George Washington

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14 Décembre 1799

Homme d’Etat américain, né le 22 février 1732 à Westmoreland (colonie britannique de Virginie), décédé à Mount Vernon (Virginie), à l’âge de 67 ans. Il se révolta contre la mère patrie britannique, ruinée part la guerre de Sept Ans, quand le parlement de Londres prétendit taxer les produits fabriquées dans les colonies américaines. Il mena la lutte pour l’indépendance et fut élu premier président des Etats-Unis.

 L’un des pères fondateurs des Etats-Unis, descendait d’un émigré huguenot français nommé Nicolas Martiau (1591-1657). Pour échapper aux persécutions religieuses contre les protestants, l’homme avait débarqué en Virginie en mai 1620, cinq mois avant l’arrivée des colons britanniques du Mayflower. Né au sein d’une riche famille de planteurs installés dans l’Etat de Virginie, dans le sud de l’une des treize colonies britanniques, George Washington devint orphelin de son père à l’âge de onze ans. En, 1752, à la mort de son frère ainé Lawrence, il hérita du domaine de Mount Vernon qui produisait du tabac. En 1753, un conflit (la guerre de Sept ans) éclata entre le Royaume de France et ses alliés (Espagne, Autriche, Russie, Suède) et la monarchie britannique soutenue par la Prusse et le Portugal. Le conflit s’étendit sur plusieurs continents : l’Europe mais aussi l’Inde et l’Amérique du nord. En Amérique, les britanniques s’emparèrent des colonies françaises au Canada et au Québec. Le jeune Washington, sujet britannique, fut chargé par le gouverneur de Virginie d’obtenir le départ des Français des positions qu’ils tenaient autour de Pittsburg, dans la vallée de l’Ohio. La campagne dura cinq ans. Washington participa à plusieurs batailles : en 1755, il subit une défaite face aux Français à Monongahela ; en 1758, il participa à l’expédition victorieuse qui délogea les Français du fort Duquesne et ouvrit aux Anglais les territoires de l’Ohio.

Un planteur prospère et esclavagiste

La guerre finie, il retourna dans sa plantation auréolé du titre de héros. Il fit publier un récit relatant ses exploits guerriers. En 1759, il épousa une riche veuve Martha Custis et adopta les deux enfants nés de son premier mariage. Il consacra les années suivantes au développement de son domaine qui s’était accru après son mariage. Plusieurs dizaines d’ouvriers et 274 esclaves noirs travaillaient pour lui. Il vivait comme un aristocrate. Mais la guerre de Sept ans avait ruiné l’économie de la Grande-Bretagne. Pour renflouer les caisses de l’Etat, le Parlement britannique décida de créer de nouveaux impôts dans les treize colonies américaines : en 1763, le Sugar act taxait la production et la consommation du vin, du café, des piments, du bois, du fer) ; en 1765, le Stamp act stipulait que tous les documents édités (contrats commerciaux, permis, testaments, cartes à jouer, journaux) donneraient lieu au paiement d’un timbre fiscal. La chambre des Bourgeois de Virginie à laquelle Washington appartenait refusa d’appliquer les nouvelles règles fiscales et appela à leur proscription, déclarant que les colons ne pouvaient être taxés que par leurs représentants élus. D’autres colonies prirent des mesures similaires. Des incidents se produisirent à New York, Charleston, Boston. Des représentants de neuf colonies se réunirent et demandèrent l’annulation des mesures fiscales. En février 1766, le nouveau premier ministre britannique les abrogea.

 En 1767 et 1768, le ministre de l’économie créa de nouveaux droits de douane à l’importation de marchandises, y compris celles provenant des treize colonies américaine. Le verre, le papier, et surtout le thé étaient taxés. Une guerre larvée opposa les années suivantes la puissance tutélaires aux colons américains. En 1769, Washington proposa de boycotter les produits en provenance du Royaume Uni. En 1773, les habitants de Boston empêchèrent le débarquement d’une cargaison de thé britannique dans le port de la vile (Boston Tea Party). En réponse à la remise en cause de l’autorité royale, le Parlement britannique vota en 1774 une série de lois (Coercitive Acts) qui réaffirmaient la prépondérance de la métropole sur la colonie et supprimaient les quelques droits politiques qui avaient été accordés aux colons.

La marche vers l’indépendance

En septembre et octobre 1774, cinquante-cinq représentants élus de douze des treize colonies se réunirent à Philadelphie dans un premier Congrès continental. Les délégués demandèrent la reconnaissance par le Royaume-Uni de droits spécifiques aux treize colonies. La marche vers l’indépendance était engagée. Après le refus des britanniques d’accepter le compromis proposé, un second Congrès fut convoqué. Il se réunit le 10 mai 1775 et siégea jusqu’en 1781. George Washington fut un des représentants de la Virginie. Le 4 juillet 1776, le Congrès adopta une Déclaration d’indépendance américaine et promulgua des Articles de la Confédération. Il s’arrogea les pouvoirs d’un gouvernement : création d’une monnaie, d’une armée, d’une marine, d’un drapeau, d’un réseau postal.

 Le Royaume-Uni qui entretenait sur place une armée puissante, nombreuse et aguerrie (les tuniques rouges) riposta par la guerre. Il fallait désormais bouter les Anglais hors du pays par la force des armes. Les congressistes se cherchèrent un chef militaire. Ils proposèrent le poste de commandant en chef de l’armée continentale à Georges Washington dont chacun connaissait les exploits militaires réalisés quelques années plus tôt contre les Français. Il occupa cette fonction pendant huit ans, le temps nécessaire pour venir à bout de l’armée britannique. Le 17 octobre 1781, les troupes américaines commandées par George Washington et leurs alliés français commandés par le comte de Rochambeau battirent à Yorktown les troupes britanniques de Lord Cornwallis. L’Angleterre était vaincue.

 Le 3 septembre 1783, Benjamin Franklin, au nom des treize colonies américaines, signait avec les représentants de la Grande-Bretagne, le « Traité de Paris » qui mettait fin à la guerre et reconnaissait l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Georges Washington présenta sa démission de chef des armées et renonça à toute fonction officielle. Imitant Lucius Cincinnatus, il se retira dans sa plantation, le devoir accompli.

Premier président des Etats-Unis

Mais, les années suivantes, les querelles politiques, les antagonismes entres les Etats, les rivalités personnelles entre les politiciens, retardaient la mise en œuvre d’une Constitution. Washington sortit de son exil volontaire et proposa la convocation d’une Convention pour rédiger une loi fondamentale. Elu délégué, il en présida la commission de rédaction et parvint à convaincre tous les Etats à l’adopter. Le 4 mars 1789, le collège électoral élut à l’unanimité George Washington premier président des Etats-Unis. Il fortifia les institutions de la jeune République et décida de bâtir la nouvelle capitale des Etats-Unis sur les rives du Potomac. Elle portera son nom après sa mort. Pendant son premier mandat, le nouvel Etat tenta de s’agrandir vers l’ouest du continent, en direction des colonies espagnoles et empiétant sur les territoires des indiens. La guerre contre les amérindiens commençait. Elle durera près de un siècle.

 En 1793, il se représentant pour un second mandat. Elu, il refusa de prendre parti dans le conflit qui opposait la République française à la Grande-Bretagne. Il quitta le pouvoir en mars 1797, laissant un pays en pleine construction, uni sur le plan politique et territorial. Il laissa néanmoins en héritage à ses successeurs une grave question : l’esclavage. Il ne put ou ne voulut pas libérer les Noirs de la servitude. En 1786, dans une lettre adressée à son ami Lafayette qui l’incitait à mettre fin à cette iniquité, il dévoilait le fond de sa pensée : il faut abolir « l’esclavage par degrés, de manière lente, sûre et imperceptible ».

 En décembre 1799, retiré à Mount Vernon, il prit froid. Deux jours plus tard il décédait d’une infection dans la gorge. Il laissa un testament qui ordonnait l’affranchissement de ses esclaves après sa mort et celle de sa femme.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration de Marc Daniau

Demain : Walt Disney

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