famine, aux exécutions sommaires, aux expérimentations médicales. Quand les Soviétiques libérèrent le camp le 25 avril 1945, elle était dans un état déplorable mais en vie. Sur les 132 000 femmes et enfants qui y avaient été déportés, au moins 90 000 avaient été assassinés par tous les moyens possibles. En 1998, Geneviève de Gaulle publia La traversée de la nuit, un témoignage exceptionnel sur sa vie de déportée.

 Après la guerre, elle épousa Bernard Anthonioz, éditeur et haut-fonctionnaire, rencontré en Suisse où elle était en convalescence. Le couple eut quatre enfants. Dans les années d’après-guerre, Geneviève Anthonioz-de Gaulle milita au sein du Rassemblement pour la France (RPF) fondé par son oncle. Elle présida l’Association nationale des anciennes déportés et internées de la Résistance (ADIR). En 1958, après le retour du général de Gaulle au pouvoir, elle travailla dans le cabinet d’André Malraux, ministre de la culture, aux côtés de son époux Bernard Anthonioz qui avait été nommé directeur à la création artistique et à qui on doit en 1967 la création du Centre national d’art contemporain (rebaptisé Musée national d’art moderne).

 Au début des années 1960, sa rencontre avec le père Joseph Wresinski, orienta sa vie dans une autre direction. Elle quitta les ors de la République et s’engagea dans le mouvement Aide à Toute Détresse (ATD Quart Monde) que l'aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand avait fondé. La souffrance, le dénuement et le désarroi des familles vivant dans des cabanes de carton insalubres et puantes lui rappela son propre passé. Elle devint la présidente charismatique du mouvement en 1964 et le dirigea jusqu’en 1998, date à laquelle le parlement vota à son initiative la loi d’orientation contre la grande pauvreté.

 En 1987, son témoignage lors du procès du « boucher de Lyon » Klaus Barbie, le tortionnaire de Jean Moulin, impressionna le tribunal et émut la population. A ce moment-là, elle ne se doutait pas qu’un jour, elle rejoindrait au Panthéon le cénotaphe du chef du Conseil national de la résistance (CNR). Après sa mort survenue en 2002, on inhuma Geneviève Anthonioz-de Gaulle dans le cimetière de Bossey (Haute-Savoie) où reposait son époux Bernard, décédé en 1994. En mai 2015, le président de la République François Hollande annonça la translation de sa dépouille au Panthéon, en même temps que celles de Jean Zay, ancien ministre de l’enseignement sous le Front populaire assassiné par la Milice, de Pierre Brossolette, résistant qui préféra se suicider pour ne pas parler sous la torture et de Germaine Tillion, résistante déportée à Ravensbrück.

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A la demande de la famille, le corps de Geneviève Anthonioz-de Gaulle resta auprès de son époux comme elle en avait fait le vœu. On transféra au panthéon un cercueil contenant de la terre prélevée dans sa sépulture de Bossey.

J.-P.G.

Demain : François Nourissier

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